FMI

Kristalina Georgieva bientôt nommée

Le Fonds monétaire international (FMI) s’apprête à nommer au poste de directrice générale la Bulgare Kristalina Georgieva, actuelle numéro deux de la Banque mondiale et unique candidate à la succession de Christine Lagarde. Elle devra faire face au ralentissement de l’économie mondiale, à la guerre commerciale et à la crise argentine. Sa nomination doit être officialisée au plus tard le 4 octobre. — Agence France-Presse

Prix du miel

La baisse de demande et les fraudeurs font mal aux producteurs d’ici

Le prix mondial du miel est en chute libre depuis quelques années. Et le Canada n’est pas épargné par cette dégringolade. En 2014, le miel canadien se vendait 2,25 $ la livre, comparativement à 1,55 $ la livre cette année, selon les chiffres issus des activités commerciales d’ODEM International, une entreprise québécoise qui fait de l’importation et de l’exportation un peu partout dans le monde.

« [On se retrouve dans] un marché mondial dans lequel il y a une demande qui s’est écroulée depuis 2014-2015 et qui, depuis, n’arrête pas de descendre parce qu’il n’y a plus la demande soutenue qu’il y avait avant, explique Sébastien Pou, vice-président négoce et développement d’ODEM International, interrogé hier en marge du Congrès international d’apiculture (Apimondia) qui se tient jusqu’à jeudi à Montréal. On a eu des nouvelles origines qui sont arrivées sur le marché qui ont aussi causé la baisse des prix parce qu’il y a eu plus de disponibilités. Ça aussi, ç’a eu une petite incidence sur les prix. »

La présence de miel falsifié sur le marché – sujet que l’on retrouve sur toutes les lèvres au congrès – vendu à des prix compétitifs et produit à coûts moindres contribuerait également à cette diminution. Il s’agit d’un produit dans lequel on ajoute notamment du sirop de sucre raffiné. « Eh oui, la baisse des prix, de façon générale, est tirée vers le bas à cause aussi des fraudeurs qui, eux, arrivent avec des prix très, très, très compétitifs », admet M. Pou.

Et le consommateur ne profite pas non plus de cette diminution de prix. Le miel qu’il mange sur son pain grillé ne coûte pas moins cher, estime le vice-président négoce et développement d’ODEM International. « Ceux qui en profitent, ce sont les distributeurs. »

Il souligne par ailleurs que les temps sont durs pour les apiculteurs.

« C’est triste. Ça fait deux ou trois ans que c’est vraiment pénible pour [eux]. Et on le voit. En plus, avec une récolte qui est très mauvaise. Cette année, c’est vraiment morose. »

— Stéphane Pou

Inquiet de la situation, Anicet Desrochers, propriétaire des Miels d’Anicet à Ferme-Neuve, dans les Hautes-Laurentides, n’a toutefois pas l’intention de diminuer le prix de ses pots. L’apiculteur vend son miel 5 $ la livre. Il peut parfois atteindre entre 7 $ et 8 $ la livre, s’il est plus rare et plus difficile à produire. « Il n’y a pas de fluctuation dans mes prix, a-t-il déclaré lorsque La Presse l’a interrogé au congrès, près du stand de son entreprise. Il faut que je développe ma propre mise en marché, ce que je fais depuis 20 ans, pour en arriver à dire : “Mon prix, c’est ça, si tu le veux, tu l’achètes, si tu ne le veux pas, laisse-le là, il va y en avoir un autre qui va l’acheter.” »

« On a bâti une commercialisation associée à la qualité de nos miels, ajoute-t-il. Les gens n’achètent plus nos miels par rapport à une couleur, mais par rapport à ce que ça goûte. »

Peu de miel falsifié au pays

Bonne nouvelle, les risques que les amateurs de miel d’ici se retrouvent avec un produit falsifié dans le panier d’épicerie sont plutôt faibles, croit Sébastien Pou. Rappelons que, dans son plus récent rapport de surveillance de l’authenticité du miel publié en juillet, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a noté que les 52 échantillons – sur un total de 240 – qui ne satisfaisaient pas aux normes étaient tous des produits importés. « Il y a très peu de miel de table importé au Canada, souligne M. Pou. Ce qui est importé ici, c’est du miel industriel. La quantité d’importation au Canada, c’est 7000 tonnes. Ce n’est pas grand-chose. On consomme notre miel. On en produit quand même 40 000 tonnes. »

En comparaison, les États-Unis en importent annuellement 200 000 tonnes. « La fraude est un enjeu colossal pour l’industrie du miel, insiste-t-il. C’est un plus gros enjeu pour le marché américain. Le marché canadien, vraiment, ça reste un petit enjeu. [Mais] il faut tous jouer avec les mêmes règles du jeu. »

Le miel en chiffres

9859 Nombre d’apiculteurs au Canada 

340 Nombres d’apiculteurs au Québec

42 % Proportion du miel au Canada produit en Alberta

5 % Proportion du miel au Canada produit au Québec

Sources : Agriculture et Agroalimentaire Canada (2016), Portrait-diagnostic sectoriel de l’apiculture au Québec (2016)

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