ASTHME ET ALLERGIES

Allaitement

Il est bien documenté que l’allaitement maternel a un effet sur la composition du microbiome intestinal des bébés. Les études montrent que l’allaitement retarde, chez l’enfant, le développement d’un microbiome semblable à celui des adultes.

ANIMAL DE COMPAGNIE

La présence d’un animal à la maison est associée de façon significative à la composition du microbiote des nouveau-nés. Des études ont montré que l’exposition à un animal est un facteur de protection contre les allergies.

Autres incidences

D’autres facteurs influencent la composition du microbiome intestinal des bébés. Certains sont liés à la mère – origine ethnique, indice de masse corporelle, nombre de grossesses précédentes. D’autres sont liés à l’environnement, comme l’exposition au tabac pendant la grossesse ou après la naissance.

MODE DE NAISSANCE

La composition du microbiote des enfants nés par césarienne diffère de celle du microbiote des enfants nés par voie vaginale. On observe même des différences significatives entre les enfants nés par césarienne planifiée et ceux nés par césarienne non planifiée, ce qui suggère que même un travail partiel influence le microbiote de l’enfant.

Un pas vers la prévention chez les enfants

Pourquoi une personne se met-elle à souffrir d’allergies alors qu’une autre a plutôt une tolérance envers les allergènes ? Pourquoi le taux d’asthme a-t-il quadruplé depuis 60 ans dans les pays développés ? Est-ce possible de prévenir ces problèmes de santé ? Si oui, comment ?

Ces questions préoccupent la communauté médicale depuis des décennies. Des études récentes, dont l’une publiée la semaine dernière dans le journal Nature Medicine, nourrissent une hypothèse qui suscite l’intérêt des chercheurs : l’origine de l’allergie et de l’asthme pourrait se trouver… dans l’intestin.

C’est une étude menée au Canada qui a ouvert le bal, l’an dernier. Une équipe dirigée par des chercheurs de Colombie-Britannique a découvert qu’à l’âge de 3 mois, les enfants susceptibles de devenir asthmatiques étaient entièrement ou grandement dépourvus de quatre souches de bactéries intestinales.

Comment un microbiome intestinal perturbé peut-il mener au développement de l’asthme et des allergies ? L’étude publiée la semaine dernière propose une explication : les microbes qui vivent dans l’intestin des bébés pendant leur premier mois de vie auraient un impact direct sur le développement du système immunitaire.

« Notre étude apporte la première preuve que les produits associés au microbiome intestinal néonatal anormal sont capables d’induire les problèmes immunitaires associés au développement des troubles allergiques pendant l’enfance. »

— Susan Lynch, coauteure principale de l’étude et professeure associée en médecine à l’Université de Californie à San Francisco

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont utilisé des échantillons de selles congelées récoltés auprès de bébés âgés de 1 mois. Ces nourrissons faisaient partie d’une cohorte d’enfants qui avaient été suivis pendant leurs premières années de vie pour étudier les facteurs de risque de l’asthme et des allergies.

Les chercheurs ont étudié la composition du microbiome des selles. Puis, in vitro, ils ont mis le liquide des selles sur des cellules T d’adulte (des lymphocytes importants qui contrôlent le système immunitaire). Ils ont ainsi découvert qu’un écosystème microbien néonatal perturbé produit des molécules qui réduisent l’abondance d’un type de cellule immunitaire connu pour aider à prévenir les allergies.

« Je pense que le message à retenir, c’est qu’on doit vraiment considérer des interventions en tout début de vie pour prévenir le trouble allergique et le développement de l’asthme pendant l’enfance », a indiqué Susan Lynch.

D’AUTRES RECHERCHES NÉCESSAIRES

Cette découverte est une « pièce importante » du casse-tête, estime la Dre Christine T. McCusker, chef du service Allergie et immunologie pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Mais il reste « un long chemin à parcourir » avant de trouver une intervention précise pour prévenir l’asthme et les allergies, croit-elle.

« Vous pouvez acheter du Activia, du BioK ou toutes ces choses qui sont censées aider la santé intestinale. Si on se base sur les études, tout ce que vous faites, c’est de produire des crottes qui coûtent cher [expensive poop], résume la Dre McCusker. Ce n’est pas aussi simple que de dire : nous devons ajouter tel ou tel microbe. Quand ils font ces études, ils mesurent des millions de microbes différents. Et ils ne sont pas rendus au point de dire précisément que tel cocktail de microbes serait préférable à tel autre. »

Susan Lynch estime elle aussi qu’il faut maintenant tenter de comprendre comment les organismes réagissent entre eux et comment ils sont en mesure d’influencer la réponse immunitaire.

« Je ne crois pas qu’il y aura un organisme qui pourra être efficace pour contrer le développement des troubles allergiques chez tous les nouveau-nés, dit-elle. Nous devons encore comprendre quel organisme, surtout quels groupes d’organismes peuvent être utilisés pour supplémenter des enfants en début de vie en fonction du microbiome intestinal qu’ils ont », dit-elle.

Les Dres Lynch et McCusker ajoutent qu’il faudra aussi éclaircir un aspect central : les facteurs qui influencent le microbiome intestinal chez les nourrissons.

L’hygiène au banc des accusés

Il faut probablement une prédisposition génétique pour avoir des allergies, mais des facteurs environnementaux seraient aussi impliqués, explique la Dre Christine T. McCusker. Selon l’hypothèse de l’hygiène, lancée en 1989, les jeunes enfants dans les pays industrialisés ne seraient pas assez exposés à des agents pathogènes et des microorganismes, ce qui altérerait la formation de leur système immunitaire. « S’il n’y a pas assez de complexité, il n’y a pas assez d’information pour permettre au système d’apprendre ce qui est normal », explique la Dre McCusker. Une des hypothèses proposées stipule qu’un bébé qui évolue dans un monde trop stérile ne développe pas son microbiome au bon rythme.

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