Chronique

Moi, Da-Xia, droguée, charcutée

Seigneur Dieu Jésus du Saint Ciel que c’est bon, District 31. Depuis deux semaines, le feuilleton policier de Radio-Canada roule la pédale bien enfoncée dans le plancher, tel un Bruno Gagné (Michel Charette) à la poursuite de Yanick Dubeau (Patrice Godin) avant qu’il ne happe la fille de Nancy Riopelle (Geneviève Schmidt).

L’épisode diffusé jeudi dernier, celui où Da-Xia Bernard (Cynthia Wu-Maheux) a été retrouvée en piteux état, nous a collectivement coupé le souffle. L’analyste la plus efficace du 31 a été droguée, amputée d’un rein et son dos a été recouvert d’un tatouage disant « fuck you », assorti d’un immense doigt d’honneur.

On se serait cru dans Millenium de Stieg Larsson ou dans le deuxième tome de Vernon Subutex de Virginie Despentes, où le producteur-agresseur Laurent Dopalet arbore, lui aussi, un tatouage maison au message vindicatif.

Lundi à 19 h, nous étions 1 622 000 accros devant notre télé pour : a) prendre des nouvelles de la pauvre Da-Xia (elle a survécu) ; b) essayer de démêler ce spaghetti d’intrigues captivantes. Voici ma théorie à deux sous, basée – quand même – sur une étude approfondie des techniques d’écriture de Luc Dionne.

D’abord, c’est évident que la mafia italienne et les triades asiatiques ont tissé des liens dans cette histoire glauque de trafic d’organes.

Prenons Joe Bocassini, le mafieux mort, pas mort, finalement. Se pourrait-il que les Italiens aient acheté illégalement un foie ou un poumon à l’organisation chinoise pour lui sauver la vie ?

Chose certaine, cela expliquerait pourquoi le dossier médical de Bocassini a ainsi été falsifié. Aucun hôpital québécois ne transplante des organes que le patient fournit lui-même, allô. Il ne s’agit pas d’une Casa Grecque où vous pouvez apporter votre Kim Crawford.

L’intuition de Stéphane Pouliot (Sébastien Delorme) est donc la bonne : la dépouille « volée » de Bocassini ne s’inscrit pas dans un règlement de comptes interne de la mafia.

Et quel rôle joue le sergent-détective Nick Romano (Mathieu Baron) dans cette affaire aussi nébuleuse que complexe ? Comme dans Alerte Amber à TVA, c’est clairement un pourri, et ça risque de mal tourner pour lui. Il y a un mois, Romano a rendu visite à un Joe Bocassini bien vivant dans un demi-sous-sol inquiétant. Nick Romano ne joue pas les agents doubles. C’est un type dangereux et on a hâte que Poupou allume à ce sujet.

Le cambriolage de la maison de Martin Viger (Pierre-Michel Le Breton) cache également un truc beaucoup plus important. En mission téléguidée par son père François « Tonio » Labelle (Peter Miller), le chef spirituel des Sixers, le jeune Marco Labelle (André Kasper), savait exactement quoi chercher dans la résidence de Martin Viger, spécialiste de l’import-export. De la drogue, de l’argent, des infos compromettantes ? L’assassinat de Martin Viger, tué à bout portant, brouille les pistes.

Autre joli revirement : celui de François Labelle, père autoritaire et hyper strict devant les flics (même Chiasson y a cru), mais clairement de mèche avec son fils Marco dans le crime. Vraiment, c’est un exploit d’ainsi ensorceler 1,7 million de fans quatre soirs par semaine.

S.O.S. SQ !

Après GTI : Groupe tactique d’intervention à Canal D (les mercredis à 19 h 30), voici Sauvetage ultime de la chaîne Explora, qui suit pendant 12 épisodes de 30 minutes l’escouade de recherche et sauvetage de la Sûreté du Québec (SQ). Le premier programme double débute le lundi 18 novembre à 22 h.

Cette petite unité d’élite ne réunit que six policiers, appelés à secourir des gens en détresse partout au Québec, dans des avalanches, au fond d’un ravin ou en pleine forêt. Un policier sur 600 de la SQ possède les aptitudes physiques et psychologiques pour exercer ce métier risqué.

Le premier épisode met du temps à démarrer. C’est bien d’assister aux entraînements de l’escouade, c’est encore plus intéressant de les voir dans des missions périlleuses.

Heureusement, le deuxième épisode nous immerge dans l’action, alors qu’un jeune de 17 ans a heurté un arbre en VTT, dans un secteur reculé des Monts-Valin, au Saguenay. Là, au beau milieu de la nuit, on sent le stress et le danger de cette profession.

En parallèle, Sauvetage ultime montre le camp de sélection des recrues intéressées par un poste au sein de cette division. Une seule femme réussit à se rendre très loin dans le processus, qui implique des tests de vertige, des épreuves d’escalade et de la nage en uniforme complet.

Ah oui, le test de la cage, qui simule la plongée d’une voiture sous l’eau, n’a pas l’air reposant non plus.

Si vous tripez sur les docuséries de métiers (policiers, pompiers, ambulanciers, huissiers), Sauvetage ultime vous procurera une petite dose d’adrénaline, mais rien de létal.

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