Victor et Julia Mete partagent un lien spécial

Bien avant que Victor Mete patrouille la ligne bleue des Canadiens, il prenait note des précieux conseils de sa sœur aînée, Julia.

Sa sœur aînée, Julia, qui est plus vieille que Victor de trois ans était une patineuse artistique en pleine ascension.

Victor la regardait souvent s’entraîner sur une patinoire située à deux pas de leur maison familiale à Woodbridge, en Ontario, et la paire adorait également se retrouver sur la glace ensemble.

Et Julia était plus que disposée à partager certaines connaissances en termes de patinage avec son jeune frère et à l’aider à progresser dans cet aspect primordial de son jeu.

« Nous avons beaucoup travaillé sur les petits détails. Elle était une patineuse artistique, donc c’était évidemment un peu différent. Nous allions sur la glace et elle me montrait quelques techniques. J’ai essayé d’utiliser ses conseils pour avoir un meilleur équilibre, en utilisant davantage les extrémités de mes lames de patins », a expliqué Victor à propos des séances d’entraînement avec sa sœur. « Nous avions également une patinoire dans notre cour arrière, alors nous y allions aussi. »

Julia se souvient que Victor était un étudiant modèle, attentif et qui désirait constamment s’améliorer.

« Il était bon. Il est quelqu’un de très attentif. La plupart des gens disent qu’il est facile de lui enseigner quelque chose et qu’il apprend très vite », se souvient Julia, qui a assisté au 100e match en carrière dans la LNH du jeune défenseur au Scotiabank Arena à Toronto le 23 février dernier. « Il ne répond pas. Il veut juste apprendre et il est très ouvert d’esprit, c’est la raison pour laquelle il est rendu là. »

Victor n’hésite pas à admettre que le temps passé à travailler avec Julia a porté fruit sur le long terme. Son coup de patin est désormais l’un de ses points forts.

« Je me sens encore plus confortable sur les extrémités de mes lames de patins, à quel point je peux descendre et profiter de cet avantage », a mentionné Victor. « C’est la même chose lorsque je patine de reculons. Je peux pousser de chaque côté pour tourner. Je suis tellement rendu habitué à force de l’avoir fait quand j’étais jeune. Maintenant, je le fais avec un équipement de hockey et ça ne fait aucune différence. »

Cependant, il y a encore un débat à savoir lequel de la famille Mete est le meilleur patineur. Victor et Julia aiment toujours en rire de temps en temps.

« Je lui dis encore que je suis une meilleure patineuse que lui », a dit en riant Julia. « Mon père pense qu’il est un meilleur patineur de reculons, mais en patinage artistique, tu patines constamment de reculons. C’est la raison pour laquelle je pense toujours que je suis meilleure que lui. Nous nous disputons tout le temps à ce sujet. »

Victor n’est pas nécessairement d’accord avec cette évaluation.

« Je ne sais pas si je le crois encore. C’était une très bonne patineuse, mais c’est plus facile de faire du patinage artistique avec les petits piques au bout de ses patins. Je ne sais pas, nous devrions peut-être nous affronter de nouveau », a plaisanté Victor. « Nous avions l’habitude de courir beaucoup, cependant. Je la battais tout le temps. Elle a probablement dit autrement, mais je gagnais constamment. »

Aucune rivalité fraternelle

De nos jours, Victor et Julia sont parmi les plus grands supporteurs de l’un et de l’autre.

Victor n’a pas de mot assez fort pour décrire l’importance de son soutien jusqu’à maintenant.

« Elle a toujours été présente dans les moments importants pour moi. Tous les tournois de hockey européens, Ivan Hlinka, elle y était, la coupe Memorial, le Championnat mondial junior, mon premier match dans la LNH, mon 100e match dans la LNH. Elle a été avec moi à chacune de mes grandes réalisations. Elle n’était pas obligée de le faire, mais elle était là et j’apprécie grandement », a félicité le vétéran de deux ans dans la LNH. « Elle m’envoie toujours des textos, et elle est excitée de venir me voir. Elle est allée à Montréal à quelques reprises cette année, juste pour passer du temps et nous passons beaucoup de temps ensemble durant l’été. »

De même, Julia dit que Victor l’a toujours soutenue tout au long de sa carrière.

Bien que Julia se soit finalement intéressée au patinage artistique, elle a toujours voulu être une joueuse de hockey. Elle travaille désormais en tant qu’entraîneur de "power skating" au All-Star Hockey School à Toronto, en plus d’agir en tant qu’assistante-entraîneur avec les Rangers de North York au niveau Midget AAA.

« Nous avions un match le jour qu’il est revenu à la maison à la suite du voyage à Las Vegas avant le congé des Fêtes. Nous l’avons pris à l’aéroport à 6h00 du matin et il est venu voir le match à l’aréna », s’est remémorée Julia avec un sourire. « Il a même fait un discours d’avant-match aux gars et a regardé le match par la suite. »

C’est exactement le genre de personne que Victor est, selon Julia.

« Il a le plus grand cœur et il est très passionné par le jeu. Je connais beaucoup de joueurs de hockey et je sais que mon frère aime tout ce qui concerne le hockey. Il vit et respire tout ce qui a à voir avec ça. C’est un gars de famille. Il veut toujours rendre les gens heureux », a félicité Julia. « Il est drôle et il aime ses partisans et sa famille. Tout est à propos de nous et de tous les autres. Il veut juste rendre tout le monde heureux à la fin de la journée. »

Et elle ne pourrait être plus heureuse de le voir connaître du succès au plus haut niveau du hockey.

« C’est toujours surréaliste pour moi. Je me souviens encore du jour où il a été repêché. J’ai juste commencé à pleurer. Je ne savais même pas quoi faire », a déclaré Julia. « Tout le monde disait qu’il était trop petit pour jouer, mais regarder où il est maintenant. Je suis tellement fière de lui. »

Une belle histoire

Victor a raconté une histoire, en particulier, qui offrait un autre aperçu du lien privilégié qu’il partage avec Julia.

« En grandissant, nous étions toujours dans la voiture ensemble. Je me souviens qu’une année, nous faisions des rénovations chez moi et que nous devions rester chez ma grand-mère et vivre à peu près dans la même pièce pendant environ un an. Nous avons en quelque sorte passé beaucoup de temps ensemble et nous nous parlions comme un frère et une sœur à propos de tout. Elle m’a toujours dit que si j’avais besoin de parler de n’importe quoi, je pourrais aller la voir », a déclaré Victor. « Ensuite, je la voyais à l’école, mon école allait de la maternelle à la 12e année, donc je la voyais toujours dans les couloirs. Elle a toujours été une grande personne dans ma vie, la voyant partout. »

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Pierre-Antoine Mercier

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