présentation spéciale rosemère

Ville ou campagne ?

Rosemère, c’est franchement charmant. On se le répète chaque fois qu’on roule le long du chemin de la Grande-Côte. Les petits commerces, les jolies maisons bien assises sur leur grand terrain aux collines arrondies, l’effet apaisant des arrêts tous les 100 m, on aime tout de cette municipalité.

À travers les arbres centenaires, il y a ce look campagnard, indompté. Pas sauvage dans le sens largué où le jardinier a fini par capituler, mais un je-ne-sais-quoi qui laisse la nature garder ses droits. Tout en étant finement manucuré quand il le faut.

C’est un peu tout ça qui a convaincu Lyne et Christian d’acheter un terrain il y a 14 ans au bord de la rivière des Mille Îles, dans un secteur où la verdure est bien présente. Ils cherchaient un univers champêtre pas trop loin de l’urbanité. « La campagne à la ville, quoi, nous a expliqué Lyne, jeune quinquagénaire énergique au rire contagieux. On est à 10 minutes à pied du centre commercial du village. La gare est à peine plus loin. Pour les enfants, comme pour nous, ç’a été super. »

Chéri, on autoconstruit !

La maison se trouve à la fin d’une rue où se côtoyaient il n’y a pas si longtemps des chalets d’été. Il en reste encore quelques-uns, mais la presque totalité a été convertie en résidences permanentes.

Lyne a grandi dans une petite ville au bord du fleuve. « Je voulais être au bord de l’eau, ça me manquait. C’était non négociable ! » Le terrain de plus de 24 000 pi2 avec ses 200 pi de façade au bord de la rivière leur convenait tout à fait. Surtout qu’ils n’entendaient pas le moindre bruit venant de l’autoroute pourtant pas si loin.

Il s’y trouvait un ancien chalet qui, hélas, était irrécupérable. « Il avait brûlé et la restauration n’était pas très réussie. » Il a donc été démoli.

La famille recomposée compte quatre filles qui étaient adolescentes au moment de l’achat du terrain. « On cherchait des plans qui nous permettraient de bâtir une maison où chacune aurait sa chambre. On a trouvé des plans des Dessins Drummond qui nous convenaient et qu’on a adaptés à nos besoins. »

Puis, le couple a soigneusement choisi ses spécialistes et ses artisans et s’est lancé dans la grande aventure de l’autoconstruction. Précisons qu’on a affaire ici à deux professionnels dont les domaines sont bien loin de la construction.

« Ça ne vous effrayait pas ?

— Non. Mon père possédait une quincaillerie et celui de Christian était dans la construction. On a choisi 98 % des matériaux et tous les spécialistes. »

Heureux mélange

En entrant, on est d’abord attiré par les grandes fenêtres qui couvrent les parties sud-est de la maison. Deux murs vitrés, dont celui qui longe la rivière. L’autre mène vers la plus grande partie du terrain et la pergola. Il y a aussi, au loin, le voisin qu’on ne voit plus dès que bourgeonnent les premières verdures.

Les pièces communes s’étalent au rez-de-chaussée. La cuisine, récemment rénovée, la salle à manger et le salon ne font qu’un, mais semblent indépendants en raison de leur fonction. Une autre pièce, adjacente au salon mais légèrement en retrait, sert de studio. Lyne est une artiste accomplie qui manie apparemment aussi bien le pinceau que le marteau. Ses peintures font partie de la déco de la maison. Le studio profite de la luminosité venant de la rivière, un rêve pour ceux qui aspirent à s’évader pour créer en paix.

« L’été, l’extérieur devient une autre pièce », confie Lyne en nous faisant visiter le grand balcon qui longe l’avant de la maison. (Chez les riverains, l’avant d’une maison est l’espace le long du bord de l’eau. L’arrière est celui près de la route. Ne vous obstinez pas.) Les chaises Adirondack installées côte à côte attendent les proprios le soir, le temps de l’apéro. Les autres chaises sont installées au bout du quai, près du ponton qu’utilise la famille pour ses escapades sur la rivière.

« Les enfants ont reçu leurs amis ici, près du pit à feu. C’était l’endroit idéal. » Les enfants ont aussi été choyées. En plus de leurs chambres individuelles à l’étage, elles avaient leur salle de bains (une pour les quatre) et leur salle de télé et de lecture tout près. Les parents leur ont même bâti une petite pièce au sous-sol pour recevoir les amis. Une maison très familiale, donc.

Mais la famille a grandi et le nid s’est peu à peu vidé. Le couple vise maintenant un jumelage ingénieux. Au lieu du petit chalet dans les Laurentides et de la grande maison à Rosemère, il a décidé de vendre les deux pour acheter une seule maison à la montagne. Avec une chambre pour chacune des filles.

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