Mexique

Le nouveau président hérite d’un pays ensanglanté

Des cadavres criblés de balles, abandonnés en pleine rue. Des milliers de corps enterrés dans des fosses clandestines, des corps démembrés, décapités. Des militaires affrontant dans les montagnes des narcotrafiquants lourdement armés. Ces scènes sont devenues banales dans un Mexique qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans la violence.

En dépit de sa grande promesse d’un « Mexique en paix », le président Enrique Peña Nieto laisse à son successeur Andrés Manuel López Obrador des chiffres records d’homicides, de disparitions et une armée déployée dans les rues pour tenter d’enrayer cette vague de violence sans fin.

Loin de calmer les violences, le déploiement de l’armée dans les rues à partir de 2006 a au contraire abouti à faire exploser les taux de criminalité dans tout le pays.

Plus de 200 000 assassinats et 30 000 disparitions ont été enregistrés depuis cette date au Mexique, et plusieurs cas de violations des droits de l’homme ou d’exécutions sommaires impliquant des militaires ont été dénoncés.

La guerre contre la drogue a abouti à fragmenter les cartels en cellules délictueuses plus petites et plus violentes, pratiquant également le racket, les enlèvements ou le vol de combustible.

28 711

Nombre d'homicides enregistrés au Mexique en 2017, un chiffre record

Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre atteint déjà 15 973, contre 13 503 l’an dernier, laissant entrevoir un nouveau chiffre record pour 2018.

Selon l’ONG Semaforo Delictivo, 11 000 personnes ont été exécutées par des narcotrafiquants depuis le début de l’année.

Utilisant des armes provenant illégalement des États-Unis, les groupes de narcotrafiquants s’affrontent pour contrôler des territoires, la production de la drogue et les routes de distribution.

Des photographes de l’AFP ont uni leurs efforts pour relater en images la violence qui déchire les villes d’Acapulco, sur la côte pacifique, de Tijuana, à la frontière nord, de Mexico, la capitale, de Guadalajara, la deuxième ville du pays, ou encore de Culiacán, dans l’État du Sinaloa. Dans ce fief du baron de la drogue Joaquin « El Chapo » Guzman, actuellement incarcéré aux États-Unis et en attente de jugement, une guerre se déroule pour lui succéder au sein du cartel du Sinaloa.

Les morgues débordent

Mais dans des États traditionnellement plus calmes, les violences ont parfois aussi explosé.

L’État de Guanajuato, au centre du Mexique, qui abrite de nombreuses entreprises manufacturières tournées vers l’exportation et accueille des milliers de touristes chaque année, est ainsi devenu la zone la plus touchée par les meurtres liés au narcotrafic, avec 1241 homicides au premier semestre, selon Semáforo Delictivo.

Dans beaucoup d’endroits tels que la fameuse cité balnéaire d’Acapulco – qui attirait jadis le Tout-Hollywood –, les morgues débordent, à tel point qu’il a fallu récemment entreposer les cadavres dans le stationnement.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.