C'EST QUOI TON TRUC ?

Concentre-toi !

Un jour ou l’autre, tous les enfants et adolescents ont besoin d’un coup de pouce dans leur parcours scolaire. Préparation d’examens, exercices de mémoire, moyen original pour mieux réussir : un spécialiste nous présente chaque semaine un truc pour venir en aide aux jeunes… et à leurs parents. Aujourd’hui, on travaille la concentration !

Mise en situation

Malgré une bonne collation et un endroit calme pour faire ses devoirs, Raphaël a la tête ailleurs. « Concentre-toi ! », « Assieds-toi ! », lui répète son père, inlassablement. Pourtant, le crayon du garçon se transforme aussitôt en avion et la gomme à effacer, en projectile. Au bout d’un moment, la tension monte. La période des devoirs se transforme alors en affrontement, pour une énième fois. À bout de patience, les parents de Raphaël s'interrogent : à quoi bon donner des devoirs si c’est pour entraîner une bataille quotidienne à la maison ?

UNE PISTE DE SOLUTION

Enseignant d’expérience et conférencier en éducation, Robert Darche est bien placé pour constater que la période des devoirs n’a rien d’une partie de plaisir dans plusieurs familles. Difficile pour les parents de voir l’esprit d’un enfant papillonner sans cesse. Une tâche toute simple peut alors prendre une éternité à terminer. « Cette situation entraîne des conflits, et c’est ce qui remet en cause la pertinence des devoirs », croit M. Darche.

Voilà pourquoi il a conçu, avec son collègue orthopédagogue Jean Bourque, un outil tout simple : un panneau d’arrêt. Découpé dans du carton rouge ou dessiné, le sigle d’une quinzaine de centimètres est justement conçu pour attirer l’attention de l’élève distrait… et le ramener à l’ordre.

« Le stop, c’est un pense-bête, qui va me soutenir dans mon encadrement comme parent, commence l’enseignant. Avant l’engueulade, j’explique à mon enfant que chaque fois qu’il est distrait ou attiré par des stimuli externes, il utilisera le stop pour mieux se concentrer sur la tâche qu’il a à exécuter. »

L’idée, ajoute le conférencier, c’est d’utiliser un outil non verbal, pour éviter les mille et une remarques. Il suggère de remplacer les « assied-toi » et autres « lâche ça » par un simple geste qui ramènera l’attention de l’écolier sur le petit panneau d’arrêt. Ah, c’est vrai… il reste un numéro à faire en mathématiques !

« Le mode de communication privilégié des enfants, c’est le mode visuel, évitons, comme parents, de parler, parler, répéter. Plus je parle, moins je communique ! », rappelle M. Darche. Mieux, cette méthode diminue l’attention négative tournée vers l’enfant, car les remarques ne le mettent plus sur le gril devant les autres membres de la famille.

Le panneau agit comme un appui externe pour aider l’enfant à se concentrer. Éventuellement, il pourra lui-même se ramener à l’ordre en apercevant ce signe sans que ses parents interviennent. On peut afficher le panneau dans sa chambre ou le glisser dans son agenda. Un moyen, explique l’enseignant, d’aider le jeune à développer son langage interne (« Oh, je suis déconcentré… que devais-je faire, déjà ? »).

Rien d’instantané, toutefois ! « Ce n’est pas magique : c’est un processus, un entraînement, qui permet aux fonctions exécutives de prendre le contrôle. C’est une erreur de penser que les enfants vont tout apprendre par eux-mêmes… Il faut être patient, mais en attendant, ça nous permet d’économiser nos énergies, comme parents. »

Ces conseils sont présentés à titre de pistes de solution. Il est possible qu’un enfant ait besoin d’un support supplémentaire ou de l’aide de professionnel. Pour un accompagnement supplémentaire, consultez les spécialistes de votre milieu scolaire ou encore l’Association des orthopédagogues du Québec (ADOQ).

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