Échos de scène / En vedette

Lhasa, encore et toujours

Danse Lhasa danse
En tournée au Québec du 17 janvier au 27 février, et au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le 6 février avec Betty Bonifassi comme artiste invitée

Elle a marqué les esprits, et sa musique continue d’envoûter et de toucher. Disparue trop tôt, il y a 10 ans, Lhasa n’a pas été oubliée. Créé « dans l’urgence » en 2011, quelques mois après sa mort, le spectacle musical et dansé Danse Lhasa danse, idée originale du chorégraphe Pierre-Paul Savoie, reprend la route dès le 17 janvier dans une forme revisitée.

Ce qui ne devait être au départ qu’un hommage d’un soir a tellement touché le public qu’il est devenu un spectacle qui a tourné quelques années, présenté pour la dernière fois il y a environ cinq ans. Pour souligner le 10e anniversaire de la disparition de cette artiste unique, Danse Lhasa danse nous revient avec essentiellement la même équipe qu’à l’époque de sa création : les chanteurs Bïa, Alexandre Désilets, Geneviève Toupin et Karen Young, et des chorégraphies signées Myriam Allard, Hélène Blackburn et David Rancourt, dansées par les sept interprètes originaux, le tout sous la direction musicale de Frédéric Darveau. Pierre-Paul Savoie, qui n’avait pas eu le temps de le faire à l’époque, signe deux nouvelles chorégraphies dans cette nouvelle version. En tout, ce sont six nouvelles chorégraphies qui seront proposées, dont deux imaginées par des interprètes de la production, Sébastien Cossette-Masse et Roxane Duchesne-Roy.

« On s’était promis de le refaire, ce spectacle nous a tous envoûtés, et l’occasion était là », explique celui dont la compagnie PPS Danse célèbre son 30e anniversaire cette année. Le chorégraphe a néanmoins apporté des ajustements et changé des éléments afin d’atteindre, espère-t-il, une plus grande profondeur. « Je voulais un meilleur équilibre entre les disciplines, travailler davantage la mise en scène, amener du rythme. J’ai ajouté trois nouvelles chansons qui représentent le côté plus philosophique, voire mystique de Lhasa, dont l’œuvre résonne particulièrement pour moi ces temps-ci. Ce que Lhasa nous apprend à travers ces chansons, c’est comment apprendre à mourir, une émotion – et un tabou – universelle. Je voulais qu’on y retrouve son essence, son authenticité. »

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Création

De colons à bouffons

Bande de bouffons

Dans les Maisons de la culture de Montréal, du 17 janvier au 5 février, puis en tournée à Rouyn-Noranda

En 2017, 150e anniversaire du Canada, le philosophe Alain Deneault donnait dans le cadre du Festival TransAmériques une conférence intitulée Bande de colons, où il critiquait notamment le modèle politique canadien et son héritage colonial. L’auteur Jean-Philippe Lehoux et le metteur en scène Jacques Laroche ont puisé dans cette matière première pour l’apprêter à la sauce bouffonesque et ainsi créer un spectacle satirique baptisé Bande de bouffons. Jean-François Nadeau, Valérie Boutin et Catherine Larochelle, notamment, font partie de la distribution.

— Stéphanie Morin, La Presse

À Québec

Le sacré selon Wajdi Mouawad

Les mains d’Edwige au moment de la naissance

Au théâtre La Bordée, du 14 janvier au 8 février

L’une des premières pièces de Wajdi Mouawad (écrite en 1999, avant Littoral ou Incendies) met en scène Edwidge, jeune femme qui possède un don : de l’eau sort de ses mains lorsqu’elle prie. Ses parents veulent profiter du miracle pour s’enrichir, mais Edwige refuse de participer à ce cirque, préférant se battre pour sauvegarder ce qui, à ses yeux, est sacré. Le texte, où se déploie la langue riche de Mouawad, est repris au théâtre La Bordée, dans une mise en scène de Jocelyn Pelletier.

— Stéphanie Morin, La Presse

En anglais

Satan s’explique

Paradise Lost

Au théâtre Centaur, du 14 janvier au 9 février

Peu connue du public francophone, Lucy Peacock s’illustre depuis des années sur les planches du Canada anglophone. Dans un rôle écrit spécialement pour elle par Erin Shields, cette habituée du Festival de Stratford se glisse dans la peau (de serpent ?) de Satan. Inspirée du poème Paradise Lost de John Milton, la pièce suit la quête de Satan, qui désire remettre les pendules à l’heure à propos de son expulsion du paradis… À savoir : les représentations du 31 janvier et du 1er février sont surtitrées en français.

— Stéphanie Morin, La Presse

À Québec

Désobéir par le silence

Pour qu’il y ait un début à votre langue

Au Périscope, du 21 au 25 janvier

Le comédien, dramaturge et metteur en scène Steve Gagnon s’est inspiré de l’univers du romancier Sylvain Trudel pour ce spectacle, présenté à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier en avril dernier. On y retrouve Frédéric, mi-vingtaine, qui attend la mort dans le silence le plus complet. Il ne veut pas utiliser la langue, vide à ses yeux, des parents et grands-parents qui défilent à son chevet. Seuls le public et son infirmière ont droit à ses envolées vocales, véritables charges contre la société de consommation.

— Stéphanie Morin, La Presse

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