Boissons alcoolisées

Molson Coors veut élargir sa palette de bières de microbrasseries

La tendance est là pour rester. Les jeunes adultes affichent un goût prononcé pour les bières de microbrasseries et Molson Coors entend les suivre dans leurs préférences et continuer à étancher leur soif.

« Nous sommes probablement déjà le grand brasseur avec le plus important portefeuille de bières de microbrasserie. C’est une bonne nouvelle », a dit Mark Hunter, président et chef de la direction de Molson Coors, en entrevue. Écossais d’origine, M. Hunter, 52 ans, a pris les rênes du brasseur des Rocheuses en janvier dernier.

La Presse Affaires l’a rencontré hier midi au terme de l’assemblée annuelle des actionnaires de Molson Coors qui se déroulait cette année à Montréal. À cette occasion, Geoff Molson a été nommé président du conseil pour une période de deux ans. Il occupe un fauteuil que son frère Andrew a occupé auparavant.

Le brasseur aux deux sièges sociaux – Denver et Montréal – occupe le premier rang des microbrasseurs à la fois aux États-Unis, avec Blue Moon, au Royaume-Uni, avec Sharp, et en Irlande, avec Franciscan Well.

« Au Canada, nous sommes toujours à l’affût des occasions pour accroître notre part de marché, soit en développant nos propres marques, soit en implantant des marques de l’étranger au Canada, soit en achetant des marques concurrentes. »

— Mark Hunter, président et chef de la direction de Molson Coors

Pour ce qui est des acquisitions au Canada, M. Hunter a parlé de la difficulté que pose le double taux de taxation en vigueur. Les microbrasseurs bénéficient d’un taux réduit. Quand Molson les acquiert, la microbrasserie perd ce privilège et la rentabilité des activités s’en ressent.

Molson Coors étudie sérieusement l’introduction au Canada des marques de ses propres microbrasseries aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Irlande.

DE BONNES NOUVELLES…

La famille Coors gagne des adeptes

En tenant compte de Coors Banquet et de l’arrivée de la Coors Altitude, la famille des bières Coors a augmenté ses parts de marché au Canada en 2014. Coors Light occupe toujours le deuxième rang des bières les plus vendues au pays avec 13 % des parts de marché. La Molson Canadian arrive troisième, avec des parts de 7 %. Autre fait marquant, Coors Light continue à gruger des parts de marché à l’international.

Expansion du côté de l’Inde

Le marché de la bière n’affiche guère d’effervescence en Occident. La brasserie doit regarder sous d’autres cieux pour la croissance. Après l’expérience douloureuse du Brésil, le brasseur privilégie désormais la stratégie des petits pas. En avril, elle a racheté deux brasseries en Inde d’une capacité de 600 000 hectolitres. Molson est présente en Inde depuis 2011.

Les cuves de Montréal brassent à plein régime

Le vénérable établissement de la rue Notre-Dame a brassé au minimum 95 000 hectolitres, la semaine dernière, un volume qu’on n’avait pas vu depuis des lustres. Outre le fait que la saison des terrasses est officiellement ouverte, l’usine s’est vu récemment octroyé le mandat le mandat de brasser sous licence la bière japonaise Asahi, auparavant brassée à Vancouver.

... ET DE MOINS BONNES

Molson concède le premier rang à Labatt

Molson Coors n’est plus le numéro un au Canada. Sa part de marché a baissé de 5 points de pourcentage depuis 2010. Au dernier décompte, Labatt occupe 43 % des parts de marché et Molson 37 %. Le plus récent recul a été causé par la fin de l’entente de distribution des bières Modelo (Corona) depuis le rachat de celle-ci par AnBev, propriétaire de Labatt. « Nous continuons d’être un solide numéro deux au Canada. Nous sommes par ailleurs le leader du marché au Québec », a dit M. Hunter.

Risque d’une charge non récurrente de 230 millions US

La société pourrait devoir diminuer la valeur intangible de la marque Molson de plus de 230 millions US à l’avenir. En octobre dernier, il existait un écart négatif de 9 % entre la valeur comptable et la valeur marchande de la marque Molson, lit-on dans le rapport annuel. Celle-ci était évaluée à 2,6 milliards US. « C’est un risque et la bonne gouvernance nous oblige à tenir nos actionnaires informés de la situation », dit M. Hunter, sans commenter davantage. En 2014, le brasseur a pris une provision semblable de 360 millions US en Serbie.

Quel avenir pour la consigne ?

Au moment où le gouvernement Couillard veut forcer la Société des alcools à récupérer les bouteilles de vin consignées, les grands brasseurs soupèsent le pour et le contre de leur système de consigne privée. La raison ? Le système entraîne des coûts fixes qui deviennent de moins en moins justifiés à mesure que le consommateur se détourne de la bouteille au profit de la canette d’aluminium.

En 2014, 49 % des contenants de bière sont des canettes comparativement à 40 % pour les bouteilles. En 2010, le verre représentait 56 % du marché. « C’est en constante révision, convient M. Hunter, mais en même temps, c’est un élément majeur de notre politique de développement durable. »

MOLSON COORS EN CHIFFRES (2014)

Volume : 59 millions d’hectolitres (- 1,3 % sur un an)

Ventes : 4,15 milliards US (- 1,4 %)

Profit : 513,5 millions US (- 9,2 %)

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.