États-Unis

Un programme pour réduire le prix des médicaments

WASHINGTON — Donald Trump a annoncé hier un plan d’action pour réduire le prix des médicaments aux États-Unis, parmi les plus élevés au monde, mais l’opposition démocrate l’a accusé de ne pas aller aussi loin qu’il l’avait promis pendant la campagne électorale.

« Nous allons accroître la concurrence et réduire les obstacles réglementaires pour que les médicaments puissent arriver sur le marché plus vite et pour moins cher », a assuré le président américain lors d’un discours à la Maison-Blanche aux côtés du ministre de la Santé Alex Azar.

« Nous allons court-circuiter les intermédiaires qui sont devenus très, très riches. »

— Donald Trump

Le plan vise essentiellement à faire baisser le prix des médicaments pour les personnes âgées et les retraités couverts par le programme d’assurance sociale Medicare. Mais il ne prévoit pas la possibilité, évoquée par M. Trump pendant la campagne électorale, de laisser Medicare négocier directement le prix des médicaments avec les compagnies pharmaceutiques pour obtenir des prix plus concurrentiels.

Tout en se félicitant de l’initiative du président républicain de s’en prendre aux groupes pharmaceutiques, la sénatrice démocrate Claire McCaskill a indiqué dans un communiqué ne pas comprendre « pourquoi le président a renoncé à son idée de laisser Medicare négocier le prix des médicaments directement, ce qui permettrait à des millions de gens de faire des économies ».

Le prix des médicaments est l’un des serpents de mer de la politique américaine. Selon des statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les États-Unis ont les dépenses de santé les plus élevées des pays industrialisés avec près de 10 000 $ par habitant, le prix des médicaments en représentant une importante partie.

Donald Trump a également accusé les pays étrangers d’être en partie responsables des prix élevés des médicaments aux États-Unis. « Quand les gouvernements étrangers obtiennent des compagnies pharmaceutiques américaines des prix déraisonnablement bas, les Américains doivent payer plus pour subventionner les énormes coûts de recherche et de développement », a-t-il affirmé. « C’est ridicule et cela ne va pas durer », a-t-il lancé, sans toutefois désigner nommément de pays.

« Absurdité »

Le plan présenté hier reproche notamment à « d’autres pays avec des systèmes de santé socialisés d’obliger les groupes américains à consentir des prix déloyalement bas, plaçant le fardeau du développement des médicaments essentiellement sur les patients et contribuables américains, ce qui revient à subventionner les consommateurs étrangers et à réduire l’innovation et le développement de nouveaux traitements ».

« Nos partenaires commerciaux doivent apporter leur quote-part à la recherche et au développement pharmaceutiques en apportant des niveaux suffisants de protection de la propriété intellectuelle et en ayant des systèmes de fixation des prix équitables et transparents. »

— Robert Lighthizer, ambassadeur américain pour le Commerce

« Demander à l’Allemagne de faire davantage payer ses citoyens pour les médicaments pour faire payer moins les Américains est une solution de facilité et une absurdité à laquelle personne ne peut croire », a réagi le sénateur démocrate Chuck Schumer dans un communiqué, parlant de « poudre aux yeux » et accusant le président Trump de ne pas avoir apporté de véritable réponse.

À Wall Street, les actions des grands groupes pharmaceutiques n’ont pas souffert de l’annonce, Merck gagnant en clôture 2,81 %, Pfizer, 1,31 %, Bristol-Myers, 1,39 %, Eli Lilly – dont M. Azar est l’un des anciens dirigeants –, 1,97 %.

De l’aide à la Corée du Nord sous condition

Les États-Unis sont « prêts » à aider l’économie nord-coréenne et à apporter des « garanties » à Kim Jong-un, si Pyongyang prend des « mesures courageuses » en vue d’une « dénucléarisation rapide » et « complète », a déclaré hier le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Lors d’une rencontre avec son homologue sud-coréenne Kang Kyung-wha à Washington, les deux ministres ont réaffirmé leur demande d’une « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible » de la péninsule coréenne. « Je pense qu’il y a un accord total sur ce que sont les objectifs ultimes », a assuré Mike Pompeo, de retour de Corée du Nord où il a rencontré le dirigeant nord-coréen pour préparer son sommet du 12 juin avec Donald Trump.

— Agence France-Presse

Une remarque sur McCain qui passe très mal

L’opposition du sénateur John McCain à la nomination de la candidate pour diriger la CIA n’est pas grave, car « il va mourir de toute façon » : les propos d’une employée de la Maison-Blanche envers cette figure respectée de la politique américaine ont déclenché une vive polémique. Selon des médias américains, la remarque visant ce sénateur atteint d’un cancer du cerveau émane de Kelly Sadler, membre de l’équipe de communication de Donald Trump, qui s’est exprimée jeudi lors d’une réunion. Interrogée à plusieurs reprises sur ce sujet, Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche, a refusé de s’excuser au nom de l’exécutif. La fille de John McCain, Meghan, a estimé que l’auteure de cette remarque devait être limogée.— Agence France-Presse

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