Golfe persique

Tensions après des « actes de sabotage » contre quatre navires

Le président américain Donald Trump hausse à nouveau le ton face à l’Iran

De mystérieux « actes de sabotage » présumés contre quatre navires ont provoqué une montée des tensions dans le golfe Persique au moment où Donald Trump mettait une nouvelle fois en garde l’Iran contre tout passage à l’acte contre les intérêts américains.

« Deux pétroliers saoudiens ont fait l’objet d’actes de sabotage [dimanche] dans la zone économique exclusive (ZEE) des Émirats arabes unis, au large des côtes de l’émirat de Fujairah, alors qu’ils étaient sur le point de pénétrer dans le golfe d’Arabie », a déclaré hier le ministre saoudien de l’Énergie, Khalid Al-Falih.

Après un démenti initial, les Émirats ont fait état d’« actes de sabotage » contre quatre navires commerciaux de différentes nationalités à l’est de l’émirat de Fujairah, sans identifier les auteurs, mais en évoquant un événement « grave ». Outre les deux navires-citernes saoudiens, Al Marzoqah et Amjad, il s’agit d’un bateau norvégien, Andrea Victory, et d’un cargo émirati, A. Michel, a précisé un responsable gouvernemental émirati.

L’Arabie saoudite et les Émirats sont deux alliés proches des États-Unis, qui viennent de renforcer leur présence militaire au Moyen-Orient pour contrer l’Iran.

« On va voir ce qui va se passer avec l’Iran. S’ils font quelque chose, ils vont souffrir énormément. »

— Donald Trump, hier

Crainte d’une « escalade »

Aucun lien n’a été officiellement fait entre ces incidents maritimes et les projets d’attaques « imminentes » attribués depuis la semaine dernière par Washington à Téhéran. Interrogé sur un éventuel rôle iranien, l’émissaire des États-Unis pour l’Iran, Brian Hook, n’a pas souhaité faire de commentaire, se bornant à dire que les autorités américaines allaient apporter leur assistance aux enquêteurs, à la demande des Émirats.

Il a aussi assuré que le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, à Bruxelles pour une visite impromptue afin de parler des « menaces » iraniennes avec ses homologues européens, avait discuté avec eux « de ce qui s’apparente à des attaques contre des navires commerciaux ».

En réponse, les Européens ont mis plus largement en garde contre les risques de la période actuelle.

« Je lui ai dit de manière claire que nous sommes préoccupés par les tensions dans la région et que nous ne voulons pas d’une escalade. »

— Heiko Maas, chef de la diplomatie allemande, après sa rencontre avec Mike Pompeo

L’ONU a aussi appelé à la « retenue » face aux « tensions accrues ».

À Téhéran, les autorités iraniennes ont demandé une enquête sur des « incidents » jugés « alarmants et regrettables », évoquant « l’aventurisme » d’acteurs « étrangers » pour déstabiliser la région.

« Acte criminel »

De nombreuses zones d’ombre persistent sur ces « actes de sabotage » présumés dans le golfe Persique, où toutes les places boursières ont baissé hier.

Les autorités de Riyad ont « condamné » un « acte criminel » qui constitue une « sérieuse menace » à la navigation maritime et a « une incidence néfaste sur la paix et la sécurité », affirmant que les actions contre les pétroliers saoudiens n’avaient causé ni victime ni marée noire, mais avaient provoqué « des dégâts significatifs aux structures des deux navires ».

Un des deux navires devait recevoir une cargaison de pétrole destinée à des clients américains, a précisé Riyad.

Selon la société Thome, qui a affrété l’Andrea Victory, le navire, « touché par un objet indéterminé », ne menace pas de couler et l’équipage est sain et sauf.

Le gouvernement des Émirats a appelé la communauté internationale à « prendre ses responsabilités pour empêcher que de telles actions soient commises par des parties cherchant à porter atteinte à la sécurité de la navigation ».

Le port de Fujairah est le seul terminal émirati sur la côte de la mer d’Arabie qui contourne le détroit d’Ormuz, par où passent la plupart des exportations de pétrole du Golfe. À plusieurs reprises, l’Iran a menacé de fermer ce détroit stratégique, crucial pour la navigation mondiale et le commerce pétrolier, en cas de confrontation avec les États-Unis.

Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées depuis une semaine : l’Iran a suspendu certains de ses engagements pris dans le cadre de l’accord de 2015 encadrant son programme nucléaire, un an après le retrait américain de ce texte, tandis que l’administration Trump a renforcé ses sanctions contre l’économie iranienne.

Parallèlement, le Pentagone a dépêché dans la région un porte-avions, un navire de guerre, des bombardiers B-52 et une batterie de missiles Patriot, évoquant des menaces de l’Iran ou de ses alliés contre des ressortissants ou des intérêts américains au Moyen-Orient.

Appel à la prudence

L’analyste Karen Young, du cercle de réflexion American Enterprise Institute, a invité à la prudence face à « l’engrenage des provocations » accompagnées de possibles « mauvaises interprétations ».

De son côté, Neil Partrick, expert de la région, a estimé que s’il y avait « vraiment eu une tentative délibérée d’endommager ces navires-citernes, alors ce pourrait être un avertissement de l’Iran sur les conséquences d’une quelconque action militaire contre des cibles iraniennes […] dans la région ».

Ces tensions dans la région interviennent en outre alors qu’une guerre se poursuit au Yémen, où Saoudiens et Iraniens soutiennent des factions rivales.

G20

Trump rencontrerait Poutine et Xi au Japon

Donald Trump a annoncé hier qu’il rencontrerait les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping lors du sommet du G20 qui se tiendra à la fin de juin au Japon. Les agences russes ont toutefois indiqué qu’il n’y avait « pas d’accord » sur une rencontre entre MM. Trump et Poutine au G20. Le président américain, qui a engagé un bras de fer avec Pékin sur le commerce en imposant vendredi des droits de douane renforcés sur 200 milliards de dollars de biens chinois, a estimé que la rencontre avec le président chinois devrait être « fructueuse ». Il a une nouvelle fois estimé que les États-Unis étaient en position de force pour négocier avec la Chine. Selon lui, le géant asiatique veut un accord.

— Agence France-Presse

Le premier ministre hongrois reçu à la Maison-Blanche

Un « homme dur », mais « respecté » : Donald Trump a salué hier l’action controversée du premier ministre hongrois Viktor Orbán, reçu à la Maison-Blanche malgré de vives critiques à Washington. Le dirigeant national-conservateur est accusé de saper la démocratie dans son pays. « Vous avez fait du bon travail et vous avez garanti la sécurité de votre pays », a dit M. Trump. « C’est un homme dur, mais c’est un homme respecté », « partout en Europe », a-t-il ajouté, alors que M. Orbán, connu pour ses positions eurosceptiques et sa critique des démocraties « libérales », agace les dirigeants européens jusque dans sa propre famille politique conservatrice. Viktor Orbán s’était régulièrement vu reprocher par l’administration démocrate de Barack Obama des atteintes à la liberté de la presse, de la justice et de la société civile. — Agence France-Presse

Course à la présidence

Le maire de New York fait durer le suspense

Le maire de New York, Bill de Blasio, révélera cette semaine s’il sera candidat à la présidence des États-Unis. M. de Blasio a fait cette déclaration lors d’un événement de presse chaotique dans le hall de la tour Trump, à l’endroit même où Donald Trump a annoncé sa propre candidature à la présidence en 2015. Le démocrate a affirmé qu’il était venu à la tour Trump pour promouvoir un nouveau règlement municipal sur la pollution de l’air qui obligerait les propriétaires de gratte-ciel à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre sous peine d’amendes. De bruyants partisans de Donald Trump étaient présents.

— Associated Press

Mort d’un noir en 2014

Début du procès du policier accusé d’avoir tué Eric Garner

Les images de l’interpellation musclée de ce Noir avaient fait le tour du monde et déclenché un mouvement citoyen : cinq ans après la mort d’Eric Garner, le procès disciplinaire du policier Daniel Pantaleo, accusé de l’avoir asphyxié, s’est ouvert à New York. Le quadragénaire, qui n’était pas armé et que les officiers accusaient de vendre des cigarettes, a succombé quelques minutes après avoir été maîtrisé par cinq policiers. Sa mort a été qualifiée d’homicide par le médecin légiste. En 2014, un grand jury a décidé que le dossier ne contenait pas suffisamment d’éléments pour inculper M. Pantaleo. De son côté, la justice fédérale n’a pas encore livré les conclusions de son enquête, alors que les faits seront bientôt prescrits. — Agence France-Presse

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