Économie

Le déficit commercial du Canada se creuse

Le déficit commercial de marchandises du Canada avec le monde s’est creusé à 1,2 milliard en octobre, comparativement à 891 millions en septembre, a annoncé hier Statistique Canada. Les exportations du Canada ont diminué de 1,2 % en octobre, principalement sous l’effet d’une baisse des exportations de pétrole brut. Les exportations vers les États-Unis ont fléchi de 2,3 % pour s’établir à 36,5 milliards. Les importations ont progressé de 1,3 % pour se chiffrer à 33,4 milliards. L’excédent commercial du Canada avec les États-Unis s’est donc rétréci pour passer de 4,3 milliards en septembre à 3,1 milliards en octobre, soit le plus faible excédent depuis mars 2018. — La Presse canadienne

Économie

Le déficit commercial des États-Unis avec la Chine bondit 

Des importations sans précédent ont gonflé le déficit commercial des États-Unis à 55,5 milliards US au mois d’octobre. Il s’agit du déficit le plus important en 10 ans. Le déficit commercial avec la Chine au chapitre des marchandises a grimpé de 7,1 % à 43,1 milliards US, un record. L’écart avec l’Union européenne s’est creusé de 65,5 % à 17,6 milliards US, un autre record. Les importations totales ont augmenté de 0,2 % à 266,5 milliards US, une somme sans précédent. Les exportations ont reculé de 0,1 % à 211 milliards US. — Associated Press

Pétrole d'Alberta

Le Canada ressentira l’impact de la crise, selon Stephen Poloz

L’incidence négative de la faiblesse des prix du pétrole dans l’Ouest canadien se répercutera sur l’ensemble de l’économie du pays, a prévenu hier le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

Ses conséquences devraient cependant être moins importantes que celles observées lors de la crise des prix du pétrole de 2015, qui avait entraîné une légère récession technique et convaincu la banque centrale d’abaisser les taux d’intérêt à deux reprises.

Malgré ce nouveau recul des prix du pétrole, M. Poloz a estimé hier que ses hausses des taux d’intérêt seraient toujours nécessaires. La banque centrale relève progressivement les taux depuis plus d’un an, avec le raffermissement de l’économie.

Toutefois, les futures hausses de taux seront probablement plus progressives que ne le prédisaient de nombreux observateurs il y a encore quelques jours. Mercredi, la banque a laissé son taux directeur inchangé à 1,75 %, en insistant sur de nouveaux éléments négatifs, comme la récente baisse des prix du pétrole.

En expliquant cette décision, hier, M. Poloz a semblé moins enclin à modifier le taux de sitôt.

« Le niveau actuel des taux d’intérêt demeure approprié pour le moment », a affirmé M. Poloz dans son discours prononcé lors d’un événement organisé par la CFA Society Toronto.

La banque a annoncé mercredi que le calendrier des futures augmentations dépendrait désormais de plusieurs facteurs – la persistance de la crise du brut, la capacité d’accélération des investissements des entreprises et la marge de manœuvre de l’économie pour se développer sans alimenter l’inflation.

« Ajustement douloureux »

La banque a haussé son taux directeur lors de sa réunion d’octobre. Il s’agissait alors de sa cinquième augmentation depuis l’été 2017. Mais beaucoup de choses ont changé dans les six dernières semaines.

Dans son discours d’hier, M. Poloz a affirmé que les données dévoilées depuis octobre étaient « plutôt décevantes » et que la dynamique économique au début du dernier trimestre de 2018 était moins vigoureuse que la banque ne le prévoyait.

M. Poloz a notamment souligné que la baisse inattendue des investissements des entreprises au cours de l’été avait été un élément clé, mais il a ajouté que la baisse des prix du pétrole était la nouveauté la plus importante.

« Il apparaît déjà qu’un ajustement douloureux s’amorce pour l’Ouest canadien, et cela aura un important effet macroéconomique sur le pays. »

— Stephen Poloz

« Cela dit, étant donné la consolidation qui s’est opérée dans le secteur de l’énergie depuis 2014, les effets nets de la baisse des prix du pétrole sur l’économie canadienne dans son ensemble devraient, à parts égales, être moins prononcés qu’en 2015. »

Le gouverneur de la banque centrale a ajouté que la part de la production de pétrole et de gaz naturel dans l’économie canadienne ne représentait plus que 3,5 %, comparativement à 6 % en 2014. Au cours des années qui ont suivi la dernière crise, le secteur a ajusté ses structures de coûts, ses salaires et ses niveaux d’emploi, a souligné M. Poloz.

Le gouverneur a également observé qu’en 2015, environ 30 % de tous les investissements des entreprises au Canada étaient dans le secteur pétrolier et gazier, alors qu’ils ne représentent plus qu’environ 18 % aujourd’hui.

M. Poloz a en outre souligné que le nouveau choc pétrolier survenait alors que l’économie canadienne tourne près des limites de sa capacité et que le taux de chômage a atteint son plus bas niveau en 40 ans.

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