Sacs de plastique

Polykar se paie une nouvelle usine pour doubler ses ventes

Déjà le plus important fabricant de sacs et de pellicule de plastique au Québec, Polykar vise les 100 millions de chiffre d’affaires en se dotant d’une nouvelle usine en Alberta qui lui permettra de doubler sa production. Malgré la mauvaise réputation du plastique, l’industrie de l’emballage augmente ses ventes de « 5 à 6 % par an ».

Polykar a acquis un terrain de 130 000 pieds carrés à Edmonton dans un parc industriel à proximité de l’aéroport appelé Discovery Business Park. La première pelletée de terre est prévue pour « le printemps ou l’été prochain » et la mise en exploitation, « au début de 2021 », précise au bout du fil le président, chef de la direction et actionnaire majoritaire de l’entreprise, Amir Karim.

En tout, le projet est estimé à 20 millions de dollars. Il créera une quarantaine d’emplois.

« C’est certain que l’objectif est de gagner des parts de marché. Notre plan stratégique veut qu’on double nos ventes d’ici cinq ans. Ça nous amènerait de 50 à 100 millions. »

— Amir Karim

La nouvelle usine fabriquera les mêmes produits que sa grande sœur de Montréal (dans l’arrondissement de Saint-Laurent), c’est-à-dire divers sacs et types de pellicule de plastique destinés aux industries, aux commerces (hôtels, restaurants, bureaux) et au secteur de l’agroalimentaire. Ceux-ci s’en servent surtout pour les ordures, mais aussi pour emballer le pain, les légumes surgelés, la terre à jardin, les matelas, les sofas, etc.

Polykar fabrique aussi les petits sacs minces distribués dans les épiceries pour les fruits et légumes, des sacs biodégradables (10 % de ses ventes) et des sacs issus à 100 % de matière recyclée (récupérée dans d’autres usines de plastique).

L’entreprise est peu connue du grand public, car elle ne vend pas ses produits aux consommateurs, mais envisage de le faire une fois son usine albertaine inaugurée.

Pourquoi l’Alberta ?

Le choix de l’Alberta comporte deux avantages, explique Amir Karim. La province étant l’un des plus grands fabricants de résine de plastique en Amérique du Nord, Polykar se rapprochera de ses fournisseurs. Et puisque environ 30 % des ventes sont réalisées dans l’Ouest canadien, ses coûts de transport s’en trouveront réduits.

Fait méconnu : les sacs de plastique (polyéthylène) utilisés en Amérique du Nord sont faits à partir de gaz naturel, et non pas de pétrole comme c’est le cas en Europe et en Asie, signale Amir Karim. En 2018, l’Alberta a produit « pas moins de 69 % du gaz naturel commercialisable » au pays, selon Ressources naturelles Canada.

Les installations actuelles de Polykar dans l’arrondissement de Saint-Laurent, qui emploient 113 personnes, ne pouvaient plus croître.

« On l’a déjà fait deux fois, et il ne reste plus de place. »

— Amir Karim

De plus, elles roulent déjà 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. « C’est typique dans notre industrie que ça fonctionne 24/7 parce que les arrêts et les démarrages sont très coûteux et longs. »

L’usine d’Edmonton permettra à l’entreprise familiale fondée en 1987 d’accroître sa capacité annuelle de production de 15 000 tonnes.

« Dossier plus émotionnel qu’objectif »

Malgré la mauvaise presse dont le plastique est l’objet et l’interdiction de distribuer des sacs minces qui s’étend, la « réalité est qu’on a besoin de plus en plus d’emballage à mesure que la population grandit et que nos besoins changent », relate Amir Karim tout en reconnaissant « qu’il y a un enjeu à traiter le plastique post-utilisation ».

Selon l’homme d’affaires, « le dossier est plus émotionnel qu’objectif » en ce moment, mais il se dit « convaincu que la science et les faits vont prévaloir » et que les résines plus performantes vont favoriser l’image du plastique.

Aussi fait-il valoir que le plastique, notamment dans l’industrie alimentaire, est nécessaire pour la salubrité et la préservation des aliments. Il nous permet, donne-t-il en exemple, d’exporter notre porc à l’autre bout du monde.

« On est capables de fabriquer ici au Québec et d’être compétitifs dans le monde. D’ailleurs, vous verrez très peu de sacs importés de Chine », se réjouit Amir Karim, devenu président de Polykar en 2018 quand ses parents (les cofondateurs) lui en ont transféré le contrôle.

L’industrie canadienne du plastique en bref

82 000 employés

2600 entreprises

Des revenus nets de 2,2 milliards de dollars

Source : Statistique Canada

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