« Pour sortir de ma bulle, je lis les nouvelles. Ça me ramène au monde et à ma communauté. »

David, 35 ans, cofondateur de la marque de jus LOOP et de RISE Kombucha

vivant

« Il y a deux ans, j’ai trouvé ma mission : lutter contre le gaspillage alimentaire. Avec ma conjointe, j’ai fondé une entreprise qui récupère des aliments encore bons, mais destinés au dépotoir. Je ne me considère pas comme un président ou un gestionnaire. J’aime croire que je suis un super-héros, le super-héros des fruits et légumes ! J’ai le sentiment en faisant ça d’être utile, et parfaitement à ma place. Je pense qu’on a tous un cadeau à donner au monde, et le mien, c’est celui-là. Mon rythme de vie est tellement intense que ça m’isole un peu. Pour sortir de ma bulle, je lis les nouvelles. Ça me ramène au monde et à ma communauté. »

« Mais c’est quand on arrête de vouloir plaire à tout prix qu’on se trouve vraiment. »

Sarah, 27 ans, illustratrice

inspirée

« En cinq ans, j’ai beaucoup grandi. J’ai quitté Sherbrooke pour Montréal, et ce faisant, j’ai trouvé ma voie. J’ai compris que je voulais devenir illustratrice. Et j’ai découvert mon style, entre réalisme et BD. À l’université, on essaie toutes sortes de choses. Mais c’est quand on arrête de vouloir plaire à tout prix qu’on se trouve vraiment. Pour moi, ça s’est fait un peu au hasard grâce à mon outil de travail, un iPad Pro. C’est devenu une extension de ma main, quelque chose qui me sert autant à dessiner qu’à m’inspirer. »

« Et j’ai réalisé à quel point la parole avait le pouvoir de changer les mentalités et de dépasser les préjugés. »

Widia, 34 ans, cofondatrice de l’organisme Mikana

engagée

« Il y a cinq ans, je me suis impliquée dans Idle No More, le premier mouvement autochtone qui a pris des proportions pancanadiennes. J’ai découvert à ce moment-là une solidarité entre les peuples autochtones et non autochtones qui m’a émue. Moi qui n’avais jamais cherché à être au centre de l’attention, j’ai été amenée à m’exprimer. Et j’ai réalisé à quel point la parole avait le pouvoir de changer les mentalités et de dépasser les préjugés. Je m’apprête maintenant à donner naissance à une petite fille. Ça m’amène à penser à toutes les femmes autochtones qui ont lutté pour le respect de nos droits, et j’ai envie de faire ma part pour les générations à venir. Pour que ma fille n’ait plus à se battre. Pour qu’elle puisse se contenter d’exister, telle qu’elle est. »

« Je ne veux pas juste être confortée dans mes opinions; je veux aussi les remettre en question. »

Julie, 34 ans, photographe et féministe

fière

« Il y a cinq ans, j’ai voulu apprendre à m’aimer pour vrai. Depuis, j’ai compris pas mal de choses. Que j’étais une femme comme les autres. Que j’avais le droit d’aimer et d’être aimée comme les autres. Mais surtout, que j’avais le droit d’exister telle que j’étais. Depuis, je me bats contre la grossophobie. Et je profite de toutes les tribunes qu’on me donne pour offrir un modèle différent. Je suis consciente du pouvoir des mots, à la fois les miens et ceux des autres. C’est pour ça que je lis des gens qui les manient intelligemment. Je ne veux pas juste être confortée dans mes opinions; je veux aussi les remettre en question. »

« Parce que lire, c’est avoir une vision plus globale du monde. Savoir ce qui se passe ailleurs, c’est ça, rester ouvert à l’autre. »

Joey, 27 ans, avocat

à l'écoute

« Depuis cinq ans, j’ai davantage de cheveux blancs. Je ne suis plus étudiant. Je travaille à l’aide juridique, avec une clientèle qui n'aurait pas nécessairement les moyens d’avoir accès aux services des avocats. Et je réalise que la pauvreté n’a pas qu’un seul visage, une seule histoire. J’apprends à écouter, à laisser tomber les préjugés. Et à redonner. J’ai beaucoup reçu dans la vie, et mes parents m’ont appris à dire merci. Je le fais en m’impliquant auprès de nouveaux arrivants, notamment. Je lis beaucoup par plaisir, mais aussi par devoir. Parce que lire, c’est avoir une vision plus globale du monde. Savoir ce qui se passe ailleurs, c’est ça, rester ouvert à l’autre. »

« Je m’informe beaucoup sur les solutions durables, sur les politiques qui ont un impact local, sur l’environnement et l’écologie. »

Pierre-Antoine, 30 ans, designer ébéniste et bénévole à La Remise

accompli

« Il y a cinq ans, je travaillais dans le domaine de la technologie. Au bout d’un moment, j’ai réalisé que je n’étais plus capable de bosser jour et nuit sur des projets dont l’obsolescence était planifiée. Alors j’ai tout quitté et je me suis lancé dans une formation en ébénisterie. Depuis, j’ai découvert le plaisir de toucher à la matière brute et de concevoir des objets faits pour durer. Je m’implique également dans une bibliothèque de prêt d’outils, parce que j’ai envie de donner aux gens de mon quartier les moyens de réaliser des choses par eux-mêmes. Je m’informe beaucoup sur les solutions durables, sur les politiques qui ont un impact local, sur l’environnement et l’écologie. J’ai envie de contribuer à bâtir un environnement plus sain, pour notre avenir à tous. »

« Je crois que tant qu’on s’intéresse davantage au monde qu’à ses petits bobos, on ne vieillit pas vraiment. »

Miriana, 57 ans, courtière immobilière

consciente

« En cinq ans, j’ai perdu ma mère et j’ai eu un petit-fils. Deux événements dont la puissance m’a surprise. Ça m’a fait prendre conscience du temps qui passe. Je suis moins insouciante maintenant, mais plus tolérante aussi. J’ai réalisé que je ne pouvais pas changer les gens, et encore moins leurs convictions. Je peux juste changer mon attitude à leur égard, et les accepter tels qu’ils sont. Je continue à lire, beaucoup. Je crois que tant qu’on s’intéresse davantage au monde qu’à ses petits bobos, on ne vieillit pas vraiment. »

« Je suis à la fois Québécois et Européen, enraciné et déraciné, alors je lis les nouvelles d’ici et d’ailleurs, pour faire le pont. »

Philippe, 61 ans, scientifique et artiste

audacieux

« Il y a cinq ans, la grande compagnie pharmaceutique pour laquelle je travaillais a fermé. J’y ai vu une opportunité : celle de bâtir quelque chose de nouveau. On a donc fondé un institut qui sert d’incubateur d’idées pour créer les médicaments de demain. Depuis, je me sens plus libre. Je prends aussi plus de temps pour peindre. La peinture, pour moi, c’est une forme de méditation. Ça permet de vider l’esprit. L’actualité me sert à la fois de source d’inspiration et de source de réflexion. Je suis à la fois Québécois et Européen, enraciné et déraciné, alors je lis les nouvelles d’ici et d’ailleurs, pour faire le pont. »

« Je me suis rendu compte que plus je prenais la parole pour décrire ma réalité, plus on m’écoutait. »

Gabriella, 29 ans, libraire

posée

« En un an et demi, j’ai donné naissance à deux projets. Le premier est une librairie qui met de l’avant les œuvres de personnes racisées ou marginalisées. Le second est un bébé. J’ai toujours été quelqu’un de déterminé. Mais depuis que je suis maman, j’ai aussi appris à laisser aller. À ne pas tout contrôler. Je continue de m’impliquer dans ma communauté. Je me suis rendu compte que plus je prenais la parole pour décrire ma réalité, plus on m’écoutait. M’exprimer, ça m’a libérée d’un poids que je traînais. »

« Je voulais aussi transmettre à mes enfants l’idée que lire, c’est s’ouvrir au monde et devenir plus conscient de l’autre. »

Eza, 43 ans, documentariste et mère de deux enfants

sensible

« Il y a deux ans, j’ai vu une photo qui m’a bouleversée. C’était celle du petit Aylan Kurdi, un enfant syrien mort noyé. Ma famille et moi, on a eu envie de faire quelque chose pour dépasser le sentiment d’impuissance qui nous habitait. On a donc décidé de parrainer une famille syrienne, pour lui permettre d’immigrer au Canada. Ce n’était pas beaucoup, mais c’était notre façon de partager la chance qu’on avait de vivre dans un pays en paix. Cette année-là, on a fêté Noël en mangeant de la tourtière et des baklavas. Je voulais aussi transmettre à mes enfants l’idée que lire, c’est s’ouvrir au monde et devenir plus conscient de l’autre. C’est ce qui nous amène à mieux vivre ensemble. »