États-Unis

Cinq questions sur la statue

La statue tient un livre. De quel livre s’agit-il ?

C’est un livre sur lequel on peut lire « 4 juillet 1776 » en chiffres romains : le jour de la proclamation de l’indépendance américaine.

Qui a réalisé la statue ?

La Liberté éclairant le monde a été réalisée par le sculpteur français Auguste Bartholdi, en 1884. Elle a été inaugurée à New York deux ans plus tard, le 28 octobre 1886.

Pourquoi se trouve-t-elle à New York ?

La France en a fait cadeau aux États-Unis pour le centenaire de l’indépendance américaine. Elle a été construite à Paris, démontée et transportée par bateau en Amérique.

Comment s’appelle l’île sur laquelle se trouve la statue ?

Autrefois appelée Bedloe’s Island, cette île porte aujourd’hui le nom de Liberty Island.

Que symbolise la statue ?

La lutte contre l’oppression. La statue de la Liberté représente la liberté au sens large.

États-Unis

Une touche montréalaise au pied de la statue de la Liberté

L’entreprise montréalaise Flo4t a décroché un important contrat d’effets numériques pour un nouveau musée consacré à Lady Liberty sur Liberty Island, à New York. « C’est un projet de 70 millions », précise le cofondateur de Flo4t, Alexandre Simionescu, 36 ans, rencontré dans ses bureaux de Saint-Henri.

Qui finance le projet ?

La famille Bezos, Chanel, Coca-Cola, Disney, Mellody Hobson et George Lucas…

La campagne de financement est présidée par la designer de mode Diane von Fürstenberg. Objectif : 100 millions de dollars.

« Il y a plein de gens connus qui donnent de l’argent, souligne Alexandre Simionescu. Notre client, par exemple, est marié à la fille de l’ex-président Kennedy ! Mais ça, c’est un détail. L’important, pour nous, c’est de livrer une expérience. »

Est-ce votre plus gros projet depuis les débuts de l’entreprise, en 2008 ?

« Non, pas sur le plan technique, répond-il. Le plus gros, c’était dans le City Walk, à Dubaï : un quartier commercial de 85 700 m2. Mais il y a quelque chose d’unique avec la statue de la Liberté à cause du symbole qu’elle représente. C’est une icône connue dans le monde entier. Faire un projet pour la statue de la Liberté, c’est quand même magique. Ça résonne avec nos valeurs. »

Comment avez-vous obtenu ce contrat ?

« Par des clients avec lesquels on travaille depuis des années, indique-t-il. On a fait un premier projet avec eux pour eBay, à San Francisco. Et récemment, on a fait un centre commercial à Chicago. Un jour, ils nous ont dit : on a ce projet-là. Mais il a fallu qu’on fasse nos preuves. La concurrence est forte. »

Quel est votre rôle ?

« On va créer des expériences numériques qui seront intégrées dans l’environnement physique du musée », résume-t-il.

Flo4t, vous l’aurez compris, navigue dans les mêmes eaux que Moment Factory, autre entreprise montréalaise de divertissement multimédia. Elle se spécialise dans la conception et la réalisation d’environnements immersifs et interactifs. Son équipe, à Montréal, réunit des ingénieurs, des spécialistes en art numérique et en arts visuels, des vendeurs et des administrateurs. Une quinzaine de personnes, au total, auxquelles s’ajoutent des pigistes.

Flo4t compte autant d’hommes que de femmes. Un quasi-exploit pour une entreprise créée au départ par cinq gars, des ingénieurs en informatique qui se sont connus à Polytechnique.

« La diversité est importante. Nous avons un mélange équilibré de gars et de filles, d’extravertis et d’introvertis, de juniors et de séniors. »

Le musée, d’une facture très contemporaine, a été conçu par la firme d’architecture FXFOWLE. Il sera construit en béton et en verre au pied de La liberté éclairant le monde – nom officiel de la statue. Le musée actuel, de la taille d’un kiosque de souvenirs, se trouve à l’intérieur du monument.

Les visiteurs du nouveau musée pourront suivre un parcours divisé en trois parties. La première et la deuxième seront plus historiques : l’origine de la statue, son symbole, sa construction… Et la troisième sera plus interactive. « Les gens seront plus impliqués dans l’expérience », note Alexandre Simionescu.

Dans quelle partie intervenez-vous ?

« Dans les trois. Mais la troisième partie est plus exigeante pour nous. Des photos des visiteurs vont être projetées dans l’espace. Pour s’assurer que la photo n’est pas obscène, on va l’envoyer à l’intelligence artificielle (IA) de Google, qui va l’approuver si elle est correcte. La visualisation par intelligence artificielle est une technologie qui existe depuis plusieurs années, mais qui est beaucoup plus accessible qu’avant avec le déploiement de l’IA dans le nuage. On est capable aujourd’hui de reconnaître les gens, de savoir à quel groupe d’âge ils appartiennent, quel est leur sexe, et de récupérer ces données… »

Pour assurer son développement, Flo4t est aussi établie à New York, où Alexandre Simionescu habite depuis six ans. « Même si New York est proche de Montréal, il y a un avantage à être là-bas, assure-t-il. Ça fait une différence parce que les gens savent qu’ils peuvent t’appeler, puis aller prendre un café. Juste de savoir que t’es pas un fly-by-night, c’est important. »

Que signifie le nom Flo4t ?

« Float4 représente un type de variable qui est fréquemment utilisé en programmation dans notre domaine, indique le cofondateur. Float4 veut donc dire une série de quatre chiffres à virgule flottante et permet d’encoder l’information relative à un pixel. Nous avons besoin de quatre chiffres, car chaque pixel est représenté par des composantes rouge, verte et bleue. Le quatrième chiffre représente l’opacité du pixel en question. Un Float4, c’est un peu comme l’atome qui compose nos créations. »

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