Élections provinciales 2018  Outaouais

100 villes 100 voix

Les Québécois éliront un nouveau gouvernement le 1er octobre prochain. D’ici là, La Presse a voulu sonder l’état d’esprit des électeurs. Nos journalistes et nos photographes ont été à leur rencontre dans 100 villes différentes dans toutes les régions du Québec. Découvrez ce que les électeurs ont à dire.

Montérégie (est)

Revitaliser le garde-manger du Québec

C’est le garde-manger du Québec.

Ici, l’agriculture rythme le quotidien de bien des gens.

« On ne pense pas comme vous autres, en ville », lance Christian Jodoin du haut de son escabeau, alors qu’il s’affaire à « éclaircir » ses pommiers avec sa femme et leur fils, un exercice visant à enlever les pommes naissantes superflues afin de laisser les autres croître pleinement.

Le travail ne peut pas attendre. Et les soubresauts de la météo sont souvent source d’angoisse.

« Le pire qui peut arriver, c’est une grêle », évoque l’homme de 56 ans.

Même brève, elle peut gâcher la récolte entière. Et au lieu de prendre le chemin des épiceries et des marchés, ses pommes iront alors « au jus », ce qui est bien entendu moins payant.

Sise au cœur des riches terres arables de la vallée du Saint-Laurent, jouissant d’un climat avantageux, la Montérégie est la première région québécoise en matière de pomiculture, de production maraîchère et de viticulture.

C'est là qu'on élève le plus de poulets et de porcs au Québec, tout comme on produit le plus de lait.

Cette forte production alimentaire se retrouve particulièrement dans la portion est de la région, plus rurale, que dans sa portion ouest, en banlieue de Montréal, plus urbanisée.

Pas étonnant, donc, que la Montérégie, qui dispose également d’un fort secteur manufacturier, arrive au premier rang pour le nombre d’emplois dans le secteur de la fabrication de produits de consommation, avec un taux de 14,3 % contre 11,7 % pour l’ensemble du Québec.

Et c’est le Québec qui est « la principale destination » de ces biens, relève le plus récent portrait régional du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, rédigé par l’économiste Pascal Beaulieu.

On ne chôme pas, en Montérégie, donc. Au propre comme au figuré.

Depuis 1987, le taux de chômage a systématiquement été plus faible en Montérégie que dans l’ensemble du Québec, à l’exception de l’année 1993.

L’an dernier, il était de 4,6 % en Montérégie, contre 6,1 % au Québec.

Revitaliser les petits milieux

Pourtant, faire des affaires n’y est pas facile.

Car la Montérégie détient une autre première place : celle des terres les plus coûteuses du Québec.

À plus de 15 000 $ l’acre, selon le plus récent rapport de Financement agricole Canada, les terres montérégiennes figurent même parmi les plus chères de l’est du Canada avec celles du sud de l’Ontario.

Il faut « donner les moyens aux gens qui veulent entreprendre à des endroits qui sont loin des grands pôles », plaide Marion Allano, rencontrée au Centre hospitalier universitaire vétérinaire, à Saint-Hyacinthe, où elle travaille.

La médecin vétérinaire française de 35 ans, qui a élu domicile à Saint-Hugues, un village de 1244 habitants en aval sur la rivière Yamaska, croit qu’il faut « revitaliser les endroits qui sont moins populeux, mais qui ont tous leur spécificité, leur richesse ».

« On manque de main-d’œuvre, on manque de gens pour travailler dans les endroits moins habités », déplore la mère de famille.

D’ailleurs, les services publics occupent une place moins importante en Montérégie que dans l’ensemble du Québec, relève le portrait régional du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

À Waterloo, « le CHSLD a failli fermer ! », s’exclame Virginie Fortin, qui se préoccupe également de la dévitalisation des petits milieux de vie.

La jeune femme de 25 ans, qui a récemment fait un retour aux études après quelques années à bourlinguer, exprime aussi le souhait que les gens « soient plus sensibilisés à l’achat local ».

Elle est bien placée pour en comprendre l’impact : elle possède avec son père et sa sœur le Bière ô Loo, un pub chaleureux où les microbrasseries québécoises sont à l’honneur, à l’opposé des habituels bars de village où l’on trouve bières industrielles et machines à sous.

« Si les gens viennent ici au lieu d’aller [dans une plus grande ville], ça a vraiment un impact direct, dit-elle. C’est comme ça pour tous les petits commerces. »

Gilles Guay, lui, rêve de voir se développer une offre culturelle digne de ce nom à Bromont, où il s’est établi pour être près de ses enfants et de ses petits-enfants.

« Ici, actuellement, il n’y en a pas vraiment, d’offre culturelle, déplore l’homme de 75 ans. C’est une ville d’activités sportives, de restaurants, mais il n’y a pas d’équipement culturel. »

Les bottines ne suivent pas les babines

L’état des finances publiques inquiète grandement Gilles Guay, qui reproche aux élus de ne pas s’attaquer convenablement à l’endettement du Québec.

« Le gouvernement libéral a essayé de le faire, mais à mon avis, il l’a mal fait en coupant à des places où il ne fallait pas couper », déplore-t-il, en se disant très déçu par le « manque de vision » du premier ministre Philippe Couillard, pour qui il avait voté.

Ses propos trouvent écho chez ses concitoyens de la Montérégie, nombreux à s’inquiéter par exemple du sort réservé aux infirmières et aux enseignants.

« Subir les coupes et nous demander de toujours être plus performantes avec moins, je trouve ça difficile », explique Nancy Lavallée, infirmière de Saint-Hyacinthe.

La femme de 38 ans est d’ailleurs en train de changer de carrière ; après la mort de son père, en décembre dernier, elle est venue épauler sa sœur dans l’entreprise familiale, qui fait du transbordement et de l’entreposage de produits agricoles à Upton.

Des salles d’accouchement aux entrepôts à grains, il y a tout un monde.

« La semaine passée, je magasinais des bearings, mais je ne sais pas c’est quoi, moi, des bearings ! », lance-t-elle en s’esclaffant.

Elle reproche aux élus que leurs « belles paroles » en matière de santé et d’éducation ne soient pas suivies d’actions.

« Je ne comprends pas qu’on ne soit pas capables d’offrir plus d’orthopédagogues, je ne comprends pas qu’à Montréal, il y ait encore des écoles avec de l’amiante et des moisissures », illustre-t-elle.

« On dirait que les bottines ne suivent pas les babines. »

Gilles Guay

Bromont, 75 ans, homme d’affaires

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

C’est l’état des finances publiques. L’endettement qu’on a tant au fédéral qu’au provincial et au municipal. Ma génération, on est probablement capables de payer nos affaires, mais nos enfants et nos petits-enfants vont se réveiller avec des revenus probablement moindres, avec une dette qui va être démesurée, alors ça affecte le futur de mes petits-enfants et ça me fait suer.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

J’ai un petit-fils [de 18 ans] qui vit un problème d’anxiété majeure, profonde, et il s’est pris en mains. Chacune de ses victoires, ça m’allume. Il s’est vraiment pris en mains. Quand on ne connaît pas ça, on n’a pas idée de la souffrance qu’ils ont, mais c’est majeur.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

C’est encore dans le domaine politique ; tout le monde reste accroché à l’image d’un politicien et non sur la substance qu’il a à offrir. Ça me met hors de moi. Justin Trudeau, c’est l’exemple parfait de ça : il a une image, mais pas de substance.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

La seule personne, peut-être, que je pourrais dire qu’elle m’a marqué, ç’a été Mandela, parce qu’il a fait beaucoup pour son peuple. Ça m’a fait de quoi, parce que c’est un gars qui a apporté beaucoup pour l’Afrique du Sud. Et qui a vécu une vie maudite.

Si vous pouviez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Je retournerais vivre à Montréal ; je suis un gars de ville. Je demeure à Bromont parce que mes enfants sont ici. Ici, l’aspect culturel n’existe pas vraiment. Tu veux aller voir un spectacle, faut que tu ailles à Montréal. Tu veux aller voir un bon film, faut que tu ailles à Montréal…

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

Ce serait de développer une offre culturelle pour la région. Ici, actuellement, il n’y en a pas vraiment, d’offre culturelle. C’est une ville d’activités sportives, de restaurants, mais il n’y a pas d’équipement culturel.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Ce serait certainement politique. On est un peuple qui a un peu de difficulté à reconnaître notre capacité à réaliser des choses. Notre tempérament de Latins est toujours un atout, mais on ne capitalise pas là-dessus. C’est à nos leaders de nous amener à le faire.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Aucun ; je ne suis pas sur Facebook. J’aime mieux prendre le téléphone.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

J’aimerais encore être actif du point de vue des affaires, avec mon gendre. J’aimerais pouvoir encore voyager, visiter et apprendre des choses. Mais j’aimerais surtout avoir la chance d’être lucide et en santé.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Je dirais que c’est être différent. C’est-à-dire pouvoir percevoir la vie avec ouverture, d’en retirer le maximum pour pouvoir le partager avec les autres. J’essaie de le faire dans ma famille ; mes enfants semblent faire la même chose. C’est ça qui fera une nation très forte. On a fait un grand pas depuis 40 ou 50 ans, mais je pense qu’il y encore beaucoup de choses à accomplir.

Faites un vœu…

Que mon petit-fils guérisse. Et que mes petits-enfants, qui sont dans la bonne direction, qui ont des ambitions, des projets, des objectifs, les réussissent.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

C’est très relatif, une somme importante, mais admettons qu’on gagne le gros lot de 60 millions, je favoriserais ma famille, évidemment, mais je ferais une fiducie pour développer les arts. Je vois que plein d’artistes crèvent littéralement. Si j’avais de l’argent, ce serait là-dedans que je me dirigerais.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

C’est un outil de travail, donc c’est positif quand c’est bien utilisé.

Ordinateur

C’est très positif dans l’ensemble, pour développer nos connaissances, pour améliorer ses rendements.

Carte de crédit

Négatif, parce qu’on est rarement préparés à utiliser ça intelligemment, ça fait beaucoup plus de mal que de bien.

Télévision

C’est une invention positive, ça a donné accès aux gens à plein de choses, mais je ne regarde pas, sauf pour les nouvelles.

Bouteille de bière ou de vin

Je ne bois pas beaucoup, mais j’aime un bon vin, donc positif.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

Probablement celle de Kennedy : ne pas se demander ce que ton pays peut faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton pays. Mais il y a peu de chances que je sois élu ; je suis un peu carré dans mes réactions et en politique, c’est très mauvais. On accuse les politiciens de mentir, mais c’est parce qu’on ne veut pas entendre ce qu’ils disent.

Virginie Fortin

Waterloo, 25 ans, étudiante

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

L’environnement. On est sur un boost écologique minimaliste au bar : on fait du compost, on ne sert plus de pailles en plastique. Il y a tellement d’habitudes qui sont faciles à changer, il faut juste y penser. Il y a tellement de choix qu’on fait à l’aveugle, par automatisme.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Mon chum. Je lui ai envoyé une carte postale d’Allemagne, où j’apprenais l’allemand. Il a essayé de la lire. On a tellement ri.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

La rencontre de Trump avec Kim Jong-un, alors que je venais de visiter le camp de concentration de Dachau, ça m’a vraiment bouleversée. La vue de la photo de Trump avec Kim Jong-un, ça m’a remise en question, ça m’a fâchée, ça m’a fait peur, aussi.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Leonard Cohen. J’ai appris à le connaître au moment de sa mort. Je ne le connaissais pas du tout et en lisant sur lui, selon la façon dont les gens en parlaient, j’ai réalisé que c’est vrai que c’était un gros morceau.

Si vous pouviez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

Un petit village, c’est sûr. Ou une petite ville au bord de l’eau, comme en Gaspésie.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

J’aimerais que les gens soient plus sensibilisés à l’achat local. Si les gens pouvaient consommer davantage dans les petites places, par exemple dans les petits cafés au lieu des Tim Hortons. J’aimerais que le monde soit plus sensible à ça. Un petit sentiment de solidarité.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Tout ce qui touche les emplois d’enseignants et d’infirmières, entre autres en CHSLD, les heures supplémentaires. J’en côtoie tellement qui sont épuisés. Ce sont des emplois qui doivent être valorisés, ils sont un peu laissés à eux-mêmes. C’est une vocation, ce travail-là, mais ils ne sont pas bien soutenus.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Une machine à jus ! C’est une amie qui déménage bientôt et qui vendait des trucs. Je ne partage pas beaucoup de choses sur Facebook.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Diplômée en traduction, je l’espère ! À travailler [dans ce domaine]. Avec peut-être un enfant en route. Et encore copropriétaire [du bar] avec peut-être un quart de travail par semaine, parce que j’aime vraiment ça.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Quand tu t’identifies au Québec, sans nécessairement être né ici. Quand tu aimes la culture québécoise en général. Parce qu’il y en a qui sont nés au Québec, mais qui ne consomment pas la culture québécoise. Avoir un intérêt envers le français et la culture québécoise. S’identifier à ça.

Faites un vœu…

On élimine le plastique ! Le plastique inutile. Au moins les sacs de plastique, ça se fait. Au Rwanda, ils l’ont fait, câline, il n’y a plus de sacs de plastique !

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je ne le dirais pas ! Je profiterais de mon temps pour faire du bénévolat. Le fait de ne plus avoir besoin de travailler, j’utiliserais mon temps à autre chose. Donner, voyager, aussi. Et j’achèterais une Tesla.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Positif.

Ordinateur

Positif, car ça signifie que j’écris.

Carte de crédit

Je n’utilise même pas la mienne, sauf pour payer un billet d’avion.

Télévision

Négatif, je n’ai pas le temps de la regarder, j’ai tellement de choses à faire.

Bouteille de bière ou de vin

Positif, car ça veut dire que je suis bien entourée.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

Je n’aimerais pas ça ! Je dirais qu’on va maintenant gérer le Québec comme une famille et non comme une entreprise.

Marion Allano

Saint-Hugues, 35 ans, Médecin vétérinaire

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

Mon emploi. Je suis présentement en remplacement, donc c’est une situation temporaire, alors pour l’instant, je n’ai pas vraiment de vision à long terme. Construire la famille, s’établir, acheter une maison avec un emploi qui peut prendre fin possiblement, c’est préoccupant.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Mon fils, ce matin. Parce que je l’aime, il est adorable.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

La problématique des migrants sur l’Aquarius, en Europe, qui ont été renvoyés comme des poupées de chiffon d’un pays à un autre.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Pierre Bellemare. C’était un des premiers à animer des télé-achats [en France], avec une demoiselle, pour présenter des articles un peu douteux à nous vendre, mais c’était un super bon romancier, un conteur, il contait des histoires ensuite, à la télé, c’était une personnalité attachante.

Si vous pouviez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Québec. J’adore cette ville. C’est comme si c’était une ville un peu magique. On a l’impression, ce n’est pas vrai, mais que les gens ne travaillent pas vraiment, que la vie est belle. C’est moins plat qu’ici en Montérégie, c’est boisé de façon différente. Puis le Vieux-Québec, c’est adorable.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

Reparler du réseau routier. Il y a des chemins et des routes qui sont un peu laissés à l’abandon, personne ne veut prendre la charge de les réasphalter. C’est sûr qu’elles ont la vie dure, avec le temps, et il y a beaucoup de camions, les citernes de lait, les camions de moulée et tout, donc ça fait de la circulation.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Mettre l’accent sur revitaliser les endroits qui sont moins populeux, mais qui ont tous leur spécificité, leur richesse. Donner les moyens aux gens qui veulent entreprendre à des endroits qui sont loin des grands pôles, mais ça nécessite que les infrastructures suivent un peu. On manque de main-d’œuvre, on manque de gens pour travailler dans les endroits moins habités.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Je ne suis pas du tout active sur Facebook. Je ne supprime pas mon compte parce que je suis en contact avec des gens que je vois extrêmement rarement, mais je ne partage absolument rien.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

J’espère au même endroit. Je me plais bien.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Tomber amoureuse d’un Québécois et du Québec.

Faites un vœu…

Continuer comme ça. Je suis très chanceuse : j’aime mon métier, j’aime mon mari, j’ai des enfants qui sont en bonne santé.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je bâtirais une écurie à la maison. J’en mettrais de côté pour mes enfants. Et probablement que j’en donnerais une partie. Mais ça, ça va bien quand on n’en a pas, mais quand il arrive vraiment, j’aurais peut-être des réponses différentes.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Positif.

Ordinateur

Positif.

Carte de crédit

Utile.

Télévision

Positif, c’est quand même un œil sur des choses qu’on ne voit pas.

Bouteille de bière ou de vin

Positif.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

Mes chers compatriotes, je suis honorée d’être à ce poste et je vais faire mon maximum dans l’intérêt de tous.

Nancy Lavallée

Saint-Hyacinthe, 38 ans, infirmière

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

C’est de bien performer dans mon travail. C’est niaiseux, mais je suis nouvelle ici et je veux montrer à ma sœur [et partenaire d’affaires] que je suis capable. Parce qu’à l’hôpital, je suis une référence, le monde vient me voir, mais ici, je ne connais rien. Je recommence. Ça m’empêche de dormir.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Un party entre amis en fin de semaine. Juste pour le plaisir de se voir.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Les relations avec mon ex-conjoint. Ce n’est pas toujours facile… J’espère qu’il ne lit pas La Presse !

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Mon père. Tu parles de Jean Lavallée dans la région ou dans le domaine du maïs, mon père est connu. Je le savais qu’il était connu et apprécié, mais quand j’ai vu qu’[au salon funéraire], ça attendait une heure et demie dehors avant d’entrer, c’est là que j’en ai pris pleinement connaissance. Ici, c’était une personnalité publique.

Si vous pouviez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce et pourquoi ?

Montréal, c’est sûr que non. En campagne pas trop éloignée, avec une petite ferme, une petite rivière.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

L’organisation du réseau de la santé. Pour le vivre depuis qu’ils ont fait les CISSS et les CIUSSS, ce n’est pas évident d’être une infirmière au bout de la ligne. Subir les coupes et nous demander de toujours être plus performantes avec moins… Je trouve ça difficile.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Dans les CPE, en santé, en éducation, il y a de bien belles paroles, mais il n’y a rien qui se fait. Je ne comprends pas qu’on ne soit pas capables d’offrir plus d’orthopédagogues, je ne comprends pas qu’à Montréal, il y ait encore des écoles avec de l’amiante et des moisissures. Je ne comprends pas qu’en 2018, on soit encore là.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Veux-tu le voir ? C’est mon fils qui saute de la trampoline dans la piscine ! Il fait 6 pieds 1, il se donne une grande swing, puis il y va.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Ici, confiante, avec une entreprise qui grossit et qui va bien.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

De ne pas avoir peur de s’affirmer, croire en ses valeurs et les défendre. C’est l’authenticité. C’est la langue française.

Faites un vœu…

Je veux que ma famille soit en santé et finir mon bac au plus sacrant !

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je me gâterais, oui, mais j’investirais beaucoup ici pour réaliser nos projets.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Positif, mais on y passe trop de temps.

Ordinateur

Positif.

Carte de crédit

Négatif.

Télévision

Positif à petites doses.

Bouteille de bière ou de vin

Positif.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

Je suis là pour vous, vous m’avez élue parce que vous avez aimé mes idées, je veux transmettre votre message. Au fond, je suis juste un vecteur pour transmettre votre message et m’assurer que les choses soient faites. Moi, les bottines vont suivre les babines !

Christian Jodoin

Rougemont, 56 ans, Pomiculteur

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

C’est le travail quotidien. De terminer le travail à temps.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Je suis toujours de bonne humeur ! Cette nuit, il a plu, tout est parfait, tout est sous contrôle. Le pire qui peut arriver, c’est une grêle. Ce matin, j’écoutais la météo, ils annoncent peut-être des périodes de grêle. Ça c’est stressant. À part de ça, ça va. Parce que 30 secondes de grêle, c’est fini, [la récolte est gâchée].

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Le G7. Tu peux mettre ton argent ailleurs que là, tabarnouche. Tous les policiers… tout l’argent dépensé pour si peu.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Jean Lapierre. Parce qu’il était aimé, ce gars-là. C’était un gars du peuple. On l’écoutait, on avait confiance en ce gars-là.

Si vous pouviez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

Saint-Joseph-de-Mékinac. C’est LA place : tranquille, l’eau, les lacs sont beaux, c’est magnifique.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

J’avoue qu’ici, à Rougemont, c’est bien. On connaît tout le monde, c’est un petit village parfait. Je n’ai rien à reprocher.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Offrir une aide accrue aux jeunes qui débutent en agriculture. Ce n’est vraiment pas facile ; ce n’est pas faisable, même.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Des photos de pêche.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

À la retraite. Ou plutôt semi-retraite. Je ne veux pas arrêter.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Une occasion. On est chanceux. Tous les espaces verts qu’on a, c’est incroyable. C’est grand, le Québec, c’est un immense terrain de jeu pour la chasse, la pêche, l’agriculture.

Faites un vœu…

La santé.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Gâter les enfants et les petits-enfants et m’installer les deux pieds dans l’eau, au bout d’un quai.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Positif.

Ordinateur

Positif.

Carte de crédit

Plus ou moins.

Télévision

Oui, ça prend ça, pour savoir ce qui se passe.

Bouteille de bière ou de vin

Pas nécessaire.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

Enfin, ça va marcher droit !

Montérégie (Est)

Ce qu’il faut savoir

1 550 534 habitants*
18,5 % de la population québécoise (2017)
*Chiffres pour l’ensemble de la Montérégie

La Montérégie est une des très grandes régions du Québec. Son territoire comprend 15 MRC regroupant 177 municipalités. On y trouve aussi deux réserves amérindiennes de la nation mohawk : Kahnawake et Akwesasne. Après Montréal, c’est la région la plus populeuse avec 1,5 million d’habitants (18,5 % de la population). Depuis 30 ans, elle connaît l’une des meilleures croissances démographiques de la province.

Taux de chômage

4,6 %

contre 6,1 % pour le Québec (2017)

PIB/habitant*

34 812 $

contre 42 507 $ pour le Québec (2015)

*Niveau d’activité économique par habitant. Le produit intérieur brut (PIB) comptabilise les biens et services produits (à l’intérieur de la région, dans ce cas).

Revenu disp./hab.*

28 738 $

contre 27 723 $ pour le Québec (2016)

*Part du revenu qui reste à la disposition des particuliers pour la consommation et l’épargne, après impôts, cotisations, etc.

Répartition de la population par groupe d’âge (2016)

0-19 ans : 21,7 %

contre 20,6 % pour le Québec

20-64 ans : 60,6 %

contre 61,3 % 

65 ans et plus : 17,7 %

contre 18,1 %

Scolarité (2016)

Sans diplôme : 13,2 %

contre 13,3 % pour le Québec

Universitaire : 26,7 %

contre 29,4 %

Économie

Pour la Montérégie dans son ensemble : première transformation des métaux, fabrication de produits chimiques, fabrication d’aliments, cultures agricoles et élevage, fabrication de matériel, d’appareils et de composants électriques. En 2015, son indice de développement économique a surpassé celui de la province, alors qu’historiquement, il se trouvait dans la moyenne. Comme partout au Québec, le secteur des services constitue le principal moteur de la région, en employant 75 % de la main-d’œuvre. Cela dit, sa structure économique est aussi fortement tournée vers le secteur secondaire (fabrication et construction). Elle arrive d’ailleurs en tête pour le nombre d’emplois dans le secteur de la fabrication, avec 115 700, devant Montréal.

Agriculture

La Montérégie est avantagée en raison du climat favorable du sud du Québec et de la qualité de ses sols. Elle se classe au premier rang provincial pour la production de poulet, de porc et de lait. Elle détient aussi la première place dans les productions légumières, pomicoles, viticoles et en serre.

Les MRC de l’est de la Montérégie-Est

La Vallée-du-Richelieu

Beloeil, Mont-Saint-Hilaire, Chambly, Carignan

124 782 habitants

Revenu disp./hab. : 31 783 $ (2015)

Haut-Richelieu

Noyan, Lacolle, Saint-Jean-sur-Richelieu, Mont-Saint-Grégoire

118 068 habitants

Revenu disp./hab. : 26 617 $ (2015)

La Haute-Yamaska

Granby, Roxton Pond, Shefford, Waterloo

89 541 habitants

Revenu disp./hab. : 25 366 $ (2015)

Les Maskoutains

Saint-Hyacinthe, La Présentation, Saint-Damase

87 666 habitants

Revenu disp./hab. : 25 987 $ (2015)

Marguerite-d’Youville

Varennes, Verchères, Contrecoeur

78 475 habitants

Revenu disp./hab. : 29 779 $ (2015)

Brome-Missisquoi

Bedford, Bromont, Farnham, Cowansville, Sutton

58 608 habitants

Revenu disp./hab. : 28 832 $ (2015)

Pierre-de Saurel

Sorel-Tracy, Yamaska, Sainte-Anne-de-Sorel, Saint-Roch-de-Richelieu

51 216 habitants

Revenu disp./hab. : 25 543 $ (2015)

Rouville

Marieville, Richelieu, Rougemont, Saint-Césaire, Saint-Paul-d’Abbotsford

36 981 habitants

Revenu disp./hab. : 26 609 $ (2015)

Acton

Acton Vale, Roxton Falls, Upton

15 560 habitants

Revenu disp./hab. : 23 280 $ (2015)

Principales villes Montérégie-Est (2016)

Saint-Jean-sur-Richelieu : 95 468 habitants, 11e rang au Québec

Granby : 67 666, 16e

Saint-Hyacinthe : 55 384, 18e

À l’Assemblée nationale (2014)

Verchères

Stéphane Bergeron PQ

Majorité : 5307

Taux de participation : 77,0 %

Granby

François BonNardel CAQ

Majorité : 10 811

Taux de participation : 69,5 %

Borduas

Simon Jolin-Barrette CAQ

Majorité : 99

Taux de participation : 76,8 %

Brome-Missisquoi

Pierre Paradis Ind. (PLQ)

Majorité : 6754

Taux de participation : 73,1 %

Chambly

Jean-François Roberge CAQ

Majorité : 408

Taux de participation : 76,6 %

Richelieu

Sylvain Rochon PQ

Majorité : 710 (2015)

Taux de participation : 46,4 %

Iberville

Claire Samson CAQ

Majorité : 886

Taux de participation : 71,0 %

Saint-Hyacinthe

Chantal Soucy CAQ

Majorité : 1222

Taux de participation : 71,6 %

Saint-Jean

Dave Turcotte PQ

Majorité : 563

Taux de participation : 71,7 %

Sources

Le Québec chiffres en main, Institut de la statistique du Québec, 2018

Panorama des régions du Québec, édition 2017, ISQ

Portrait régional, Montérégie, hiver 2018, ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Québec

Portail du Québec/Montérégie

Région administrative Montérégie, Études régionales, avril 2017, Desjardins

Élections Québec

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