Vins bios et nature

Boire autrement

La rentrée est le moment propice pour changer de rythme, repenser certaines habitudes et, pourquoi pas, conjuguer plaisir, mieux-être et découvertes. Côté vin, osez boire autrement en explorant les productions bios et nature. Elles ont tout pour plaire, de la vigne au verre !

Bio ou nature : quelle différence ?

Grosso modo, l’étiquette « bio » concerne surtout la culture de la vigne, à l’instar de nos fruits et légumes. Ainsi, le vin bio ne nous met pas « à l’abri » de composantes ou de techniques à caractère plus industriel, propres à certaines étapes de production de la majorité des vins qu’on boit (pensons notamment à l’ajout de sulfites). Les vins dits « nature », quant à eux, tendent à renouer avec des méthodes complètement naturelles en réduisant à l’extrême les interventions extérieures.

« Le vin nature s’intéresse à la vigne, mais aussi à la cave, résume Aurélia Filion, directrice aux opérations et au développement de l’agence Œnopole. On évite d’ajouter des intrants, par exemple des copeaux de bois, du sucre ou des acidifiants. »

Il est ici question d’une véritable quête pour préserver le fruit et l’arôme. Un défi colossal pour les producteurs en raison de facteurs externes, comme la météo, qui peuvent fragiliser chacune des étapes. Cette démarche, généralement issue d’une production à échelles humaine et artisanale, impose donc le respect.

Pourquoi consommer bio ou nature ?

« C’est meilleur pour nous, pour l’environnement. On retrouve moins de produits chimiques, et ça nous fait davantage voyager d’une bouteille à l’autre », répond Aurélia Filion.

Selon elle, les vins nature « sont faits pour les gens qui ont le goût de la découverte ». Quant aux personnes intolérantes aux sulfites – lesquels sont ajoutés comme agents de conservation – , elles ressentiraient moins de désagréments et de maux de tête. « Ces vins sont plus digestes, plus doux pour le corps. »

Changer pour le Québec

Hugo Rolland est sommelier, fondateur et copropriétaire d’On décante, une entreprise qui propose des ateliers de découverte et de dégustation de vins sur mesure.

Selon lui, le Québec n’est pas en reste dans ce mouvement bio-nature-vrai. Il nous guide d’abord vers le vignoble Les Pervenches, à Farnham, où trois hectares de vignes sont cultivés en biodynamie et en agriculture bio : « Ce sont de très belles cuvées. »

Il signale également le Domaine du Nival, à la frontière entre la Montérégie et le Centre-du-Québec, d’où sortent pinot noir, gamaret et vidal inspirés par la biodynamie et le respect du terroir.

S’ajoute à la liste Pinard et filles – « les rock stars des vins nature au Québec » –, qu’on reconnaît grâce aux étiquettes signées Marc Séguin, mais surtout à la qualité de leurs vins, qui s’expriment le plus naturellement possible. « J’aime aussi Négondos, à Mirabel, qui produit des pétillants naturels super intéressants. »

En plus du blogue d’On décante, où l’on peut suivre les arrivages de ces vins d’auteur, on surveille la première édition montréalaise de l’événement Raw Wine (un salon international réunissant la communauté des vins nature, biologiques et biodynamiques), qui se tiendra le 1er novembre prochain.

D’ici là, on lève son verre à la santé de cette poignée d’irréductibles qui, sur plusieurs terres dans le monde, partagent des produits et des histoires d’exception.

Le rouge

En rouge, il propose le Château le Puy, un bordeaux. « Ce domaine produit un vin bio, travaille en biodynamie et vinifie sans ajouter d’engrais chimiques, d’herbicides ou d’insecticides de synthèse, tout en recourant à des levures indigènes. » Depuis le début du 17e siècle – 14 générations ! – , le producteur a développé l’art des techniques fragiles. Un exemple ? Le labourage de la terre à cheval. « À 28,45 $ la bouteille, c’est parfait pour offrir en cadeau, comme vin de semaine ou de week-end. C’est aussi un bon vin de garde. »

Le blanc

Du côté du blanc, le sommelier conseille la cuvée Trilogie, du domaine familial Barmès-Buecher, en Alsace, une bouteille vendue à 21,85 $ : « C’est un vin certifié bio, travaillé selon les principes de la biodynamie; un assemblage de pinot blanc, de riesling et de pinot gris, qui se marie avec les poissons, les sushis, les pokés et les sautés asiatiques. »

Les bulles

Rayon bulles, le Cava Reserva de la maison Valldolina – « certifié bio et en biodynamie, utilisant la méthode champenoise traditionnelle de seconde fermentation en bouteille » – fait partie des incontournables d’Hugo Rolland. « Un bon rapport qualité-prix pour un mousseux à 20,25 $; c’est une bombe ! Il est parfait en apéro ou en dessert et il tranche bien avec les fromages. »

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