Théâtre

Échos de scène

En vedette

Le Printemps autochtone

Cette semaine, deux productions présentées à Montréal mettent en vedette des interprètes des Premières Nations pour exposer la réalité des peuples autochtones du nord et du sud de notre continent. D’abord, Kiinalik : These Sharp Tools, une création de la compagnie torontoise Buddies in Bad Times Theatre, est à l’affiche d’Espace libre jusqu’au 16 mars.

La pièce, en anglais et en innu sous-titré en français, conteste les normes sexuelles et culturelles. Ses créatrices, Laakkuluk Williamson Bathory et Evalyn Parry, l’une étant Inuk et l’autre « queer », sont également sur la scène pour défendre leur œuvre. « Un dialogue et une rencontre symbolique entre le Nord et le Sud de notre pays, qui s’inscrivent parfaitement dans cette ère de questionnements sociaux et d’identité sexuelle », résume Geoffrey Gaquère, directeur artistique d’Espace libre. C’est la troisième année que ce dernier invite la compagnie de Toronto dans sa maison de la rue Fullum. Elle avait auparavant présenté No Strings (Attached) et Black Boys, deux œuvres qui explorent les thèmes des relations trans et l’identité « queer » et noire.

Puis, du côté de la Cinquième Salle de la Place des Arts, la compagnie Ondinok propose Tlakentli, un spectacle alliant danse et théâtre, sous la direction d'Yves Sioui Durand. Leticia Vera et Carlos Rivera, deux interprètes autochtones du Mexique, de descendance nahua et mixtèque, y partagent leur quête identitaire en puisant dans leur culture et l’histoire de leurs ancêtres. Le spectacle est présenté dans « les trois langues coloniales » : français, anglais et espagnol, ainsi qu’en langue nahuatl. (Du 14 au 16 mars)

— Luc Boulanger, La Presse

Journée mondiale…

Le théâtre selon Widemir

Widemir Normil est le choix cette année du Conseil québécois du théâtre (CQT) pour signer le message québécois de la Journée mondiale du théâtre, qui se tient le 29 mars. Originaire d’Haïti et arrivé à Saint-Jean-sur-Richelieu à l’âge de 6 ans, le comédien a participé à de nombreuses pièces depuis une vingtaine d’années, dont Quai Ouest, Vol au-dessus d’un nid de coucou, Edmond et, plus récemment, Coriolan au TNM.

— Luc Boulanger, La Presse

La citation de la semaine

« En 2018, le monde du théâtre a vécu un vertige qui n’était pas dû au hasard, mais à un manque d’écoute, une absence de remise en question de nos façons de faire et une accumulation de rendez-vous manqués dans l’accueil de la diversité. Mais… de quoi avons-nous peur ? »

— Widemir Normil, extrait de son message 

Un chêne

À tour de rôle 

Avec Un chêne, de Tim Crouch, le metteur en scène Charles Dauphinais propose un spectacle hors du commun à la Salle intime du Prospero. La production met en vedettes deux interprètes, dont l’un, qui change tous les soirs, ne connaît rien de la pièce ! « Une expérience bouleversante qui conteste sans relâche les codes de la théâtralité et le rapport au spectateur », note Dauphinais. Philippe Robert est le comédien assidu à chaque représentation. Parmi les acteurs invités, on retrouve Éric Bernier, Paul Ahmarani, Normand D’Amour, Danielle Proulx et Vincent-Guillaume Otis.

Au Théâtre Prospero, du 13 au 23 mars 

— Luc Boulanger, La Presse

Direction artistique

Départ au Théâtre de la Ville

À la veille du dévoilement de la programmation 2019-2020, Anne-Marie Provencher a annoncé qu’il s’agissait de sa dernière saison à la direction artistique du Théâtre de la Ville à Longueuil. Arrivée en poste en 2006, la directrice souhaite passer le flambeau. « Il s’agit d’une décision longuement réfléchie, prise en sérénité et en accord avec l’équipe du Théâtre de la Ville. Cette passation assurera un renouveau au sein de notre organisme, en continuité avec notre mission artistique plus que jamais forte et inspirante. »

— Luc Boulanger, La Presse

Danse Phenomena

Quand urbain et contemporain s’unissent

Fondateur de la compagnie montréalaise Destins Croisées, Ismaël Mouaraki propose une esthétique qui fusionne les danses urbaines au langage contemporain pour mieux réfléchir à différents phénomènes sociaux et à la condition humaine. Il poursuit dans cette lignée avec Phenomena. Ici, c’est l’évolution de l’humain qui est au cœur du questionnement du chorégraphe, alors que le monde numérique, la réalité virtuelle augmentée et l’intelligence artificielle risquent de bouleverser ce qui définit l’être humain. Danseurs aux corps hybrides dans un espace toujours plus connecté à un flux de données rapide et puissant mettent la table pour un questionnement sur l’immortalité « transhumaniste » et la transcendance de nos limites biologiques.

À L’Agora de la danse, du 13 au 15 mars

— Iris Gagnon-Paradis, La Presse

Aussi à l’affiche…

The Shoplifters

De et mis en scène par Morris Panych

Au Centaur, du 19 mars au 7 avril

Le mystère Carmen, d’Éric-Emmanuel Schmitt Mise en scène : Lorraine Pintal

Au TNM, jusqu’au 16 mars (en tournée dans 13 villes au Québec en avril et en mai)

Guérilla de l’ordinaire, de Marie-Ève Milo et Marie-Claude St-Laurent

Au Théâtre d’Aujourd’hui (salle Jean-Claude-Germain), jusqu’au 28 mars

La Maison aux 67 langues, de Jonathan Garfinkel

Traduction de François Archambault. Avec Ariel Ifergan et Violette Chauveau. Mise en scène : Philippe Lambert

À La Licorne, jusqu’au 23 mars

L’éducation de Rita, de Willy Russel

Mise en scène : Marie-Thérèse Fortin. Avec Émilie Bibeau et Benoît Gouin

Au Rideau Vert, du 19 mars au 20 avril

La Société des poètes disparus

Texte de Tom Schulman. Traduction de Maryse Warda. Mise en scène : Sébastien David

Au Théâtre Denise-Pelletier, du 20 mars au 26 avril 

Une maison de poupée, d’Ibsen

Mise en scène : Benoit Rioux

À la salle Fred-Barry, jusqu’au 29 mars

Quartett, de Heiner Muller Mise en scène : Solène Paré

À l’Espace Go, du 19 mars au 6 avril

Dance Me

Les Ballets jazz de Montréal. Musique : Leonard Cohen. Chorégraphie : Andonis Foniadakis, Annabelle Lopez Ochoa et Ihsan Rustem

Au Théâtre Maisonneuve, du 14 au 23 mars

Backbone

Red Sky Performance. Chorégraphie : Jera Wolfe, Sandra Laronde, Ageer.

À la 5e Salle de la PdA, du 19 au 23 mars

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