La Presse en Virginie-Occidentale

À fond le charbon

Est-ce l’effet Trump ? Depuis l’élection de novembre 2016, l’industrie du charbon, que le président républicain a promis de remettre sur pied, connaît un regain d’énergie. En un an, la production américaine a augmenté de 8 %. En Virginie-Occidentale, la hausse atteint 12 %. Embellie passagère ou véritable renaissance ?

Un dossier de nos envoyés spéciaux Laura-Julie Perreault et Edouard Plante-Fréchette

La lumière au bout du tunnel de la mine

Tazewell, — Virginie — C’est soir de congé pour Jeremy Saunders, Jared Dye et Channing Elkins. Le seul de la semaine. Accompagnés par leurs femmes, les trois mineurs sont d’excellente humeur en commandant un steak médium-saignant et en sirotant un Coke ou un thé glacé sans sucre au restaurant Seven de Tazewell, petite ville historique en plein cœur du pays du charbon américain. Banale, cette séance de relaxation entre collègues ? Pas le moins du monde pour ces trois jeunes hommes qui, il y a deux ans encore, se demandaient s’ils réussiraient à mettre un toit au-dessus de la tête de leur famille.

UNE PÉRIODE SOMBRE PRESQUE OUBLIÉE

« Il y a eu un véritable creux dans l’industrie du charbon entre 2013 et 2016. On venait de se marier et d’emménager ensemble. Les emplois étaient vraiment précaires. Pour être certains de ne pas se retrouver à la rue, on a acheté une roulotte avec nos économies », raconte Amanda Elkins, 26 ans, femme de Channing, 28 ans. Le groupe se met à rire. Cette période sombre où leurs amis déménageaient parce qu’ils ne trouvaient pas de travail et où les écoles devaient fournir des vêtements et des cadeaux de Noël aux enfants des mineurs sans emploi leur semble déjà loin derrière.

une atmosphère de fête

Ces jours-ci, dans cette région de la Virginie qui vit de son charbon depuis près de 140 ans, l’atmosphère est à la fête. Au cours de la dernière année, des mines ont recommencé à embaucher des mineurs et de nouvelles mines ont ouvert leurs portes. La plus grande mine de la région – Buchanan 1 – a embauché 200 personnes et a maintenant 600 employés. Les trois amis ont été embauchés par Ramaco Resources pour travailler dans une mine flambant neuve, à cheval sur la frontière entre la Virginie et la Virginie-Occidentale. Les salaires sont alléchants. Lorsqu’il a commencé à descendre sous terre, comme son père et son grand-père avant lui, Jeremy, qui travaillait auparavant dans l’industrie métallurgique, a vu son salaire doubler, de 14 $ à 30 $ de l’heure. Et c’est un salaire de base. Dans ce secteur, les salaires excédant 100 000 $ par année ne sont pas rares pour des travailleurs qui ne possèdent pas de diplôme universitaire.

Un vent d’optimisme

« Tout a commencé à s’améliorer après l’élection de Donald Trump. Il a sabré les règlements mis en place par Obama qui rendaient l’exploitation des mines vraiment difficile et, rapidement, les mines ont commencé à rouvrir », raconte Jeremy Saunders, qui, à 32 ans, est l’aîné du groupe. « Depuis son arrivée, je ne passe plus mon temps à me demander si la mine pour laquelle je travaille va fermer du jour au lendemain. La preuve : je viens de m’acheter un camion. Je sais que pour les prochaines années, je vais être capable de faire les paiements », illustre-t-il de manière pragmatique.

Sa femme Amy, 29 ans, qui a pris un emploi dans une garderie pendant la période d’instabilité financière, se demande si elle ne diminuera pas ses heures afin de consacrer plus de temps à sa famille. Celina, la femme de Jared, a pour sa part quitté son emploi à la banque et est aujourd’hui mère au foyer.

un effet trump ?

Autant cette région des États-Unis en a voulu au président Barack Obama, qui a longtemps porté le surnom de « producteur de chômeurs en chef », autant elle se réjouit du discours pro-charbon du président républicain. En Virginie-Occidentale, cœur du pays du charbon qui a longtemps voté démocrate, la vedette de la téléréalité a récolté pas moins de 69 % des voix en 2016. « Trump parfois a une trop grande gueule, mais c’est ce qui lui a permis d’être élu, dit Celina Dye. Il n’agit pas comme un politicien. Et il a respecté ses promesses. Si vous posez la question à n’importe quelle famille de mineurs, ils vont tous être d’accord », dit la jeune femme de 23 ans.

production en hausse

Les statistiques semblent leur donner raison. En 2017, après des années de disette, la production de charbon aux États-Unis a fait un petit bond de 8 % pour atteindre 774 millions de tonnes l’an passé. En Virginie-Occidentale, où se trouve la mine où travaillent les trois amis, cette hausse frise les 13 %. Les entreprises qui produisent du charbon métallurgique – soit celui utilisé dans la fabrication de l’acier – ont vu les plus grandes avancées.

Si certains attribuent à la reprise économique mondiale ce regain d’énergie, une partie de l’industrie du charbon, elle, croit que le changement de locataire à la Maison-Blanche y est pour beaucoup. « C’est une petite révolution. Après des années très difficiles et un président qui voulait nous enterrer, Trump reconnaît enfin l’importance de l’industrie et des mineurs, dit Bill Rainey, président de l’Association du charbon de la Virginie-Occidentale. Obama a adopté plusieurs règlements pour nous rendre la vie difficile, Trump en a retiré certains qui étaient très punitifs. Maintenant, nous savons que nous avons un avenir », a-t-il dit à La Presse lors d’une entrevue téléphonique.

« un mode de vie »

Les mineurs et leurs familles ne sont pas les seuls à profiter du vent d’optimisme. L’économie de la région en entier se remet doucement sur pied. « Le charbon, c’est un mode de vie. Il a tout construit autour d’ici. Ça nourrit notre famille, mais aussi la région en entier, les dépanneurs, les entreprises de transport, les magasins, les restaurants », dit Channing Elkins. Le restaurant où a lieu la rencontre a ouvert l’an dernier. Même chose pour le café situé juste à côté et la microbrasserie en face. « Il n’y avait rien dans la rue principale. Quand le restaurant a ouvert, ça a été toute une fête ! », se souvient Leanne Linbert. Gérante adjointe du restaurant le soir, elle est agente de protection de l’enfance le jour. Elle a vu les ravages de la pauvreté sur la région – violence, épidémie d’opioïdes, ventres vides – et commence à observer les premiers signes d’amélioration.

les risques du métier

S’ils sont tout sourire en parlant de l’embellie de la dernière année, les jeunes mineurs de la Virginie et leurs femmes admettent que leur mode de vie actuel et la stabilité financière qui l’accompagne ne viennent pas sans coûts. Après de longues minutes à expliquer la drogue qu’est pour eux le travail 1000 pieds sous terre, la camaraderie intense qu’on y vit et la beauté de leur industrie « qui permet aux autos d’exister et aux lumières de rester allumées », les trois jeunes mineurs confient – avec un trémolo d’émotion dans la voix – que leurs pères, eux-mêmes mineurs, n’ont pas sauté de joie quand leurs fils ont rejoint ce dur métier. « Mon père ne voulait pas que je descende dans la mine. Il aurait aimé que je sois médecin ou avocat. Il a lui-même eu 15 opérations du genou », dit Channing. « Le mien a eu sept opérations au dos », renchérit Jeremy. « Mon père en a eu quatre et a vraiment de la misère avec son nerf sciatique », conclut Jared.

vivre avec la peur

Leurs femmes admettent toutes avoir la peur au ventre chaque fois que leurs hommes sautent dans leur camionnette pour partir au travail. « J’ai dit à Channing que j’étais prête à travailler à temps plein pour qu’il n’aille pas dans la mine », dit Amanda, qui est pharmacienne à temps partiel. Pendant qu’elle parle, son petit dernier, Sawyer, 8 mois, roucoule sur ses genoux. C’est Channing, après avoir jeté un coup d’œil sur son fils et sa femme, qui a le dernier mot. « On comprend les risques de notre métier, mais c’est plus effrayant pour moi de penser que ma famille pourrait être dans le besoin. »

Colère noire

Beckley, — Virginie-Occidentale — La montagne tronquée ne peut cacher son flanc noir. On a rasé ses arbres. On a fait exploser sa cime. On a coupé dans son roc avec une armée de pelles mécaniques. Depuis, le charbon est là, à portée de main. À portée d’yeux aussi. Sur la route qui jouxte la mine à ciel ouvert, les intrus sont visibles. Très visibles.

Les intrus, c’est nous. Un photographe. Une journaliste. Et Chuck Nelson.

L’homme de 62 ans au visage raviné est un oiseau rare dans la vallée de la Coal River (la rivière au Charbon). Après avoir passé trois décennies sous terre à extraire le minerai noir, après trois décennies à respirer ses poussières, il a accroché son casque de mineur. Depuis, il est l’un des plus ardents militants environnementalistes de la région.

La montagne sans tête devant nous est son pire cauchemar. Ces mines à ciel ouvert et leurs gaz toxiques, poussières microscopiques et eaux usées empoisonnent la région et ses habitants, dit-il. Du moins, c’est ce que dit la science. Selon une récente étude du département de santé publique de l’Université d’Indiana, les citoyens qui vivent près de ces mines de plus en plus communes ont des taux de mort prématurée beaucoup plus élevés que le reste de la population de la Virginie-Occidentale.

À peine quatre minutes après notre arrivée, un pick-up se dirige vers nous. Le chauffeur ralentit à notre approche. Il descend sa fenêtre. Il n’a pas plus de 35 ans.

« N’est-ce pas épouvantable, ce qu’ils font à nos montagnes  ? dit-il, avec un accent du Sud américain à couper au couteau.

— N’êtes-vous pas un des mineurs du site  ? demandé-je, un peu surprise.

— Oui, il faut bien nourrir sa famille, répond le conducteur de la camionnette.

— Mais vous n’êtes pas d’accord avec ce qui se passe ici  ?

– Non, je suis un chasseur et un pêcheur. J’ai l’impression qu’ils vont faire exploser toute la région à la longue, ajoute l’interlocuteur sans nom.

Chuck Nelson, silencieux depuis le début de la conversation, approuve.

— Oui, ils vont tous nous empoisonner, en plus  !, dit-il.

Les deux hommes acquiescent en silence.

— D’où viens-tu, ma poupée [baby doll] ? me demande alors le chauffeur.

— Du Canada.

— Ah oui, là-bas, c’est le bois que vous coupez à grandeur de montagne. J’y vais parfois, pour pêcher. Bon, je vais y aller, mais je vous recommande d’être prudents par ici. Vous comprenez ce que je veux dire, hein ? »

Le chauffeur remonte sa fenêtre et repart. Chuck Nelson est bouche bée. « Wo, vous avez eu droit à une menace en bonne et due forme. »

L’hospitalité, dans le pays du charbon, a ses limites.

Le militant secoue la tête. Pour ses revendications dans la région, il a été arrêté au moins 10 fois. À une occasion, il s’est retrouvé dans le « panier à salade » avec Robert Kennedy Jr. et l’actrice Daryl Hannah. Ce jour-là, il militait pour qu’une école primaire, qui se trouvait tout juste à côté d’une usine de nettoyage de charbon, soit relocalisée. « Il y a un immense réservoir de 3 milliards de gallons de boues toxiques juste en haut de l’école. Si le réservoir s’était rompu, comme c’est arrivé dans le passé dans la communauté de Buffalo Creek, tous les enfants de l’école seraient morts », dit-il. Il a mis 10 ans pour convaincre les autorités du bien-fondé de sa demande.

Il a mis autant de temps à combattre une autre usine de nettoyage de charbon. Celle-là était tout près de chez lui, près de la petite communauté de Sylvester. « Notre eau venait d’un puits, elle était superbe, mais avec la présence de l’usine, elle avait l’air de café. Et on a tous commencé à être malades. On respirait aussi une tonne de poussière. Ma femme a fait de l’asthme. Moi, j’ai perdu un rein », note M. Nelson. À coup de pétitions, de rencontres avec des politiciens et de petites manifestations, il a réussi à faire raccorder sa communauté au service de distribution d’eau public, mais plusieurs de ses voisins avaient eu le temps de perdre la santé. Ou de déménager. Les villes fantômes se suivent et se ressemblent dans cette région. Chuck Nelson retient à peine ses larmes en nous faisant visiter la ville qui l’a vu grandir, Whitesville. Il n’y reste plus que des salons funéraires. Un fleuriste. Et des tonnes de souvenirs qui sentent le charbon.

Malgré ses batailles pour le bien commun, Chuck Nelson, qui est une figure de proue de l’Ohio Valley Environmental Coalition (OVEC), a perdu bien des amis parmi ses anciens collègues mineurs. « Je parle tout haut et les gens pensent que c’est une menace à leur emploi. Ici, beaucoup pensent que parce que les sociétés minières leur donnent un emploi bien payé, ils doivent donner leur vie en échange. »

Se souvenir des disparus

Vingt-neuf croix rouges. Vingt-neuf casques noirs accrochés sur les croix. Des anges en plâtre. Une paire de gants. Vingt-neuf photos délavées protégées par du plastique. Le mémorial de fortune installé à l’entrée de la mine de charbon Upper Big Branch rappelle qu’il n’y a pas 10 ans, le 5 avril 2010, 29 mineurs ont péri dans un des plus importants accidents miniers de l’histoire américaine.

Dans l’accident, Chuck Nelson a perdu deux anciens collègues et ce qui lui restait d’illusions sur l’industrie du charbon. Accusé de complot ayant causé la mort, Don Blankenship, propriétaire de la mine et président de Massey Energy, a finalement été condamné pour une faute moins grave et a passé un an derrière les barreaux. Il est sorti de prison en mai 2017.

Aujourd’hui à la retraite, M. Blankenship s’est lancé en politique, mais n’a pas réussi cette semaine à obtenir l’investiture républicaine qui lui aurait permis de briguer un siège au Sénat américain lors des élections de mi-mandat en novembre. Pendant sa campagne, il a utilisé les médias sociaux pour dire que le président Obama lui avait fait subir un procès seulement pour discréditer l’industrie du charbon. Chuck Nelson ravale sa salive. «  C’est fou. Ce gars-là devrait être derrière les barreaux pour le restant de ses jours. Le procureur demandait une incarcération de 30 ans  », crache-t-il en marchant devant le mémorial improvisé.

En général, le mineur devenu militant n’aime pas les politiciens. George Bush est celui qui a permis que la pratique d’étêtage des montagnes devienne monnaie courante. Obama, dit-il, aurait pu faire de grandes choses, mais il a pris son temps avant de faire adopter de nouvelles règles environnementales, poursuit-il. Et Trump  ? Chuck Nelson tressaille. « D’un seul coup de crayon, il a détruit 20 ans de notre travail en éliminant les nouvelles règles pour protéger les cours d’eau. Maintenant, l’industrie va pouvoir faire ce qu’elle veut.  »

Cette industrie, qui vit d’optimisme ces jours-ci, trouvera M. Nelson sur son chemin. Il a peut-être pris sa retraite des mines à 45 ans, mais sa carrière de militantisme, elle, n’est qu’à mi-parcours.

Tout sur le charbon

Qu’est-ce que le charbon ?

Matière d’origine organique, le charbon est formé de débris de végétaux compactés pendant des millions d’années et ayant subi de profondes mutations chimiques. Il contient une bonne dose de carbone, élément crucial qui lui confère son énergie.

Y a-t-il un seul type de charbon ?

Non, comme les raisins qui permettent de faire une grande variété de jus et de vins, les propriétés et la qualité du charbon varient d’une mine à l’autre, d’une région du monde à l’autre. Et son utilisation n’est pas la même. Dans l’industrie, le charbon est divisé entre ses deux principales fonctions.

Le charbon thermique

Le charbon le plus bas de gamme, aussi appelé charbon de chaudière, est brûlé pour en retirer de l’énergie thermique. Ce charbon nourrit notamment les centrales thermiques. Actuellement, il se vend entre 38 $ et 65 $ la tonne ; 65 % du charbon dans le monde est utilisé à des fins thermiques.

Le charbon métallurgique

« Champagne » des charbons, le charbon métallurgique ou sidérurgique est utilisé dans la fabrication de l’acier. Il contient moins de sulfure et de phosphore que le charbon thermique. Il peut aussi supporter des températures plus élevées. Il est nettoyé et transformé en coke de houille, qui, mélangé au fer, donne naissance à l’acier. Ce genre de charbon se vend entre 85 $ et 120 $ par tonne nette. La demande pour ce charbon est actuellement en hausse ; 16 % du charbon est utilisé à des fins métallurgiques.

S’éclairer au charbon

Pourcentage de l’approvisionnement en électricité qui provient du charbon

28,1 %

Dans le monde

45 %

Aux États-Unis

10 %

Au Canada

Le pays s’est engagé à éliminer cette utilisation avant 2030.

Des tonnes et des tonnes de charbon

Extraction mondiale en 2016

7,3 milliards de tonnes

Principaux pays d’extraction en 2016

(excluant les produits du charbon)

Chine : 3243 millions de tonnes (44,6 % de la production mondiale)

Inde : 708 millions de tonnes (9,7 % de la production mondiale)

États-Unis : 672 millions de tonnes (9,2 %)

Australie : 503 millions de tonnes (6,9 %)

Indonésie : 461 millions de tonnes (6,3 %)

Le Canada est au 12e rang avec une production de 61 millions de tonnes.

Les plus grands importateurs

Chine

19,2 %

Inde

15,0 %

Japon

14,2 %

Corée du Sud

10,1 %

Taipei chinois

5,0 %

L’industrie américaine

En millions de tonnes

2007 : 1145 millions de tonnes

2008 : 1171 millions de tonnes (record)

2009 : 1074 millions de tonnes

2010 : 1085 millions de tonnes

2011 : 1095 millions de tonnes

2012 : 1016 millions de tonnes

2013 : 984 millions de tonnes

2014 : 1000 millions de tonnes

2015 : 896 millions de tonnes

2016 : 728 millions de tonnes (plancher)

2017 : 774 millions de tonnes

Les cinq États qui extraient le plus de charbon

Wyoming : 321 millions de tonnes (+ 8 % par rapport à 2016)

Virginie-Occidentale : 90 millions de tonnes (+ 12,8 % par rapport à 2016)

Pennsylvanie : 52 millions de tonnes (+ 13,9 % par rapport à 2016)

Illinois : 46 millions de tonnes (+ 6,7 % par rapport à 2016)

Texas : 44 millions de tonnes (+ 14,2 % par rapport à 2016)

Sources : Agence internationale de l’énergie, ministère des Ressources naturelles du Canada, U.S. Energy Information Administration

Des tarifs qui font peur

Président et chef des opérations à Coronado Coal, Jim Campbell a de grands projets ces jours-ci. Son entreprise gère une des plus grandes mines souterraines de Virginie-Occidentale, Buchanan 1, et vient tout juste d’acheter une mine australienne.

« Ça nous donnera un avantage comparatif », dit celui qui, avant de devenir le patron, a été tour à tour mineur et ingénieur.

Selon lui, la santé de l’industrie du charbon aux États-Unis est beaucoup plus liée à l’économie mondiale et à la hausse de la demande à l’étranger qu’aux politiques de la Maison-Blanche. « On ne peut pas expliquer tout ce qui se passe dans le charbon avec une seule élection », dit-il, notant qu’en 40 ans de carrière, il a vu l’industrie vivre des hauts et des bas à répétition. 

S’il reconnaît que l’administration Trump a infusé beaucoup d’optimisme dans son industrie, Jim Campbell est moins enthousiaste à l’égard de l’entrée en vigueur ces jours-ci des tarifs sur l’acier. « Nous vendons notre charbon dans tous les marchés du monde et nous croyons au libre-échange », dit M. Campbell.

Puisque le charbon de Coronado Coal est utilisé dans la fabrication de l’acier, il est fort possible, reconnaît-il, que les pays qui seront exposés aux tarifs américains dans la vente de leur acier décident d’acheter leur charbon ailleurs. A-t-il le sentiment que la Maison-Blanche tient compte de cette réalité  ? « Non, nous ne sommes pas entendus sur cette question », dit-il.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.