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C'ÉTAIT MAL CONNAÎTRE L’ ADVERSAIRE...

TORONTO — Tout le monde dit que les États-Unis ont bâti leur équipe de la Coupe du monde avec comme seul objectif de battre le Canada. D’où la présence des Justin Abdelkader, David Backes et Brandon Dubinsky dans la formation. Mais si c’était vraiment le cas, comment pouvaient-ils penser que c’est en affichant plus de hargne, et non en réunissant un maximum de talent, qu’ils arriveraient à battre le Canada ?

J’ai posé la question à T.J. Oshie, hier midi : pouvez-vous être plus combatifs que le Canada ?

Après avoir fait l’éloge des deux formations, Oshie a conclu en disant : « Si ça se décide à 100 % sur les habiletés, ils vont gagner. À 100 % sur la combativité, c’est nous qui gagnons. »

Il y a plusieurs choses qui ne fonctionnent pas là-dedans. D’abord, cet a priori que dans un tournoi d’une telle envergure – que la LNH a conçu dans l’espoir de rassembler la plus grande concentration de talent jamais vue –, la combativité pouvait battre le talent. C’est bien mal connaître l’adversaire qu’on veut vaincre.

Les joueurs d’Équipe Canada, en plus de leurs habiletés naturelles, ne manquent pas de combativité. Pas besoin de jouer des bras : Matt Duchene a gagné sa position à côté du but adverse face au robuste Dustin Byfuglien pour marquer son premier de la soirée en démontrant plus de volonté. Sidney Crosby n’a pas hésité à se frotter à ce même Byfuglien derrière le filet américain en deuxième période. Avec quatre secondes à faire dans le match, Jonathan Toews s’est étendu pour bloquer un tir.

La combativité, c’est aussi le désir pur de gagner.

C’était mal connaître son adversaire, mais peut-être aussi que les Américains ne se connaissaient pas suffisamment eux-mêmes. S’ils se définissent par leur caractère coriace, pourquoi ont-ils attendu les sept dernières minutes pour montrer les dents ? Ça leur a pris tout ce temps à se remettre... du premier but du Canada. Celui qui nivelait la marque 1-1.

« Vous pouvez critiquer notre alignement tant que vous voulez, mais nous avons des joueurs très doués dans notre équipe, a répliqué l’entraîneur-chef John Tortorella. Nous n’en avons simplement pas fait assez offensivement. »

Max Pacioretty, qui a connu un match très difficile, est certainement l’un de ceux qui n’en ont pas fait assez. Son entraîneur le lui a fait bruyamment savoir tôt dans la rencontre. En plus de l’utiliser sur le quatrième trio, Tortorella l’a privé d’avantage numérique.

De l’autre côté, c’est le quatrième trio du Canada – mené par Matt Duchene – qui faisait les dommages…

QUELLE RIVALITÉ ?

Cette prétendue rivalité ne serait-elle qu’un pétard mouillé ? Elle existe dans la tête de l’équipe américaine qui, au lieu de se voir comme l’équivalent du Canada, devra prendre acte de la distance qui la sépare de sa rivale. Mais chez les hommes de Mike Babcock, c’est dur de ne pas les croire lorsqu’ils disent que les affrontements Canada-États-Unis sont des matchs comme les autres.

« Tous nos matchs sont intenses, tout le monde veut battre notre équipe. Ce ne sera pas différent ce soir », a indiqué Marc-Édouard Vlasic en matinée.

« Honnêtement, peu importe qui on élimine, on veut continuer d’avancer dans le tournoi. Les États-Unis étaient devant nous, et c’est ce qu’on se devait de faire. »

— Patrice Bergeron

À tout prendre, le système défensif hyper étanche de la Suède, qui ne sacrifie rien au jeu de passes ou à la vitesse d’exécution, sera peut-être plus en mesure d’enrayer le rouleau compresseur canadien. On verra.

Mais la mauvaise nouvelle pour toutes les autres formations, c’est que malgré un match entièrement à la faveur du Canada, l’entraîneur-chef n’est pas satisfait.

« Il y a des moments dans ce match où nous n’étions même pas proches d’être aussi bons que nous pouvons le faire », a lâché Mike Babcock après la rencontre.

Le Canada sera de retour en action ce soir contre l’Europe. Carey Price obtiendra un répit. C’est Corey Crawford qui obtiendra le départ et Braden Holtby sera son adjoint.

AUJOURD’HUI

15 h

Amérique du Nord c. Suède

20 h

Europe c. Canada

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