Northern Pass

Le New Hampshire suspend sa décision

Le New Hampshire Site Evaluation Committee (NHSEC), qui avait refusé de donner son accord au projet Northern Pass, a suspendu sa décision hier, sans donner d’indication sur sa volonté de réexaminer ou non le projet.

Eversource, le promoteur de Northern Pass, a demandé officiellement au NHSEC de reconsidérer sa décision de dire non à la ligne de transport qui permettrait à Hydro-Québec de vendre de l’électricité au Massachusetts pour une période de 20 ans et d’encaisser des revenus de 10 milliards de dollars. « Nous espérons [que la suspension est] une indication que le NHSEC évaluera les critères statutaires requis et examinera de manière approfondie l'ensemble des conditions qui pourraient servir de base à l'octroi de l'approbation », a indiqué Eversource. Le Massachusetts est prêt à attendre jusqu’au 27 mars. À défaut d’une réponse ou si le refus du New Hampshire est maintenu, l’État a indiqué qu’il entamerait des discussions avec New England Clean Energy Connect, qui a soumis la meilleure proposition après celle de Northern Pass. — Hélène Baril, La Presse

Commerce international

Trump veut boucler rapidement le sort de l’ALENA

Washington — Le président Donald Trump a fait valoir l’importance de boucler rapidement les négociations sur la nouvelle mouture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), hier, lors d’un appel téléphonique avec le premier ministre Justin Trudeau.

M. Trudeau a appelé son vis-à-vis américain lors d’une tournée des usines d’aluminium, au Saguenay, journée pendant laquelle il a aussi fait le tour des réseaux américains de télévision pour faire la promotion du libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

Le premier ministre Trudeau a entendu directement de la bouche du président ce que laisse entendre son administration depuis quelque temps : les États-Unis souhaitent conclure un nouvel accord commercial d’ici quelques semaines, en raison des multiples élections qui auront lieu dans les trois pays membres de l’ALENA.

La Maison-Blanche a indiqué dans un communiqué que M. Trump avait « souligné l’importance de conclure rapidement les négociations de l’ALENA ».

Selon l’administration Trump, cela « assurerait la vitalité des États-Unis et des industries nord-américaines », tout en « protégeant la sécurité nationale et l’économie des États-Unis ».

Les États-Unis craignent que des retards supplémentaires dans les pourparlers puissent mettre en péril le processus de négociation, dans l’éventualité où le président mexicain serait défait à l’élection du 1er juillet et que le Parti républicain perdrait le contrôle du Congrès américain.

Certaines personnes qui ont travaillé sur la première version de l’ALENA doutent de la possibilité qu’un accord soit conclu d’ici le printemps – la date limite nécessaire pour que le Congrès approuve les mesures avant les élections de mi-mandat, en novembre.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, sera à Washington pour trois jours cette semaine afin de rencontrer le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, ainsi que des membres influents du Congrès.

Menace pour l’acier et l’aluminium ?

M. Trudeau affirme qu’il refuse de se faire intimider pour conclure un accord rapide.

Le gouvernement américain a signalé à plusieurs reprises que sa décision d’exempter le Canada et le Mexique des tarifs sur l’acier et l’aluminium pourrait être temporaire et dépendre des négociations commerciales.

Depuis le Saguenay, M. Trudeau a dit en entrevue avec le réseau américain CNBC qu’il ne faisait pas de lien entre les deux dossiers.

Il a aussi nié le fait que les Américains puissent faire une faveur au Canada. « Les exemptions ne sont pas une faveur magique qui est faite au Canada », a-t-il plaidé.

« Nous soulignons que l’imposition de tarifs sur le Canada finirait par nuire aux États-Unis presque autant qu’au Canada », a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a reçu un appui de taille, hier. Un sondage mené auprès d’économistes par l’Université de Chicago a laissé voir une rare unanimité sur le sujet : 0 % des économistes croient que ces tarifs aideront les Américains.

Trudeau accuse la Chine de dumping

Le premier ministre Justin Trudeau a accusé, hier, la Chine d’inonder le marché mondial avec de l’aluminium et de l’acier à des prix au rabais, provoquant ainsi une « concurrence déloyale » pour les sidérurgistes nord-américains. M. Trudeau a déclaré que le président américain Donald Trump et lui étaient « très préoccupés par les actions, surtout de la Chine, par rapport au dumping d’acier et d’aluminium sur le marché mondial ». « J’ai dit aux Américains que je suis prêt à étudier avec eux les moyens d’en faire davantage » pour contrer ce « dumping », a souligné M. Trudeau lors de la visite d’une aluminerie de Rio Tinto au Saguenay. Le Canada est le premier fournisseur d’acier et d’aluminium des États-Unis. Ardent défenseur du libre marché, M. Trudeau a lancé en 2016 à Montréal avec le premier ministre chinois Li Keqiang des discussions exploratoires en vue d’un accord de libre-échange entre le Canada et la Chine afin de doubler le commerce bilatéral d’ici 2025. La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada, derrière le voisin américain.

— Agence France-Presse

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