BASKETBALL

Un retour aux sources pour Chris Boucher

Les cotes ont toujours été contre lui, mais Chris Boucher ne s’est jamais laissé décourager depuis qu’il a découvert le basketball dans le gymnase d’une école secondaire de Montréal.

Demain soir, c’est dans l’uniforme des Raptors de Toronto que l’athlète effectuera son retour devant les siens.

Né à Sainte-Lucie, dans les Caraïbes, mais élevé dans le quartier Côte-des-Neiges, l’athlète de 6 pi 10 po a suivi un parcours étonnant jusqu’à la NBA. Il n’a commencé à jouer sérieusement qu’à l’approche de la vingtaine et s’est retrouvé, après bien des détours, à l’Université de l’Oregon.

À sa deuxième saison avec les Ducks, l’équipe a atteint le Final Four du tournoi de la NCAA, mais Boucher avait subi une grave blessure à un genou quelques jours avant le March Madness et il n’a pu qu’encourager ses coéquipiers. Cela ne l’a pas empêché d’être embauché quelques semaines plus tard par les Warriors de Golden State, les champions de la NBA.

Après une longue convalescence, il est revenu au jeu à Santa Cruz avec le club-école des Warriors dans la ligue de développement de la NBA (G-League). Rappelé en fin de saison, il a pu faire ses débuts, quelques minutes à peine, aux côtés des étoiles du basket. Limité ensuite à un rôle de réserviste, Boucher a été libéré par les Warriors au début de l’été et il a signé un contrat non garanti avec les Raptors.

Après de bonnes performances cet été dans la ligue des recrues, il profite de chaque minute au camp d’entraînement pour tenter d’impressionner la direction de l’équipe.

Pas besoin de vous dire que ce match à Montréal est particulièrement important pour lui.

« Cela fait très longtemps que je n’ai pas joué à Montréal, j’étais encore très jeune », a rappelé l’athlète de 25 ans, il y a quelques jours, en entrevue téléphonique. Son français est encore excellent, son humeur aussi.

« Revenir avec une équipe de la NBA est très spécial, et ce sera excitant de jouer devant ma famille, mes amis et tous ceux qui m’ont soutenu dans mon parcours. Je veux aussi continuer d’inspirer les jeunes joueurs québécois et je sais que plusieurs seront là. Il y a beaucoup de talent à Montréal et dans la province ; tant mieux si mon exemple leur permet de travailler encore plus fort pour atteindre leur rêve, eux aussi. »

Un beau risque

Boucher est l’un des deux ou trois joueurs qui aspirent au poste de réserviste parmi les Big Men des Raptors, aux côtés de Jonas Valanciunas, Serge Ibaka et Pascal Siakam. Les autres joueurs qui participent au camp sont plus expérimentés, mais aucun n’a son potentiel. Il pourrait aussi être envoyé dans la G-League, avec le Raptors 905 (établi à Mississauga), afin de poursuivre son développement.

Avec une envergure de 7 pi 3 po les bras étendus, Chris est un « monstre » en défense et excelle particulièrement à bloquer les tirs adverses. En offensive, il se débrouille étonnamment bien aux tirs de trois points et se déplace plus vite qu’on pourrait le soupçonner, un signe évident de sa grande détermination.

« J’ai confiance en mes moyens et j’ai toujours continué de travailler, malgré les obstacles, en pensant que j’aurais ma chance un jour. Je dois rester prêt, toujours être prêt, car on ne sait jamais quand la chance va passer. »

« Je connais mes forces, mais je sais ce que je dois améliorer. »

— Chris Boucher

Au premier rang de ses priorités : gagner du poids. La liste des joueurs des Raptors indique que Boucher pèse 200 livres et certains doutent même qu’il y soit. À près de 7 pi, c’est trop peu, surtout face aux costauds joueurs qui rodent sous les paniers de la NBA. « J’y travaille sans cesse », assure-t-il.

Le nouvel entraîneur-chef des Raptors, Nick Nurse, est impressionné par le talent de Boucher, mais il s’interroge encore sur sa marge de progression. « C’est incroyable de penser au chemin qu’il a parcouru en peu de temps, a-t-il expliqué la semaine dernière en point de presse. Et il est encore relativement jeune.

« On voit qu’il ne comprend pas encore très bien notre système et, comme entraîneur, ça fait réfléchir ; mais il entre dans un match en se disant : “Je vais tout donner sur le terrain, courir de toutes mes forces et aider l’équipe de toutes les façons possibles”, et on se dit que c’est bien plus important. »

Gagner un poste régulier dans la NBA est plus que jamais l’objectif de Chris Boucher, et la perspective de jouer pour les Raptors, au Canada, le motive encore davantage. « J’avais assisté à quelques matchs de l’équipe il y a plusieurs années, avant qu’ils soient aussi populaires. Les gars m’ont dit à quel point l’ambiance était extraordinaire pendant les matchs locaux, et j’espère pouvoir vivre ça un jour. »

UN CINQUIÈME MATCH À MONTRÉAL

Les Raptors de Toronto disputeront demain soir contre les Nets de Brooklyn un cinquième match préparatoire à Montréal. L’équipe a joué au Centre Bell de 2012 à 2015, toujours avec beaucoup de succès, et le président des Raptors, Masai Ujiri, s’est réjoui de pouvoir revenir dans la métropole. « Nous avons réussi à créer une identité nationale très forte, avec notre campagne We Are The North [nous sommes le Nord] par exemple, a-t-il expliqué en point de presse. C’est important d’offrir aux partisans de partout au Canada la chance de soutenir l’équipe, et les amateurs du Québec ont toujours répondu avec enthousiasme. »

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