ÉLECTIONS PROVINCIALES 2018  Montérégie (Ouest)

100 villes 100 voix

Les Québécois éliront un nouveau gouvernement le 1er octobre prochain. D’ici là, La Presse a voulu sonder l’état d’esprit des électeurs. Nos journalistes et nos photographes sont allés à leur rencontre dans 100 villes situées dans toutes les régions du Québec. Découvrez ce que les électeurs ont à dire.

MONTÉRÉGIE (OUEST)

Le vent dans les voiles

Dans la banlieue sud de Montréal, la Montérégie s’étend sur 11 112 km2 et compte une population totale de 1,5 million d’habitants. Il s’agit de la région la plus populeuse (18,5 % de la population) après Montréal. Dans sa partie ouest, Longueuil (245 094 habitants), Brossard (86 876 habitants) et Salaberry-de-Valleyfield (39 048 habitants) sont les villes les plus denses.

La région connaît une des meilleures croissances démographiques et la tendance ne semble pas s’essouffler, puisqu’on prévoit une hausse de population de 4,7 % d’ici à 2021 (contre 3,8 % pour l’ensemble du Québec).

La région attire plusieurs jeunes familles, notamment pour l’accessibilité à la propriété, la proximité de la nature et les infrastructures (parcs, pistes cyclables, etc.). 

Plus du quart de la population montérégienne est âgé de moins de 25 ans (426 982 personnes), c’est presque le double de la proportion d’aînés (282 007 personnes) sur le territoire.

« Saint-Lazare est l’une des villes au Québec où la proportion de jeunes est la plus élevée. La population y est très diversifiée puisqu’en plus des jeunes familles, il y a également plusieurs domaines dans lesquels on y pratique l’équitation », indique Simon Richard, conseiller en communication de la MRC Vaudreuil-Soulanges.

Même effet à Saint-Polycarpe, note-t-il. « La ville est en pleine croissance depuis quelques années. La municipalité qui était très agricole se transforme en une municipalité qui accueille de nombreuses jeunes familles. »

Une agriculture en mouvance

Quand on sillonne les nombreuses routes de campagne qui traversent l’ouest de la Montérégie, on remarque dans les champs plats une activité fourmillante. À l’orée de l’été, les agriculteurs travaillent d’arrache-pied. De Saint-Rémi à Saint-Anicet, de Hemmingford à Sainte-Justine-de-Newton.

En raison de la qualité de ses sols et de son climat favorable, on considère la région comme le « garde-manger du Québec ».

À bord de leur tracteur, plusieurs agriculteurs travaillent sur leurs terres qui s’étendent à perte de vue. D’autres, moins nombreux, produisent à l’ancienne. Sans machinerie, sans pesticides, sur de petites surfaces. Comme le fait Simon Leduc, 32 ans, depuis deux ans. Cette tendance est en plein essor en Montérégie.

En bordure du rang Laberge, à Sainte-Martine, une adresse est inscrite à la main sur une petite plaque de bois. Au bout d’un chemin de terre, le jeune fermier fait de la production maraîchère biologique intensive. Sur un acre.

« Je veux montrer qu’il y a de la place pour les petits », dit M. Leduc, qui a longtemps travaillé dans la ferme familiale spécialisée dans les grandes cultures. « Je le fais d’abord pour des raisons environnementales. Les gens veulent manger local, savoir d’où viennent et ce que contiennent les aliments qu’ils consomment. »

La région se classe au premier rang provincial dans les productions avicoles, porcines et laitières et dans les productions légumières, pomicoles, viticoles et en serre, selon le ministère de l’Économie du Québec.

« Le développement agricole s’inscrit également dans un mouvement d’innovation et de diversification de l’agriculture, visant autant les produits que la mise en marché et les procédés de fabrication, peut-on lire sur le site du Ministère. Cette tendance s’inspire des nouveaux besoins et des attentes des consommateurs. Ceux-ci demandent, en effet, des produits frais, à valeur ajoutée, bons pour la santé et prêts à manger. »

Depuis quelques années, on voit donc de plus en plus de productions dites « émergentes », comme celles de l’argousier, du camérisier. On fabrique davantage d’alcools à la ferme, note-t-on.

De nombreux emplois

La Montérégie, c’est plus que l’agriculture. C’est aussi plus qu’une immense banlieue. Plusieurs travailleurs de la Montérégie convergent quotidiennement vers Montréal pour le boulot. Mais pas tous.

La région compte 821 000 emplois (avril 2018), surtout nombreux dans le secteur des services, de la fabrication et de la construction. Le taux de chômage est de 4,1 % (avril 2018). Le revenu disponible par habitant (28 738 $) dépasse la moyenne québécoise. En 2015, son indice de développement économique a surpassé celui de la province, alors qu’historiquement, elle présentait un indice semblable.

L’artiste peintre Karine Dagenais, 43 ans, s’est installée à Salaberry-de-Valleyfield dans un appartement lumineux qu’elle partage avec sa fille de 13 ans. De son salon, on voit la baie Saint-François.

« J’ai un milieu de vie incroyable. Je fais mes courses à vélo, je suis à cinq minutes du collège de Valleyfield où je travaille à temps partiel. Je suis sur une île, entourée d’eau. »

Elle a habité Montréal et s’ennuie parfois de sa diversité, de son effervescence. « Ici, n’essaie pas d’aller au resto à 20 h un soir de semaine, tout est fermé. Mais je ne m’ennuie pas de la circulation, du bruit. »

Retraité depuis 10 ans, Yves Pelletier a aussi vécu à Montréal. Il est maintenant installé à Rigaud, sur la rive du lac des Deux Montagnes.

« On a habité Côte-des-Neiges, ce n’était pas mal, mais ici, c’est la tranquillité assurée, dit cet ancien technicien en droit. C’est un bon compromis, on n’est pas loin de Montréal, pas loin de l’Ontario, de Valleyfield. On est heureux, ça nous suffit. »

Il ne manque que les truites saumonées à profusion pour en faire un paradis, ajoute-t-il à la blague.

Sources : Institut de la statistique du Québec, ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec

Kieu-Quyen Truong

Brossard,

47 ans, Pharmacienne

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

On ne sait pas quel est l’avenir de la pharmacie. Le Québec est la seule province où l’on trouve des pharmaciens propriétaires, ça m’inquiète. Est-ce que ce genre de privilège va demeurer pour nous ou ça va être fini comme dans les autres provinces ?

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Quand j’ai pu courir 5 kilomètres en 30 minutes il y a deux semaines !

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Il m’arrive d’être de mauvaise humeur, de chicaner mes enfants, de dire ce que je pense, mais je ne suis jamais en colère.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Nelson Mandela. Ça m’a fait quelque chose

Si vous pouviez et vouliez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

North Hatley, j’aime beaucoup ce coin-là, ou Charlevoix.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

On est dans un coin multiethnique, il y a différentes mentalités. La plus belle chose que les gens pourraient changer : la pensée. Peut-on considérer l’être humain et non sa couleur, avoir plus d’ouverture ?

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

J’aimerais que la politique se base sur des vraies choses et non pas sur des belles images. J’aimerais sentir que les politiciens posent des actions réellement pour les gens et non parce qu’ils ont un intérêt quelconque. Je ne parle pas pour tous les politiciens, mais de façon générale.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Personnellement, je n’ai pas de Facebook. J’ai une page pour la pharmacie, mais ce sont les employés qui l’alimentent.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Sûrement ici, mais peut-être avec une liberté mentale. Présentement, j’ai beaucoup de responsabilités, je ne peux pas faire tout ce que je veux. Dans cinq ans, j’aimerais que vienne une indépendance, une liberté, peu importe ce que je vais faire.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Nous sommes un peuple très généreux, chaleureux. Nous sommes très accueillants. Je ne suis pas certaine que là où je suis née, on puisse faire la même chose. Je suis fière d’être ici, de pouvoir contribuer à cette société en faisant ce que je fais présentement. Je souhaite qu’on puisse faire encore plus.

Faites un vœu...

La paix.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Le partage dans le bon sens. Je pense qu’on peut contribuer beaucoup pour ceux et celles qui en ont vraiment besoin.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Très positif.

Ordinateur

Très positif.

Carte de crédit

Positif, mais dangereux.

Télévision

Je ne la regarde pas, pas négatif, pas positif.

Bouteille de bière ou de vin

Négatif. Si on ne consomme pas, ce n’est pas quelque chose qui manque.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

« Je vais valoriser la place de la femme. » Je viserais l’épanouissement de ces femmes qui n’ont pas de place dans la société.

Simon Leduc

Sainte-Martine,

32 ans, Fermier de famille

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

L’avenir de nos enfants du point de vue environnemental, économique, politique. Avec toutes les coupes, les conditions de travail futures de nos enfants m’inquiètent. Ils devront se démener beaucoup ! J’ai une petite fille de un an et demi et d’autres vont venir. À partir du moment où j’ai su que ma blonde était enceinte, ma façon de penser a changé.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

La simplicité de la vie, de voir grandir ma fille, le noyau familial.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Les grands vents du 4 mai qui ont jeté ma serre par terre. Je suis optimiste dans la vie, mais quand c’est arrivé, j’étais dans tous mes états. C’est ma première année en serre et je misais beaucoup là-dessus. Je pensais qu’elle tiendrait le coup. Il a fallu que je recommence ce qui était dedans, je suis en retard dans ma saison.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Robin Williams. C’était un acteur que je trouvais particulièrement touchant à travers ses rôles. Que sa vie se termine de cette façon, c’est super triste.

Si vous pouviez et vouliez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

Je ne pense pas que je déménagerais dans une autre ville, je suis une personne casanière, je suis bien dans mon environnement. S’il le fallait, ce serait en Estrie, où il y a beaucoup de forêt, mais pas de mouches noires.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

J’aimerais qu’il y ait plus de petits artisans. En région rurale, ce n’est pas évident, mais j’aimerais qu’il y ait une boulangerie, une brûlerie, qui seraient des lieux où se rencontrer. Le village de Sainte-Martine se tient beaucoup, mais cet aspect manque.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

J’aimerais qu’on ait une vision à long terme, ne pas juste « patcher » les trous et regarder ses bottines en marchant. Je veux qu’on regarde au loin, qu’on pense aux générations qui s’en viennent, qu’on mène des projets qui peuvent être coûteux pour la société actuelle, mais qui vont rapporter dans le futur.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Probablement une capsule de Jean-Martin Fortier [pionnier au Québec dans l’agriculture biologique intensive].

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Encore ici, avec une entreprise qui roule bien, qui est rentable, qui réussit à faire vivre plus qu’une famille.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Je trouve que cette question est trop grande et la réponse trop complexe pour pouvoir y répondre en une phrase ou deux.

Faites un vœu...

Je ferais le vœu que mon entourage soit le plus en santé possible.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je m’arrangerais pour avoir plus de temps avec ma famille et mes amis.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Négatif.

Ordinateur

Positif.

Carte de crédit

Positif.

Télévision

Négatif.

Bouteille de bière ou de vin

Positif.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

« Attachez vos tuques ! »

Karine Dagenais

Valleyfield,

43 ans, Artiste peintre

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

Actuellement, je travaille énormément sur ma carrière, après une pause de deux ans. C’est sûr que ce qui me préoccupe en ce moment, ce sont mes tableaux : où je veux aller au niveau de mes toiles, de ma carrière ? Où je veux m’établir ?

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Ce matin, en me levant, le soleil qui entre à pleine porte dans ma chambre. Je suis dans les privilégiés qui ont le bonheur facile.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Peut-être pas en colère, mais ce qui me dérange, c’est de voir ma fille sur son téléphone les 13 heures sur 14 qu’elle ne dort pas. Je pense que c’est générationnel, elle a 13 ans. Elle a toujours les yeux rivés sur son téléphone, ça me fait peur.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Plusieurs décès d’écrivains m’ont marquée. Mais je dirais Leonard Cohen.

Si vous pouviez et vouliez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

J’ai longtemps vécu à Montréal, je n’y vivrais plus à ce moment de ma vie, même si elle me manque cruellement à quelques reprises dans l’année. Et j’adore le Bas-Saint-Laurent. J’irais donc à Québec, à mi-chemin entre les deux et parce que j’aime beaucoup le fleuve. J’aime l’eau, je vis entourée d’eau.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

L’ouverture d’esprit. Dès que quelqu’un sort du lot – ne serait-ce que de marcher sur le bord de l’eau avec une robe longue pour te sentir plus belle –, on le remarque. Le regard des autres m’importe peu, mais à Montréal, tu passes dans un flot de personnes et tout le monde est beau.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Je voudrais qu’on ait de la reconnaissance et de la gratitude envers notre beau « pays ». On a des privilèges immenses, mais on dirait que les gens ne s’en rendent pas compte, qu’ils s’en foutent. On vit dans une place magnifique, soyons fiers.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Hier, j’ai partagé une de mes toiles qui est à la Galerie Bloom, dans le Vieux-Montréal. Je partage essentiellement mes toiles ou des phrases de bonheur. Je suis tombée dans le : « Vivez le moment présent. » Je partage aussi les vernissages d’amis artistes, les contenus de galeries, de musées.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Je veux travailler plus fort. La Galerie Bloom, c’est ma porte d’entrée pour le marché montréalais. C’est sûr que je vise Vancouver. Je veux travailler, je veux peindre, tout en ayant un équilibre. Je me vois partager mon temps entre le verre de vin et le livre sur le bord de l’eau, la peinture, la bibliothèque.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Pour moi, c’est d’être dans un endroit fantastique sur Terre. Je n’ai pas voyagé dans 40 pays, je n’ai pas fait 56 000 choses, je suis quelqu’un d’assez simple, mais n’importe qui débarquerait ici en voyage, arriverait en voilier, dirait : « Wow, quel beau petit coin ! » Je me sens choyée, mais je pense que je suis à part.

Faites un vœu...

Je vais faire le vœu que les gens se rendent compte de comment ils sont magnifiques, de comment on peut être heureux tous ensemble. Il pleut, il grêle ? Soyons de bonne humeur !

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

L’argent est une source de stress pour bien des gens. Pour aider, je partagerais mon bonheur entre de nombreuses personnes de mon entourage et d’autres que je ne connais pas. Je vis dans quelque chose de simple, je vais garder ça simple. Je serais la fille qui, avec son sac à dos, pointerait une destination voyage au hasard sur une carte.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Négatif !

Ordinateur

Je n’en ai pas, j’ai une tablette. Positif.

Carte de crédit

Négatif.

Télévision

Négatif.

Bouteille de bière ou de vin

Positif, en toute modération.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

« Je vous aime. » Je trouve qu’il y a un manque d’amour dans le monde en général.

Yves Pelletier

Rigaud,

65 ans, Retraité

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

Mon avenir, l’avenir des aînés en général. Je voudrais vieillir en santé sans manquer d’argent. Je souhaite la même chose pour toutes les personnes âgées de 65 ans et plus. C’est un réel problème. Certains tombent malades et n’ont pas les moyens d’aller dans des résidences avec soins.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Le dernier voyage en autobus que j’ai organisé au Festival des tulipes à Ottawa. Il y avait deux autobus pleins d’aînés ! À travers le bénévolat, j’essaie de reproduire le plaisir que j’avais d’être valorisé dans le travail. C’est un bonheur réel.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Je me suis présenté aux dernières élections municipales et je n’ai pas été élu. J’ai vécu un peu de colère, de déception, parce que je voulais m’investir pour ma communauté. J’avais un projet de résidence OBNL pour les aînés qui tombent malades. Un conseiller est maintenant porteur du dossier… on verra.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

René Angélil, le mari de Céline Dion. C’est un type qui est parti de rien, il ne venait pas d’une famille aisée et il a construit un empire. La réussite de Céline lui a survécu. Ça m’a touché parce que ces personnes, qui prennent tellement d’ampleur dans leurs réalisations, on les voit comme des gens immortels.

Si vous pouviez et vouliez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

Au Québec, non. Nous sommes bien ici. Ailleurs ? J’opterais pour une ville où il n’y aurait pas de neige.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

C’est embêtant, je ne vois pas. Ça prouve que ce n’est pas si mal !

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

Ça va bien au Québec en général, mais je considère que plusieurs en arrachent. Plusieurs, dont de jeunes familles, ont de la difficulté à payer le loyer et combler leurs besoins de base, ils n’ont pas assez pour les loisirs. Il y aurait place à amélioration.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Hier, j’ai partagé une pensée concernant le cancer qui disait : « Si vous avez des proches qui ont été atteints du cancer ou qui en sont atteints, partagez pour envoyer une pensée vers eux. » J’ai des proches atteints, alors je l’ai fait.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Je me vois dans la même réalité, à continuer mon bénévolat, à tenter des changer des choses. Je ne suis pas chercheur, je ne découvrirai pas de remède miracle, mais si je peux aider à égayer le sort des aînés, je serai content.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

C’est l’identité, c’est être fier de nos valeurs. On n’a pas choisi de naître ici, mais pour ma part, je suis né ici et j’en suis fier. On ne doit pas perdre de vue cette réalité et tenter de bien exprimer le sens de nos origines, de valoriser le français, de maintenir notre histoire, celle des bâtisseurs qui nous ont précédés.

Faites un vœu...

Je créerais une fondation comme la Fondation Chagnon et là, je serais en mesure d’aider plein d’organismes qui veillent au bien-être des gens, des jeunes, des aînés. J’aurais beaucoup de satisfaction à voir des résultats concrets sur le terrain, des améliorations.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je ferais un voyage autour du monde. J’aimerais découvrir des endroits exotiques, visiter Bora-Bora, la Polynésie, la Thaïlande. Je partirais un an.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Vital !

Ordinateur

Très positif.

Carte de crédit

Négatif.

Télévision

Positif.

Bouteille de bière ou de vin

Ah oui, positif ! Le vin, quelle belle découverte !

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

« Amenez-moi vos idées, si c’est réalisable, je les mènerai à terme. » Un peu comme René Lévesque, qui était très à l’écoute des gens.

Rachel Leborgne

Kahnawake

20 ans, Athlète

Qu’est-ce qui vous préoccupe en ce moment ?

La vie est bonne. Je n’ai pas de préoccupations, pas d’inquiétudes.

Quelle est la dernière chose qui vous a mis de bonne humeur ?

Je viens de faire une offre d’achat sur une maison à Châteauguay, et ça augure bien. Je crois que c’est une bonne raison d’être de bonne humeur !

Quelle est la dernière chose qui vous a mis en colère ?

Quand j’ai su que je ne pourrais pas être entraîneur de soccer cette année en raison d’un conflit d’horaire avec mon travail. L’an dernier, j’ai coaché l’équipe féminine U10 ici, à Kahnawake, j’ai adoré.

Quelle est la dernière personnalité publique dont la mort vous a ému ?

Une personnalité publique ? Si je n’ai pas connu la personne de près, que je ne l’ai pas côtoyée, ça ne me touche pas vraiment. Par contre, plusieurs décès sont survenus dans notre communauté et je crois que ça a marqué tout le monde ici.

Si vous pouviez et vouliez vivre dans une autre ville du Québec, laquelle serait-ce, et pourquoi ?

Je dirais Sherbrooke. J’y ai vécu pendant un moment pour les études. J’y ai fini mon collège et commencé l’université. J’aimais bien ça là-bas, mais je n’ai pas vraiment eu la chance d’explorer le Québec.

Si vous pouviez changer une seule chose dans votre circonscription, qu’est-ce que ce serait ?

Nous sommes une communauté forte, soudée, mais j’aimerais changer certaines choses, comme la structure d’intervention au sujet de l’alcool et des drogues. Dans la communauté, il y a eu plusieurs incidents et accidents impliquant drogues et alcool. Il faut absolument s’attaquer de front au problème.

Si vous pouviez changer une seule chose au Québec, qu’est-ce que ce serait ?

J’aimerais qu’il y ait un équilibre entre les langues. Je déteste que le français soit aussi prédominant au Québec. Je comprends qu’on doive apprendre les deux langues ; je connais moi-même le français et l’anglais. Mais c’est un double standard. Dans certains endroits, ils ont de la difficulté à parler l’anglais ou refusent carrément de s’adresser à nous en anglais.

Quel est le dernier contenu que vous avez partagé sur Facebook ?

Ma mère vient de démarrer un groupe de course avec ses amies, ici à Kahnawake. Elle propose une séance d’information demain soir, j’ai partagé leur annonce.

Où vous voyez-vous dans cinq ans ?

Je me vois définitivement dans la police ou les forces de l’ordre et, je l’espère, mère d’un enfant d’ici là. Je voulais me joindre à la GRC, j’ai été acceptée, mais j’ai réalisé que ce n’était pas pour moi ; je n’étais pas prête à quitter ma communauté. Je veux rester près de ma famille et de mes amis. Je pense devenir Peacekeeper.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, être québécois ?

Je ne me considère pas comme une Québécoise. Étant native de Kahnawake, je ne me sens pas capable de répondre à la question, je n’ai jamais eu l’impression d’être québécoise.

Faites un vœu...

J’ai l’impression que tout le monde rêve d’argent, mais moi, je souhaite que le monde réalise qu’il s’en va droit en enfer. Je crois que l’environnement est en péril, c’est un grave problème qu’on semble vouloir ignorer. Les hivers sont plus doux, les étés plus chauds. C’est triste de voir tant de déchets dans l’eau, sur le bord des routes. J’ai l’impression qu’on ne fait rien pour protéger la Terre nourricière.

Que feriez-vous si vous gagniez une somme importante ?

Je construirais un complexe sportif en ville, j’y pense depuis tellement longtemps. Les sports ont été toute ma vie. J’aimerais qu’il y ait de grands terrains de soccer intérieurs. Le soccer et la crosse sont très populaires ici, on pourrait y jouer l’hiver. J’aiderais ma famille d’abord, mais je ferais quelque chose pour la communauté. Je sais que si des gens ici gagnaient une grosse somme, ils feraient pareil.

Dans votre vie, ces cinq objets sont-ils positifs ou négatifs ?

Téléphone

Positif, pour le contact avec mes proches.

Ordinateur

Négatif.

Carte de crédit

Négatif.

Télévision

Négatif.

Bouteille de bière ou de vin

Négatif.

Vous devenez premier ministre demain. Quelle est la première phrase de votre premier discours ?

« Bienvenue à tous ! » Je m’exprimerais en mohawk et en anglais. Je remercierais les gens de m’avoir choisie et je leur dirais que des changements sont à venir.

Montérégie (Ouest)

Ce qu’il faut savoir

1 550 534 habitants*
18,5 % de la population québécoise (2017)
*Chiffres pour l’ensemble de la Montérégie

La Montérégie est une des très grandes régions du Québec. Son territoire comprend 15 MRC regroupant 177 municipalités. On y trouve aussi deux réserves amérindiennes de la nation mohawk : Kahnawake et Akwesasne. Après Montréal, c’est la région la plus populeuse avec 1,5 million d’habitants (18,5 % de la population). Depuis 30 ans, elle connaît l’une des meilleures croissances démographiques de la province.

Taux de chômage

4,6 %

contre 6,1 % pour le Québec (2017)

PIB/habitant*

34 812 $

contre 42 507 $ pour le Québec (2015)

*Niveau d’activité économique par habitant. Le produit intérieur brut (PIB) comptabilise les biens et services produits (à l’intérieur de la région, dans ce cas).

Revenu disp./hab.*

28 738 $

contre 27 723 $ pour le Québec (2016)

*Part du revenu qui reste à la disposition des particuliers pour la consommation et l’épargne, après impôts, cotisations, etc.

Répartition de la population par groupe d’âge (2016)

0-19 ans : 21,7 %

contre 20,6 % pour le Québec 

20-64 ans : 60,6 %

contre 61,3 % 

65 ans et plus : 17,7 %

contre 18,1 %

Scolarité (2016)

Sans diplôme : 13,2 %

contre 13,3 % pour le Québec

Universitaire : 26,7 %

contre 29,4 %

Économie

Pour la Montérégie dans son ensemble : première transformation des métaux, fabrication de produits chimiques, fabrication d’aliments, cultures agricoles et élevage, fabrication de matériel, d’appareils et de composants électriques. En 2015, son indice de développement économique a surpassé celui de la province, alors qu’historiquement il se trouvait dans la moyenne. Comme partout au Québec, le secteur des services constitue le principal moteur de la région, en employant 75 % de la main-d’œuvre. Cela dit, sa structure économique est aussi fortement tournée vers le secteur secondaire (fabrication et construction). Elle arrive d’ailleurs en tête pour le nombre d’emplois dans le secteur de la fabrication, avec 115 700, devant Montréal.

Agriculture

La Montérégie est avantagée en raison du climat favorable du sud du Québec et de la qualité de ses sols. Elle se classe au premier rang provincial pour la production de poulet, de porc et de lait. Elle détient aussi la première place dans les productions légumières, pomicoles, viticoles et en serre.

les MRC de l’ouest de la Montérégie

Agglomération de Longueuil

Inclut Boucherville, Brossard, Saint-Lambert, Saint-Hubert et Saint-Bruno-de-Montarville

423 525 habitants

Revenu disp./hab. : 29 201 $ (2015)

Roussillon

Châteauguay, La Prairie, Sainte-Catherine, Saint-Constant, Candiac et Delson

183 416 habitants

Revenu disp./hab. : 27 296 $ (2015)

Vaudreuil-Soulanges

Vaudreuil-Dorion, Hudson, L’Île-Perrot, Pincourt et Rigaud

150 555 habitants

Revenu disp./hab. : 29 261 $ (2015)

Beauharnois-Salaberry

Salaberry-de-Valleyfield, Beauharnois

64 814 habitants

Revenu disp./hab. : 25 088 $ (2015)

Jardins-de-Napierville

Saint-Bernard-de-Lacolle, Hemmingford, Saint-Rémi

28 315 habitants

Revenu disp./hab. : 26 680 $ (2015)

Haut-Saint-Laurent

Huntingdon, Ormstown, Franklin

24 599 habitants

Revenu disp./hab. : 22 600 $ (2015)

Principales villes de l’ouest de la Montérégie (2016)

Longueuil : 245 094 habitants, 5e rang au Québec

Brossard : 86 876, 12e

À l’Assemblée nationale (2014)

La Pinière

Gaétan Barrette PLQ

Majorité : 15 503

Taux de participation : 74,8 %

Huntingdon

Stéphane Billette PLQ

Majorité : 7240

Taux de participation : 70,1 %

Soulanges

Lucie Charlebois PLQ

Majorité : 7923

Taux de participation : 74,9 % 

Marie-Victorin

Catherine Fournier PQ

Majorité : 4599

Taux de participation : 25,7 % (2016)

Taillon

Diane Lamarre PQ

Majorité : 1372

Taux de participation : 70,8 %

Beauharnois

Guy Leclair PQ

Majorité : 3290

Taux de participation : 68,0 % 

Laporte

Nicole Ménard PLQ

Majorité : 7803

Taux de participation : 73,0 % 

La Prairie

Richard Merlini PLQ

Majorité : 435

Taux de participation : 78,3 % 

Châteauguay

Pierre Moreau PLQ

Majorité : 9619

Taux de participation : 72,6 % 

Vaudreuil

Marie-Claude Nichols PLQ

Majorité : 20 512

Taux de participation : 78,0 % 

Vachon

Martine Ouellet ind.

Majorité : 176

Taux de participation : 75,0 % 

Montarville

Nathalie Roy CAQ

Majorité : 1607

Taux de participation : 75,0 % 

Sanguinet

Alain Therrien PQ

Majorité : 949

Taux de participation : 74,2 %

Sources

Le Québec chiffres en main, Institut de la statistique du Québec, 2018

Panorama des régions du Québec, édition 2017, ISQ

Portrait régional, Montérégie, hiver 2018, ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, Québec

Portail du Québec/Montérégie

Région administrative Montérégie, Études régionales, avril 2017, Desjardins

Élections Québec

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.