Écarts salariaux entre hommes et femmes 

Des progrès, mais loin de la parité

La mauvaise nouvelle : en 2018, une femme gagnait en moyenne 26,92 $ l’heure, soit 4,13 $ de moins qu’un homme. La bonne nouvelle, selon une vaste étude publiée par Statistique Canada hier : l’écart a diminué de 20 % en deux décennies, essentiellement parce que les femmes ont choisi des professions plus payantes et sont plus diplômées. 

Avantage industries

Pour chaque dollar gagné par un homme au Canada en 2018, une femme gagnait 87 cents. Pourquoi cette différence ? L’élément le plus important, qui explique à lui seul près de 40 % de l’écart, c’est que les hommes sont majoritaires dans des industries en croissance et offrant des salaires élevés. Les trois secteurs indiqués par Statistique Canada : la construction, la fabrication et l’extraction.

Temps partiel

16 % des femmes de 25 à 64 ans travaillaient à temps partiel en 2018, soit deux fois plus en proportion que les hommes. Cette « surreprésentation des femmes dans l’emploi à temps partiel », indique l’étude, est le deuxième élément en importance pour expliquer l’écart : il en représente 9,2 %.

L’écart « inexpliqué »

Aveu tout scientifique : près des deux tiers de l’écart salarial ne sont tout simplement pas explicables. Les auteurs précisent qu’on n’a pas inclus certaines statistiques, comme l’expérience de travail totale ou les interruptions de travail notamment liées aux grossesses. D’autres facteurs comme la discrimination liée au sexe, la motivation ou la négociation salariale « sont très difficiles à mesurer au moyen des enquêtes traditionnelles ».

Ce qui a changé

En 1998, l’écart salarial entre hommes et femmes était de 5,17 $. Il a constamment diminué « de façon assez échelonnée » dans les 20 années suivantes pour atteindre 4,13 $, avec une baisse plus marquée pendant la récession de 2008 à cause du recul du salaire des hommes. Statistique Canada a tenté de décortiquer cette diminution de 1,04 $ de l’écart. Voici ses principales composantes : 

Profession : - 27 cents

Éducation : - 13 cents

Syndicalisation : - 10 cents

Pour l’aspect « profession », on a noté une proportion plus grande de femmes en 2018 qu’en 1998 dans trois groupes professionnels qui ont profité de bonnes hausses de salaire : « droit et services sociaux », « communautaires et gouvernementaux » et « affaires et finances ».

En éducation, la proportion de femmes ayant un baccalauréat a augmenté de 19,6 points de pourcentage entre 1998 et 2018, alors que celui des hommes a augmenté de 10,8 points.

Enfin, les hommes étaient moins syndiqués en 2018 qu’en 1998, leur proportion étant passée de 38,2 % à 29,5 %. « La syndicalisation est associée à une rémunération moyenne plus élevée », note-t-on dans le rapport.

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