CINÉMATHÈQUE

Été au féminin à la Cinémathèque

Depuis son arrivée à la direction générale de la Cinémathèque québécoise (CQ), Marcel Jean a créé la programmation d’un grand cycle estival thématique. Après l’érotisme en 2016 et 20 grands de la mise en scène en 2017, la CQ propose, du 2 juillet au 25 août, le cycle Femmes, Femmes consacré au travail de 100 réalisatrices. Le but de l’événement est de montrer que le cinéma féminin n’est pas monolithique, dit Marcel Jean. Ce cinéma peut être féministe, fantastique, d’action, social, etc. À notre demande, M. Jean a sélectionné des réalisatrices à découvrir ou à redécouvrir.

Molière

d’Ariane Mnouchkine (France, 1978)

« Ariane Mnouchkine est une légende du théâtre français, une grande metteure en scène. Elle a réalisé un grand film de fiction consacré à Molière et qui dure 4 h 20 min. Ce film a été produit par Claude Lelouch. C’est ici une vraie superproduction faite par une femme. C’est un événement. Nous avons travaillé très fort pour en dénicher une copie. »

2 juillet à 18 h 30

Rue Cases-Nègres

d’Euzhan Palcy (France, 1983)

« Euzhan Palcy est une Martiniquaise qui a réalisé ce film extraordinaire, primé à Venise [Lion d’argent] en plus d’obtenir le César de la première œuvre. Il met en scène le combat d’une vieille dame, sorte de Mère Courage, qui élève seule son petit-fils. Elle veut lui donner une bonne éducation pour le sortir de la situation de quasi-esclavage dans laquelle on se retrouve quand on cueille la canne à sucre. Un magnifique portrait de femme. »

6 juillet à 19 h

Wanda

de Barbara Loden (États-Unis, 1970)

« À la base, elle était une actrice. Elle est décédée d’un cancer à 48 ans. Elle a réalisé un seul film, Wanda, dont elle est l’actrice principale », dit M. Jean. L’histoire ? Une femme abandonne sa famille pour suivre un petit truand sur les routes américaines. « Son travail est du Cassavetes féminin, ajoute M. Jean. Marguerite Duras adorait ce long métrage. C’est l’occasion de voir un film rare. »

7 juillet à 19 h

Old Enough

Soirée Joan Micklin et Marisa Silver (États-Unis)

La mère, Joan Micklin, réalise Hester Street en 1975. La fille, Marisa, tourne Old Enough en 1984. « Hester Street se passe à la fin du XIXe siècle et raconte l’histoire des immigrés juifs dans Lower East Side à New York. Old Enough est aussi une histoire new-yorkaise [présentée à Sundance], un film qui pose un regard sur les adolescentes à travers deux jeunes femmes venant de milieux très opposés. Elles apprennent leur culture respective. »

13 juillet à 19 h et À 21 h

Love & Anarchy

de Lina Wertmüller (Italie/France, 1973)

« Lina Wertmüller est une des grandes figures du cinéma italien. Elle est surtout connue pour son œuvre Vers un destin insolite, sur les flots bleus de l’été. Comme elle a été l’assistante de Federico Fellini sur 8 ½, on sent l’influence. Le film que nous présentons est une satire politique. Une partie du film se passe dans un bordel. L’acteur principal, Giancarlo Giannini, a remporté avec ce film le prix de la meilleure interprétation masculine à Cannes. »

14 août à 18 h 30

Les fantômes des trois Madeleine

de Guylaine Dionne (Québec, 2000)

« Ce film est un road movie dans lequel des femmes de trois générations, mère, fille et petite-fille, partent pour la Gaspésie et apprennent à se connaître. Ça s’inscrit dans cette série de films qui traversent le territoire québécois. Je pense, par exemple, à Route 132 de Louis Bélanger, À l’origine d’un cri de Robin Aubert ou Les états nordiques de Denis Côté. Ce film de Mme Dionne a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. »

22 août à 19 h

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