George H.W. Bush  en 10 grandes dates

12 juin 1924

George Herbert Walker Bush naît à Milton, dans le Massachusetts.

1942 Il s’engage dans l’US Navy, dont il est le plus jeune pilote. Il est démobilisé en 1944.

1945 Il épouse Barbara Pierce. Ils auront six enfants : George Walker, qui sera lui aussi président des États-Unis, Robin (mort à l’âge de 3 ans), John, surnommé Jeb et futur gouverneur de Floride, puis candidat malheureux aux primaires républicaines de 2016, Neil, Marvin et Dorothy.

1953 Il fonde la Zapata Petroleum Company au Texas, où il fait fortune.

1967-1971 Élu pour le Texas à la Chambre des représentants des États-Unis (Parti républicain)

1971-1973 Ambassadeur des États-Unis à l’ONU

1976-1977 Directeur de la CIA

1981-1989 Vice-président des États-Unis, sous Ronald Reagan. Il avait été son adversaire aux primaires républicaines de 1980.

1989-1993 41e président des États-Unis. En août 1990, après l’invasion du Koweït par l’Irak, il prend la tête de la coalition internationale qui conduit à la libération du Koweït en février 1991, à l’issue de l’opération éclair Tempête du désert.

1992 Candidat à sa réélection pour un second mandat, il est battu par Bill Clinton, officiellement investi le 20 janvier 1993.

ÉTATS-UNIS

L’Amérique prépare son hommage à George H.W. Bush

WASHINGTON — Les États-Unis préparaient hier les cérémonies nationales en l’honneur de George Herbert Walker Bush, 41e président du pays (1989-1993), dont la mémoire était saluée des deux côtés de l’Atlantique.

Le président Donald Trump participera bien aux obsèques, a annoncé la Maison-Blanche hier. Cette participation est notable en raison de l’incident provoqué par l’une des dernières volontés de l’ancien sénateur républicain John McCain, qui avait expressément demandé à l’occupant du bureau Ovale de ne pas venir aux siennes.

M. Trump a décrété une journée de deuil national mercredi, ordonnant la fermeture des administrations fédérales ce jour-là. Les drapeaux ont été mis en berne sur tous les bâtiments officiels pour 30 jours. Les Bourses de New York et de Chicago vont observer une minute de silence demain et resteront fermées mercredi.

« C’était vraiment un homme de grande qualité », a dit Donald Trump depuis Buenos Aires. « Il a pleinement vécu sa vie, une vie exemplaire, c’est sûr. » Le dirigeant a annulé une conférence de presse prévue à la conclusion du G20, « par respect pour le président Bush ».

Affaibli par une forme de la maladie de Parkinson, George H.W. Bush se déplaçait depuis des années en fauteuil roulant, sans jamais se départir d’un large sourire et de chaussettes multicolores. Son épouse, Barbara, est morte en avril.

Le programme complet des prochains jours de cérémonies n’avait pas encore été dévoilé hier.

Le cercueil doit arriver à Washington à bord de l’avion présidentiel de Donald Trump, a annoncé le dirigeant. Le grand public pourra se recueillir de lundi soir à mercredi matin dans la rotonde du Capitole, qui restera ouverte en permanence. Une cérémonie en la cathédrale nationale de Washington aura ensuite lieu, puis la dépouille sera ramenée au Texas pour l’enterrement, probablement à College Station, où se trouve la bibliothèque présidentielle Bush.

Ses dernières paroles ont été pour son fils aîné, a rapporté James Baker, qui fut secrétaire d’État de Bush père, au New York Times. Il était alité chez lui, entouré de proches, conscient mais affaibli.

Son fils George W. Bush lui a parlé au téléphone. « Je t’aime aussi », aurait répondu le père, avant de s’éteindre.

Battu par Clinton

Aux États-Unis, républicains et démocrates ont salué en lui l’incarnation d’une tradition politique moins virulente et partisane qu’à l’époque actuelle. Beaucoup rappelaient qu’il avait été aviateur à 18 ans, pendant la Seconde Guerre mondiale. Après que son avion eut été abattu, il avait réussi à s’en extirper pour être ensuite secouru par l’équipage d’un sous-marin américain. Le hasard de l’histoire a voulu que la scène soit filmée. 

Il a aussi servi son pays pendant des décennies, comme parlementaire, chef de la CIA ou ambassadeur à l’ONU.

Il était difficile de ne pas lire dans certains communiqués une critique en creux de l’actuel occupant de la Maison-Blanche. Le sénateur républicain Bob Corker a ainsi noté que l’ancien président « tendait la main à ses adversaires politiques ».

Barack Obama a rappelé sa défense des immigrés et des handicapés, et a affirmé que sa « main stable et diplomatique » avait permis de terminer la guerre froide « sans tirer un coup de feu ».

Le président Bush n’a fait qu’un seul mandat. Alors vice-président de Ronald Reagan, il avait été élu en 1988, mais rejeté par les électeurs quatre ans plus tard, battu par Bill Clinton.

Ses quatre années au pouvoir sont marquées par la première guerre du Golfe. À la tête d’une coalition de 32 pays, il chasse les troupes irakiennes de Saddam Hussein hors du Koweït lors d’une guerre de quelques semaines en 1990.

Les Irakiens se souviennent encore de lui comme de « monsieur Embargo », en raison du lourd embargo économique imposé jusqu’à la seconde guerre du Golfe, lancée par son fils.

En politique intérieure, il est damné par la rupture d’une promesse de campagne. Il avait pris l’engagement solennel de ne jamais augmenter les impôts… ce qu’il n’a pas pu respecter, devant concilier avec un Congrès aux mains des démocrates.

Gorbatchev

« Bush 41 » dirigeait les États-Unis quand le mur de Berlin est tombé en 1989 et quand l’Union soviétique s’est effondrée en 1991.

« Cela a débouché sur la fin de la guerre froide et de la course aux armements », a déclaré le dernier dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev.

« Ce fut un coup de chance dans l’histoire allemande qu’il ait été à la tête des États-Unis d’Amérique lorsque la guerre froide s’enlisa et que la réunification de l’Allemagne devint possible », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

Le dalaï-lama a rappelé qu’il avait été le premier président en exercice des États-Unis à l’avoir rencontré, malgré l’opposition de la Chine.

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