Prise d’anticoagulants

Moins de prises de sang, plus d’autonomie et de liberté

Au Québec, plus de 50 000 patients doivent prendre de la warfarine, un médicament prévenant la formation de caillots dans le sang. Ce traitement nécessite un suivi régulier, qui peut prendre la forme de fréquentes prises de sang en clinique allant d’une à plusieurs fois par mois. Or, pour de nombreux patients, une autre solution offre davantage d’autonomie et de liberté : l’autosurveillance de la coagulation sanguine à l’aide d’un appareil électronique comme CoaguChek®. Voici comment ça fonctionne.

Comprendre les médicaments anticoagulants

Que ce soit suite à une chirurgie cardiaque ou parce que leur circulation sanguine est irrégulière ou trop lente, certains patients se voient prescrire des anticoagulants oraux comme la warfarine. Ces médicaments permettent «  d’éclaircir le sang  » afin de prévenir la formation de caillots. En contrepartie, les patients deviennent beaucoup plus à risque de saignement en cas de blessure. Tout au long du traitement, il faut surveiller étroitement la vitesse à laquelle le sang coagule à l’aide du test RIN (rapport international normalisé) pour établir ou ajuster la dose requise.

Prises de sang en clinique : de nombreux inconvénients

Traditionnellement, le test RIN nécessite des prises de sang fréquentes, soit une à plusieurs par mois. Lorsqu’il faut se déplacer en clinique chaque fois, l’impact sur le quotidien est grand : absentéisme au travail, frais récurrents de stationnement, difficulté à se déplacer pour les personnes à mobilité réduite, impossibilité de partir en voyage… Ces visites fréquentes mobilisent également d’importantes ressources du système de santé ; elles nécessitent le travail d’infirmières, de techniciens en laboratoire et de médecins pour chaque analyse, en plus d’accroître le risque d’exposition des patients plus vulnérables à des virus contagieux en milieu hospitalier.

CoaguChek® : un appareil simple à utiliser

«  Le temps de coagulation peut aussi être mesuré de façon très fiable directement sur le patient, en utilisant un petit appareil de lecture portatif  », explique le Dr Jens Heidrich. Le coagulomètre CoaguChek® permet ainsi aux patients de prendre en charge eux-mêmes la surveillance de leur coagulation sanguine et de participer activement à leur traitement. Il suffit de prélever une goutte de sang au bout d’un doigt – pratiquement sans douleur – et d’insérer la bandelette-test dans le dispositif pour analyse. En une minute seulement, le système révèle le résultat de coagulation avec une précision très comparable à celle d’un test en laboratoire.

Les bienfaits de l’autosurveillance

Plutôt que d’avoir à se déplacer dans un établissement de santé, d’attendre leur tour, de se soumettre à une prise de sang puis de rentrer chez eux ou de se rendre au travail, ceux qui adoptent l’autosurveillance consacrent à peine une minute au test.

Le Dr Samer Makhaly, médecin résident et chercheur en hématologie à l’Université McGill, partage l’accueil positif fait au système CoaguChek par ses patients. «  Nos patients font partie d’une étude qui les aide à devenir responsables de leur posologie de warfarine  », explique le médecin. «  Avec une formation adéquate, ils trouvent le dispositif convivial, pratique et rapide.  »

De nombreuses études ont démontré que les patients qui mesurent fréquemment leur RIN eux-mêmes présentent de meilleurs résultats thérapeutiques et moins de risques de complications1, 2. «  Avec l’aide de solutions de soins décentralisés, les patients qui gèrent leur propre dosage de warfarin, se sentent autonomes et participent activement à leurs propres soins  », ajoute le Dr Makhaly. «  Cela a eu une incidence positive sur de nombreux aspects, y compris la fidélité au traitement et la durée pendant laquelle les patients se situent dans leur intervalle cible du RIN.  » Respecter cette marge thérapeutique se traduit par une diminution du risque de caillots sanguins et de saignements importants. 1, 2

Par ailleurs, la combinaison de la warfarine et de l’autosurveillance par prise en charge personnelle est une solution économique pour la prévention des AVC et offre une efficacité égale ou supérieure à celle de la nouvelle classe d’anticoagulants oraux.

Remboursé par la plupart des assureurs et par le gouvernement du Québec

Le coût du coagulomètre (environ 350 $), de même que celui des bandelettes-tests, est remboursé par la plupart des assureurs privés du Québec. Pour les patients couverts par le régime d’assurance médicaments du Québec, la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre les frais des bandelettes-tests.

1. Garcia-Alamino JM. Self monitoring and self management of OAT. Cochrane Review 2010.

2. CADTH. Guidance on the usage of POC. CADTH Report 2014_Vol 3_Issue 1C

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