LU  Caféine : lieux et artisans d’ici

Pour l’amour du café

« Mieux vaut tard que jamais », dit la devise, qui pourrait bien être celle de Sarah-Émilie Nault. Alors que cette journaliste indépendante ne buvait même pas de café il y a quelques années, elle a lancé cet automne un livre entièrement consacré aux cafés indépendants de la province. Nous en avons discuté avec elle… autour d’une bonne boisson caféinée, bien sûr !

C’est au Pista, rue Beaubien Est, que Sarah-Émilie Nault nous a donné rendez-vous. En ce vendredi après-midi, l’endroit est rempli de clients venus chercher un bon latté, ou qui mangent une bouchée en prenant tout leur temps. On trouve quand même un petit coin pour s’y asseoir.

Il s’agit de son établissement préféré, lance l’auteure dans un sourire. « Je l’aime pour tout : l’endroit en tant que tel, le café en lui-même, et je trouve que c’est un bon représentant de la troisième vague à Montréal. Aussi, j’aime vraiment la vision du propriétaire, Maxime, un jeune dans la vingtaine. »

Voilà qui nous donne tout de suite un aperçu de la passion qui anime la journaliste – d’ailleurs spécialisée en voyage –, même s’il s’agit d’une flamme assez récente. Toutefois, à défaut de consommer du café, elle fréquente les endroits qui en vendent depuis longtemps.

« J’ai toujours aimé l’ambiance. Mais je me disais qu’un jour, il faudrait que je commence à en boire, parce que je sentais que j’étais en train de manquer quelque chose. » — Sarah-Émilie Nault

Finalement, c’est au cours d’un voyage en Italie qu’elle a bu le premier d’une longue suite de cafés. « J’étais vraiment en décalage horaire et j’ai décidé que c’était aujourd’hui que je prenais mon premier café, juste pour me réveiller ! J’avais choisi un cappuccino, parce que c’était une des seules choses que je connaissais un peu. »

L’engouement n’a pas été immédiat, puisque « c’est un goût qui se développe ». Mais moins d’un an plus tard, elle en appréciait franchement les arômes, en plus de porter un intérêt grandissant à tout ce qui entoure la fameuse culture : les grains, la torréfaction, sans oublier la philosophie. « J’ai commencé à m’intéresser à l’industrie du café au Québec, à rencontrer des gens, et à comprendre qu’il y avait tout un monde au-delà du simple fait d’aller prendre un café. Je me suis dit que ça pourrait faire un très bon livre, un guide d’endroits où aller, mais entrecoupé de plein de sujets qui ont rapport au café. »

La parole aux spécialistes

« Je ne prétends pas être quelqu’un qui connaît tout sur le café, au contraire, précise toutefois l’auteure. C’est pour cette raison que, dans le livre, j’ai voulu interviewer des gens qui connaissent ça, et les faire parler. »

Au lieu d’écrire un simple guide avec une liste d’endroits à essayer, elle a voulu se prêter à un exercice un peu plus ludique. Résultat, on y trouve plusieurs portraits d’établissements indépendants – et de leurs propriétaires –, mais aussi la clarification de certains concepts comme la torréfaction et la troisième vague. On y couvre aussi des sujets comme la place des femmes dans la profession et le snobisme dans le monde du café.

En filigrane, presque 100 établissements sont cités dans le livre, majoritairement à Montréal, mais aussi ailleurs dans la province, où la culture du café se développe tranquillement. « Ça commence, ça commence, croit Sarah-Émilie. À Québec, il y en a un peu plus. Il y a aussi le Frida à Trois-Rivières qui est vraiment bien. Leur philosophie rejoint celle des Pista et Paquebot de Montréal. C’est une super belle adresse. »

Ces cafés, elle les a arpentés en compagnie d’un photographe torontois, Zach Baranowski, avec qui elle tenait à travailler. Fait cocasse : celui-ci ne boit pas de café… encore. Mais dans la vie, il n’est jamais trop tard pour s’initier à l’art du café !

Quiz express

Quel type de café boit Sarah-Émilie ?

Des cortados.

Avec ou sans sucre ?

Jamais de sucre !

Laits végétaux ou bon vieux lait de vache ?

Lait de vache, sauf pour une découverte récente, le lait d’avoine.

Combien de cafés par jour ?

Un ou deux, pas plus.

Cinq endroits coups de cœur pour travailler ?

Crew Collective & Café, Paquebot, Tommy, Larue et fils, Café Saint-Henri.

Caféine : lieux et artisans d’ici

Sarah-Émilie Nault

Photos de Zach Baranowski

Éditions Parfum d’encre

224 pages

24,95 $

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