Les vins de la semaine

Prêts, pas prêts, c’est envoyé !

La fête du vin nouveau, c’est comme la fête des récoltes : après des mois de travail, on se réjouit du fruit des vendanges. Mais ce premier jus à s’écouler des presses est un produit fragile, et en brusquant sa production pour l’expédier un peu partout dans le monde, on perd le caractère frais et naturel qui fait tout le charme d’un vrai vin nouveau, consommé sur place. Vous voulez célébrer le beaujolais, le troisième jeudi de novembre ? En voici trois élaborés avec amour, passion et un énorme respect pour l’environnement et les consommateurs.

Vin d’amis et de soif par excellence

Des trois vins, voici celui qui se rapproche le plus d’un beaujolais nouveau par son fruité éclatant. Mais ni bonbon ni banane : on a ici un fruit frais et croquant, des arômes de cerise, de framboise et de cassis hyper alléchants. Quelques notes florales et de sous-bois ajoutent de la complexité. En bouche, il y a de l’éclat, de la fraîcheur, un caractère gourmand et gouleyant. De très légers tanins apportent juste ce qu’il faut d’aspérité et un certain grain à la texture. Tout ce qu’on veut dans un beaujolais ! Vin d’amis et de soif par excellence, la bouteille se videra sûrement très vite. Pour accompagner des charcuteries – saucissons, terrines, rillettes – ou des plats simples : pizza, hamburgers, nachos. 

Garde : de 1 à 2 ans

Damien Coquelet Fou du Beaujo Beaujolais-Villages 2018, 20,85 $ (12604080), 13 %

Ce qu’on aime tant des beaujolais

Celui-ci est offert en quantités plus limitées, et il est aussi un peu plus austère. Il a bien sûr beaucoup de fruit, c’est une signature du cépage gamay, mais aussi des notes d’anis, d’herbes, de ronces et une pointe viandée. En bouche, il fait preuve de tenue, avec de la matière et des tanins modérés. Il exhibe ce caractère gouleyant qu’on aime tant des beaujolais, mais avec de l’ampleur et une certaine fermeté. N’hésitez pas à le passer en carafe 30 minutes avant de le servir. Fait pour la table, il accompagnera avec bonheur des abats (foie, ris, rognons), des côtelettes de porc grillées, un poulet rôti, une poêlée de champignons. 

Garde : de 4 à 6 ans

Jean-Marc Burgaud Vallières Régnié 2018, 24,95 $ (11305678), 13,6 %

Très harmonieux, très polyvalent

Le nez charme d’emblée avec des airs de jus de raisin : il s’en dégage une grande impression de fraîcheur et de pureté. Tout plein de fruits rouges mûrs : cerise, framboise, gadelle, un peu de cassis ; une pointe de rose et de pivoine, une pincée d’épices. La bouche fait preuve d’une superbe matière, ample et caressante, portée par beaucoup de fraîcheur et des tanins modérés, très fins. Tonique, délicieux et rassasiant, c’est un vin très complet. Chapeau bas ! Il accompagnera aussi bien de la charcuterie ou un tartare de bœuf que des viandes rouges grillées ou en sauce. Un vin très harmonieux est aussi un vin très polyvalent.

Garde : de 6 à 10 ans

Jean Foillard Morgon 2018, 30,25 $ (11964788), 13 %

Gourmand

À la carte

La scène gastronomique montréalaise se réinvente sans cesse. Ouvertures de restaurants, nouveaux menus, évènements… Nous vous présentons chaque semaine ce qu’il ne faut pas manquer pour bien boire et bien manger.

En vedette

Célébration de légumes

Le Hello 123, concept de restaurant végétalien venu de Toronto et installé depuis l’été dans NDG, fait des petits. Alors que le propriétaire Mark Kupfert et ses partenaires planifiaient l’ouverture d’une deuxième adresse, dans Saint-Henri, ils sont allés chercher les services du cuisinier Gabriel Aubé, qui est passé par de nombreuses belles et bonnes tables de la métropole, dont le Bouillon Bilk, le Miel et Hélicoptère, où il était sous-chef. En découvrant le magnifique local, le cuisinier a vu plus loin et a proposé à ses partenaires un concept hybride : la nourriture plus conviviale du Hello 123 le jour, avec ses bols, burgers et autres smoothies, puis une proposition plus gastronomique et raffinée le soir, mettant en valeur de belle façon les légumes dans de petites assiettes de saison, le tout accompagné d’une carte de vins natures. Le H123, qui a ouvert ses portes la semaine dernière, était né. « C’est un bar à vins natures proposant de la nourriture botanique, avec un côté plus bistro et café le jour », résume ce dernier.

Bénéficiant d’une grande latitude dans l’exécution de ce projet, le chef porte aussi les chapeaux de gérant et de sommelier dans cet établissement dans lequel il dit avoir mis tout son cœur, où il est appuyé, en salle, par le mixologue et sommelier Vincent Vaillancourt-Séguin (Rouge gorge), qui signe une rafraîchissante carte des cocktails, bien dégourdie, et où les alcools d’ici sont à l’honneur, combinés à des sirops maison. Et à voir – et goûter – les assiettes colorées et inspirées figurant sur la carte, on n’en doute pas une seconde. Oubliez les « fausses » viandes : jeux de textures, combinaisons de saveurs, les légumes volent la vedette, apprêtés de diverses façons et parfois combinés à des grains, du fromage de noix, des fruits, des sauces à base d’herbe… Vous ne les verrez plus de la même façon !

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

3580, Notre-Dame Ouest

Nouveauté

La Méditerranée au centre-ville

Les aficionados de (l’excellent) houmous du Birona, petit troquet boulevard Saint-Laurent, peuvent désormais avoir leur « fix » au centre-ville, à la nouvelle adresse de l’établissement, qui s’est installé à l’intérieur des Cours Mont-Royal (niveau rue) il y a environ un mois. Les deux propriétaires, le chef Aron Biron et Alon Sider, y proposent ici une carte légèrement différente mettant à l’honneur la cuisine méditerranéenne et du Moyen-Orient, avec un grand choix de propositions végétariennes et végétaliennes. Pensez falafels, pita shawarma, shakshuka, chou-fleur entier et, évidemment, plusieurs variations autour de l’onctueuse tartinade à base de pois chiches et de tahini. Tout est frais fait du jour, et les clients, pressés ou pas, peuvent s’y approvisionner de 9 h à 19 h en café, smoothies frais et petites douceurs – dont le sublime brownie au tahini.

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

En visite

Russie artsy

Midia Navine a voulu ouvrir un restaurant russe à l’ambiance joyeuse et contemporaine. Nevski, qui emprunte son nom à l’avenue principale de la ville de Saint-Pétersbourg (elle-même baptisée en l’honneur d’Alexandre Nevski), a ouvert ses portes il y a environ trois mois, dans un décor signé en partie par l’artiste Mirov. La capitale culturelle de la Russie a beaucoup inspiré la propriétaire. La formule est décontractée, avec un menu assez court de spécialités bien choisies. « Il faut savoir que la cuisine dite russe a été influencée par celles de toutes les républiques qui composaient l’Union soviétique », explique la jeune femme, dont la famille est originaire de Biélorussie. Chez Nevski, on trouve donc le khachapuri géorgien, ce pain rempli de fromage et d’autres garnitures. Le bortsch est d’origine ukrainienne, tandis que la chuchvara, soupe de pâtes farcies à l’agneau, vient d’Ouzbékistan. Une sélection de dumplings (pelmenis et varenikis), des salades et des desserts traditionnels sont également au menu, de même qu’une « poutine strogonoff », clin d’œil à la double appartenance culturelle de Midia. À boire, une trentaine de vodkas et des cocktails occupent la moitié de la carte. Sinon, osez le « Vin découverte », qui sera probablement géorgien ou arménien, pour compléter la fort sympathique (et très abordable) expérience. Nevski est ouvert le midi, du mardi au vendredi, et le soir, du jeudi au samedi.

— Ève Dumas, La Presse

Évènement

Changements climatiques et Vin

Les changements climatiques se sentent dans les vignobles d’un peu partout, que ce soit par des sécheresses qui favorisent le compactage des sols et même les incendies, des gels et dégels fatals pour certaines vignes, des chaleurs accablantes qui font mûrir le raisin trop vite, etc. La conférence internationale Goûter aux changements climatiques, qui se tient toute la journée le mardi 12 novembre, permettra à une douzaine d’experts issus de divers domaines rattachés à la vigne de nous informer sur le sujet. C’est la deuxième fois que cet évènement, organisé par la sommelière, auteure, conférencière et chroniqueuse Michelle Bouffard, se tient à Montréal. Il sera suivi par la soirée Boire en vert, au restaurant Les Cavistes, où les curieux pourront goûter à des vins produits par des maisons qui ont à cœur les valeurs environnementales.

— Ève Dumas, La Presse

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