Voyage

ANTICOSTI, PARADIS SAUVAGE

Forêts de conifères, rivières d’eau pure et rivages impressionnants rythment le séjour à l’île d’Anticosti, un endroit comme on n’en trouve nulle part ailleurs. Incommensurable, peu habitée et d’une beauté sauvage, la perle du Saint-Laurent attire les amateurs de chasse, de pêche, de randonnée et de quiétude.

Atteindre Anticosti

C’est l’amour des grands espaces qui attire les touristes à Anticosti ; des gens qui ont visité la plupart des régions du Québec et qui ont une curiosité pour cette île intrigante. L’immensité de ses 222 kilomètres étendus en plein milieu du golfe du Saint-Laurent (150 habitants pour… 16 fois l’île de Montréal  !), où l’on ne croise quasiment que de cerfs, nous fait sentir petits. L’île est aussi difficilement accessible : à moins d’embarquer sur un bateau-cargo depuis la Basse-Côte-Nord (à huit heures du continent), la plupart des touristes préfèrent l’avion et voyagent depuis Montréal, Québec ou Mont-Joli.

Un peu d’histoire

Baptisée Notiskuan — «  lieu où on chasse l’ours  » — par les Amérindiens, la plus grande île du Québec tient probablement son nom actuel du basque, ante costa, qui signifie « avant la côte ». Elle a été offerte en récompense à Louis Jolliet par le roi Louis XIV avant d’être achetée par Henri Meunier, célèbre chocolatier français. Le seul village de l’île, Port-Meunier, porte d’ailleurs son nom. À la mort de cet homme, Anticosti a cristallisé sa vocation de territoire de chasse sous différents propriétaires avant d’être rachetée en 1974 par le gouvernement du Québec. Aujourd’hui, on y dénombre quelques pourvoiries ainsi que le parc national d’Anticosti, qui occupe une petite partie de ce vaste territoire.

L’île aux chevreuils

Influencé par les courants froids du Labrador, Anticosti jouit d’un climat subboréal et d’une végétation dominée par l’épinette et le sapin baumier. Certaines espèces animalières y ont été introduites par Henri Meunier, notamment le cerf de Virginie. En l’absence de prédateurs, plus de 200 000 cerfs gambadent aujourd’hui sur les 7 980 kilomètres carrés que forme l’île, et ce, au grand plaisir des chasseurs. À Port-Meunier, les cerfs se laissent approcher, attirés par les distributeurs de maïs installés par la municipalité. Sur l’île, on peut également observer des renards, des lièvres, de gros saumons et des phoques qui se font dorer au soleil ; les plus chanceux auront de leur côté la chance d’apercevoir des orignaux et des baleines.

Marcher et taquiner le poisson

Une vingtaine de sentiers aménagés par la Sépaq sont accessibles dans le parc national, et divisés en cinq secteurs. Parmi les incontournables, mentionnons de nombreux canyons, de majestueux caps, la chute Vauréal (plus haute que les chutes du Niagara  !), la grotte à la Patate — qu’on explore muni d’un casque lumineux —, des épaves et de belles balades au vent, sur les côtes et les falaises.

Il est également possible de pêcher l’omble de fontaine dans l’un des nombreux lacs dont l’île est parsemée. Quant aux plus fortunés, ils auront le loisir de réserver une journée de pêche à la mouche sur la rivière Jupiter, un cours d’eau mythique où fraient les saumons.

Un séjour unique

À l’arrivée, la Sépaq attribue les véhicules utilitaires aux visiteurs, de gros camions 4 x 4 munis de pneus surdimensionnés pour circuler sur les routes non pavées avec protection accrue au pare-chocs en cas de collision avec les cerfs. Chaque camion est équipé d’un radio-émetteur permettant d’appeler au secours en cas de pépin, la connexion Internet ne fonctionnant qu’à quelques endroits.

Après avoir visité le village et son musée, fait des provisions puis flâné du côté de l’Anse-aux-Fraises ou de la Baie-Sainte-Claire, la plupart des visiteurs prennent la route pour gagner leur campement avant la tombée de la nuit. À noter : les distances sont longues à parcourir. La poussière dégagée par les camions confère une teinte grisâtre aux épinettes qui bordent la route principale.

Organiser son séjour

La Sépaq organise différents forfaits en formule plan européen ou en pension complète, avec hébergement en camping rustique, en chalet ou en auberge. À l’auberge, la nourriture est excellente, l’ambiance se veut chaleureuse et le confort se révèle parfaitement satisfaisant. On peut louer le nécessaire pour la pêche et se faire préparer un pique-nique avant de partir à l’aventure. On trouve également un gîte à Port-Meunier et une auberge de jeunesse à Baie-Sainte-Claire offrant un service de navette depuis Port-Meunier (avec location de vélos au village). Cela dit, sans voiture adaptée aux routes non pavées, il est difficile de profiter pleinement de tout ce que l’île a à offrir !

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