TRAVAILLEUR MORT ENSEVELI EN 2012

La Couronne réclame trois ans et demi de prison

« Mon père a été enterré vivant. J’ai voulu comprendre à m’en rendre malade ; on ne vit pas dans un pays du tiers-monde, nous sommes au Québec ! », s’indigne Karine Gallant Lévesque. Six ans plus tard, elle peine toujours à surmonter la mort de son père Gilles Lévesque, mort enseveli dans une tranchée non sécurisée par son patron.

Sylvain Fournier est devenu le premier entrepreneur au Québec reconnu coupable de l’homicide involontaire de son employé en mars dernier. Gilles Lévesque est mort enseveli au fond d’une tranchée par un tas de gravier posé trop près du bord dans l’arrondissement de Lachine, le 3 avril 2012. Son employeur n’avait pas sécurisé les parois du trou par un étançonnement, comme l’exige la Loi sur la santé et la sécurité du travail.

La Couronne a réclamé hier une peine de trois ans et demi de pénitencier pour Sylvain Fournier en raison de sa « responsabilité totale » dans la mort de son ouvrier de 55 ans. La procureure Me Sarah Laporte n’a trouvé qu’une seule jurisprudence similaire en Ontario. La défense a demandé au juge une peine de 90 jours de prison à purger de façon discontinue, assortie d’une probation de 3 ans et de 240 heures de travaux communautaires.

Gilles Lévesque était un homme « honnête, responsable et fiable », a confié sa fille aînée dans une lettre lue à la cour par l’enquêteuse. « Mon père, c’était un homme bon, un Gaspésien avec du cœur à l’ouvrage. Il respirait la joie de vivre et était toujours présent pour sa famille et ses amis », dépeint Karine Gallant Lévesque.

Quelques jours avant de trouver la mort, Gilles Lévesque était « fier comme un paon » d’annoncer à sa fille qu’il venait de s’inscrire à un cours pour obtenir ses cartes de compétence en construction. Il travaillait depuis des années pour Sylvain Fournier sans détenir ses cartes obligatoires.

« Il m’a appris que ça faisait deux fois qu’il se retrouvait à moitié enseveli jusqu’aux genoux, l’année précédente. C’était rendu trop dangereux », explique-t-elle dans sa lettre.

Choc post-traumatique

Cette mort brutale a bouleversé la vie de Karine Gallant Lévesque. Souffrant d’un choc post-traumatique, elle a mis une croix sur son métier d’éducatrice en garderie. « Trois ans de thérapie pour réapprendre à vivre, des cauchemars qui n’arrêteront jamais de me hanter, même réveillée. Des crises d’angoisse, crises d’anxiété sévère, tremblements, vomissements, trouble de la concentration », énumère la mère de deux enfants.

Depuis la mort de son père, Karine Gallant Lévesque se lève à 5 h pour reconduire sa mère au travail à l’autre bout de la ville, comme le faisait son père auparavant. « La seule fierté qui lui reste, c’est de travailler », conclut-elle.

Trois proches de Sylvain Fournier ont également témoigné, dont sa mère et sa sœur. Celle-ci a décrit un homme au « grand cœur » toujours prêt à aider les autres, dont ses anciens employés. « Ce qui le garde en vie, c’est son fils », confie-t-elle. « Son père, c’est son repère et son ancrage », ajoute-t-elle.

Montérégie

Un employé pris en flagrant délit de déversement

Un employé de l’entreprise Béton Mercier, située à Châteauguay, a été photographié en flagrant délit alors qu’il semble déverser une matière inconnue dans un fossé de la municipalité de Saint-Philippe, en Montérégie. La photo de l’incident qui serait survenu vendredi est devenue virale sur Facebook. L’entreprise a fait son mea culpa.

La photo publiée vendredi sur la page Facebook « Spotted : Saint-Philippe » montre un camion-toupie qui porte l’inscription « Béton Mercier » stationné en angle sur un terrain densément boisé. Un employé portant un casque rouge et un dossard de sécurité se tient debout sur la partie arrière du camion et regarde en direction de la goulotte de déversement. Il n’est pas possible de voir ce qui s’en échappe.

Les commentaires ont fusé sous la photo, et plusieurs internautes suggéraient à son auteur de faire une plainte à la municipalité ou au ministère de l’Environnement. Les représentants de l’entreprise affirment que la situation a été portée à leur attention à plusieurs reprises durant la fin de semaine. Sur sa page Facebook, Béton Mercier – une division de Ciment Québec – a réagi, dimanche après-midi.

Excuses

« Nous nous excusons pour ce geste isolé et sachez que le lieu a été rapidement nettoyé par notre équipe, a écrit l’entreprise. Nous réitérons que cet évènement ne reflète en rien nos politiques strictes envers le respect de l’environnement. En effet, nous sommes depuis longtemps commis aux plus hauts standards de notre industrie en ce domaine. […] Nous nous assurerons également que notre engagement envers la protection de l’environnement soit suivi par tous nos employés. »

Le vice-président des finances et de l’administration de Ciment Québec, François Proulx, a personnellement répondu à des internautes.

« … Avant de conclure à une mauvaise action à partir d’une image, on se doit de discuter de la situation avec l’employé et de comprendre les raisons de cette situation, a-t-il écrit. De plus, s’il y a eu une faute, l’entreprise prendra des mesures correctives, tant au niveau des ressources humaines qu’au niveau de corriger la situation sur le terrain, si nécessaire. »

Hier, des représentants de la municipalité et du ministère de l’Environnement se sont rendus sur les lieux du déversement, rue Richard, mais tous les déchets avaient été ramassés. « Nous sommes en contact avec la compagnie et également avec les ministères de l’Environnement du provincial et du fédéral », a assuré Marilou Robert, responsable des communications de la Ville de Saint-Philippe. « Effectivement, le site avait été nettoyé. Nous n’avons pas eu le rapport détaillé des inspections, mais le dossier va évoluer. Il est encore trop tôt pour dire si des mesures seront prises », a-t-elle ajouté. 

Mme Robert a précisé que, contrairement à ce qui était écrit dans la publication originale accompagnant la photo, il n’y avait aucune possibilité qu’une substance quelconque se retrouve dans un cours d’eau à proximité.

Juste pour rire

L’entreprise dévoile sa nouvelle politique contre le harcèlement

À deux jours du début des activités du festival Juste pour rire à Montréal, l’entreprise a dévoilé hier sa nouvelle politique contre le harcèlement pour les employés et est revenue sur le scandale d’inconduites sexuelles concernant le fondateur Gilbert Rozon.

Par communiqué, l’entreprise restructurée a dit soutenir les personnes qui se sont manifestées « courageusement ». Tout type de harcèlement est « inacceptable et n’a pas sa place dans notre entreprise, notre industrie et dans la société en général », a-t-elle déclaré.

L’entreprise se dit engagée à offrir un environnement de travail sain et respectueux pour tous les employés, artistes et partenaires d’affaires.

L’automne dernier, plusieurs femmes ont accusé Gilbert Rozon, qui était un actionnaire majoritaire, d’agression sexuelle et de harcèlement.

Gilbert Rozon s’est retiré à titre de président en octobre et a vendu ses actions dans l’entreprise Juste pour rire en réponse aux allégations, qu’il réfute et qui n’ont pas passé l’épreuve des tribunaux à ce jour.

En mars, l’entreprise montréalaise a été vendue à un groupe d’investisseurs dirigé par le comédien canadien Howie Mandel. Et le mois dernier, le directeur de l’exploitation Bruce Hills a été désigné président.

La nouvelle politique, qui est entrée en vigueur hier, s’applique à tous les employés de Juste pour rire, volets francophone et anglophone. Elle est plus simple et plus facile à comprendre que la précédente, qui était longue et complexe, a affirmé l’entreprise.

Nouveau comité pour gérer les plaintes

Elle inclura la formation d’un nouveau comité de quatre employés pour gérer les plaintes de harcèlement. Le comité sera composé de trois femmes qui se trouvent dans des postes de direction et d’un homme qui est le directeur des ressources humaines.

« Ce qu’il est important de souligner, c’est qu’une plainte peut être soumise à n’importe quel membre du comité », a indiqué Patricia Brissette, secrétaire générale pour Juste pour rire, dans une entrevue téléphonique hier.

Les membres du comité recevront une formation sur la manière de gérer une plainte d’un employé au début de la semaine prochaine, a-t-elle ajouté.

Tous les employés de Juste pour rire doivent adhérer à la nouvelle politique, et recevront une formation sur la prévention du harcèlement avant la fin de la semaine prochaine.

L’humoriste torontoise D.J. Mausner avait révélé récemment dans un article de Vice qu’elle refusait de participer au festival Juste pour rire cette année, déplorant des actions insuffisantes en réponse au scandale.

Dans une entrevue subséquente avec La Presse canadienne, D.J. Mausner a dit avoir refusé une prestation rémunérée et enregistrée au festival – obtenue en juillet dernier grâce au concours Homegrown Comics de Juste pour rire – après avoir appris les détails des allégations contre Gilbert Rozon remontant aux années 80.

spectacles à l’Amphithéâtre du parc Jean-Drapeau

Le président du C.A. veut se donner du temps avant de lancer les appels d’offres

Alors que l’administration Plante souhaite qu’il y ait des appels d’offres auprès de promoteurs de spectacles pour le nouvel amphithéâtre du parc Jean-Drapeau à partir de 2021, le nouveau président du C.A. de la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) veut se donner le temps d’étudier la question avant de trancher.

« Il est beaucoup trop tôt pour se prononcer. Peu importe ce que je pense, je n’ai pas eu la chance de rencontrer le C.A. ni la direction [de la SPJD]. […] Il serait mal venu d’arriver avec les manchettes dans les journaux. On va se donner la chance de rencontrer les gens intelligemment. C’est sûr que c’est un dossier que nous allons regarder, il capte l’attention des gens », dit Renaud Coulombe, un avocat, chef des affaires juridiques au Mouvement Desjardins qui a été nommé jeudi président du conseil d’administration de la SPJD par l’administration Plante.

M. Coulombe indique ne pas avoir discuté du dossier de l’après-bail du Groupe CH avec l’administration Plante. « Nous n’avons pas parlé de ce dossier-là, et je ne sais pas si ç’aurait été approprié [d’en parler avant la nomination] », dit-il en entrevue à La Presse.

Le Groupe CH a un bail jusqu’en 2020 qui lui donne un « droit de regard » sur les autres spectacles de musique internationale à l’amphithéâtre du parc Jean-Drapeau. Le Groupe CH a payé 1,3 million de dollars en loyer en 2017 pour présenter ses spectacles et ses festivals de musique au parc Jean-Drapeau. Aucun autre promoteur n’a présenté des spectacles de ce type au parc Jean-Drapeau depuis 10 ans, si bien que la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a demandé en mai dernier à la SPJD d’« enclencher un processus transparent pour solliciter ouvertement le marché » auprès de promoteurs en 2021, à l’expiration du bail du Groupe CH. L’administration Plante avait ajouté que « le conseil d’administration [de la SPJD] est d’ailleurs tout à fait d’accord avec cette vision », mais la SPJD n’avait pas commenté ni confirmé cette affirmation.

Nouveaux membres au C.A.

L’administration Plante a nommé jeudi quatre nouveaux membres au C.A. de la SPJD. Outre M. Coulombe – ancien associé chez Ogilvy Renault spécialiste en droit des affaires, qui est l’avocat en chef du Mouvement Desjardins depuis 2009 –, l’environnementaliste Karel Mayrand (directeur général de la Fondation David Suzuki), le banquier Claude Michaud (DNA Capital) et l’architecte paysagiste Pierre Bouchard (ex-directeur du Service des grands parcs à la Ville de Montréal) siégeront au conseil d’administration de la SPJD. Le conseil d’administration compte maintenant neuf membres.

La SPJD travaille actuellement à l’élaboration d’un plan directeur de 10 ans sur l’avenir du parc Jean-Drapeau. Des consultations pilotées par l’Office de consultation publique de Montréal auront lieu. « L’objectif premier est de proposer une orientation intelligente, dit le président du C.A. Renaud Coulombe. Le parc doit appartenir aux citoyens, aux résidants, et nous allons avoir l’occasion de convenir d’une stratégie et d’une orientation intelligentes. Nous avons comme mandat de digérer les commentaires de la population et d’en faire une synthèse. Le parc Jean-Drapeau est un actif absolument magnifique, et une vitrine pour Montréal et le Québec. »

Actualités

Pas de troisième mandat pour Hélène Laverdière

La députée néo-démocrate Hélène Laverdière ne sollicitera pas un troisième mandat aux prochaines élections fédérales. À 64 ans, elle juge qu’il sera temps de passer le flambeau. La députée de Laurier–Sainte-Marie avait battu le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe en 2011, puis en 2015. En entrevue à La Presse canadienne, la porte-parole du NPD en matière d’affaires étrangères a réitéré son appui à son chef, Jagmeet Singh, alors que le soutien à son parti a décliné lors des trois plus récentes élections complémentaires tenues au Québec. « Je suis convaincue que plus les gens vont le connaître, plus ils vont l’apprécier », a-t-elle assuré. — La Presse canadienne

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La canicule aurait fait jusqu'à 70 morts au Québec

La plus récente vague de chaleur extrême pourrait avoir fait jusqu’à 70 victimes au Québec, selon le dernier bilan transmis par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Ces données indiquent des décès « potentiellement » liés à la chaleur, car une analyse plus approfondie doit être menée dans chaque cas pour déterminer si d’autres facteurs pourraient avoir causé la mort. La région de Montréal a été la plus durement touchée, avec 34 cas rapportés. En périphérie de la métropole, on a recensé neuf décès en Montérégie, cinq à Laval, un dans les Laurentides et un dans Lanaudière. Ailleurs au Québec, neuf victimes de la chaleur ont été comptabilisées en Estrie, contre huit en Mauricie et trois dans la région de la Capitale-Nationale. Selon l’attachée de presse de la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois, il s’agit du dernier bilan que diffuse le ministère puisque « la situation est revenue à la normale ». — La Presse canadienne

Actualités

De l’alcool à 94 % saisi dans le Grand Nord

La police a saisi plusieurs litres d’alcool à 94 % destinés à être vendus illégalement dans le Grand Nord du Québec au début du mois de juillet, ont annoncé les autorités par communiqué. Six outres de plastique contenant chacune 4 L d’alcool presque pur ont été confisquées, ainsi que 46 bouteilles de 26 onces de vodka chacune. La police évoque « une grande quantité d’alcool ». « Des accusations ont été portées contre deux personnes », a indiqué le Corps de police régional Kativik (CPRK) dans un communiqué. L’opération policière s’est produite à Akulivik, un village d’environ 650 habitants situé à plus de 1700 kilomètres au nord de Montréal.

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Rectificatif

Solenne Brouard Gaillot

Dans notre texte sur la Personnalité de la semaine Solenne Brouard Gaillot, publié dimanche, il aurait fallu lire que la ronde de financement de 11 millions de l’entreprise Polystyvert rassemblait les investisseurs Quadriam, Energy Foundry, Transition énergétique Québec, Anges Québec, Anges Québec Capital et Cycle Capital Management. Polystyvert a aussi reçu du financement et un soutien de Technologies du développement durable Canada. Nos excuses.

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