Congrès de refondation du PQ

Les péquistes ouvrent la porte à des primaires ouvertes

Trois-Rivières — Les militants péquistes ouvrent une fois de plus la porte à des primaires ouvertes pour l’élection de leur prochain chef. Dans leurs nouveaux statuts, débattus samedi en congrès de refondation, ils ont maintenu le droit du parti à permettre aux « sympathisants » de voter, une proposition largement appuyée par les délégués qui déplaît déjà à certains membres.

« Je comprends qu’on s’est shooté dans la grosse veine [l’idée d’avoir des] sympathisants, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin », a dénoncé avec vigueur l’ex-syndicaliste et militant de longue date Marc Laviolette.

« Ce n’est pas le bouton à quatre trous qu’on veut réinventer, c’est le Parti québécois ! […] C’est vrai qu’il faut changer », a répliqué Harold LeBel, député de Rimouski, qui militait pour que les membres laissent le choix au parti de tenir des primaires ouvertes.

Réunis samedi et dimanche en congrès extraordinaire de refondation, à Trois-Rivières, les militants du Parti québécois ont jeté les bases du renouveau de leur parti, plus centré que jamais sur l’objectif de réaliser l’indépendance.

S’ils vont de l’avant avec les primaires ouvertes, le prochain chef péquiste sera choisi par les membres et les sympathisants. La conférence de coordination annoncera à la fin de janvier ou en février les ultimes règles de la course. Un sympathisant pourrait devoir payer une cotisation et fournir ses coordonnées, par exemple.

Que des primaires ouvertes aient lieu ou non, un nouveau chef doit être choisi d’ici l’été.

Jeux de coulisses

Dans les corridors du centre des congrès de Trois-Rivières, samedi, de potentiels candidats à la direction du parti courtisaient déjà les membres, à l’aube de la prochaine course.

Paul St-Pierre Plamondon, auteur du rapport Osez repenser le PQ et candidat défait en 2018 dans la circonscription de Prévost, a rappelé que le Parti québécois était comme le « détroit de Magellan » des idées, où se rencontrent la gauche et la droite au profit de la souveraineté du Québec.

« Ça prend des objectifs concrets dans un espace-temps qui est sur le court et moyen terme. Sinon, la mobilisation est très difficile. »

— Paul St-Pierre Plamondon, qui songe ouvertement à se lancer dans la course

Mais la possible arrivée de M. St-Pierre Plamondon dans une course ne fait pas l’unanimité. Déjà, l’ex-syndicaliste Marc Laviolette ne croit pas qu’un « outsider » puisse réunir les militants.

« Moi, son rapport sur repenser le PQ, c’était des choses qu’on savait [déjà]. La seule chose [qu’il a réussi à faire, c’est de] nous faire passer pour de vieilles sacoches », a-t-il déploré.

De son côté, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a affirmé qu’il poursuivait sa réflexion. Mais selon lui, « il faut de toute évidence que le PQ soit le parti qui mène la lutte contre la crise climatique au sommet de ses priorités ».

Frédéric Bastien, historien et enseignant au cégep, évalue également la possibilité de se présenter, a-t-il dit samedi. Pour l’instant, il attend de voir si d’autres candidats porteront ses idées, notamment le fait de considérer l’immigration sur le plan de l’intégration culturelle et de réduire le nombre d’immigrants accueillis annuellement au Québec à 30 000.

M. Bastien croit également qu’un référendum devrait être à nouveau relégué à un second mandat.

Visite surprise d’Yves-François Blanchet

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rendu visite aux militants péquistes, samedi, qui l’ont accueilli sous une pluie d’applaudissements. Selon lui, le Parti québécois est dans une bien meilleure posture que ne l’était le Bloc québécois au moment d’entreprendre sa reconstruction.

« Le PQ n’a jamais atteint le niveau de difficulté qu’a affronté le Bloc. Reculons de deux ans, et on va se rappeler des souvenirs qu’on essaie de ne pas trop avoir à l’esprit », a-t-il affirmé.

« Le Bloc a dû [se reconstruire] en 8 à 9 mois, alors que le PQ a encore plusieurs années devant lui pour réussir un exercice de refondation », a-t-il poursuivi, tout en excluant sans hésiter de se présenter dans la course à la direction du parti.

Véronique Hivon, que beaucoup auraient souhaité voir dans la course, s’est dite « émue » de l’exercice qui se déroule ce week-end en Mauricie.

« Je pense qu’on franchit un nouveau jalon dans la clarté et la transparence avec une déclaration [de principes] qui est vraiment concentrée sur deux pages. […] On va être un parti, mais qui va s’inspirer des manières de faire d’un mouvement. On va laisser beaucoup de place à la base pour faire de la politique du bas vers le haut », a-t-elle affirmé.

« Les gens nous ont vus aller un moment donné avec un chef comme Pierre Karl Péladeau, un moment donné avec Jean-François Lisée. Un moment donné, ils nous ont perdus. Ils ne savaient plus qui on était. Aujourd’hui, on va leur dire », a ensuite résumé le député Harold LeBel.

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