Tarifs de l'acier

Morneau inquiet du conflit Chine–États-Unis

Le ministre des Finances fédéral, Bill Morneau, a affirmé hier que le différend commercial entre les États-Unis et la Chine distrayait les pourparlers visant à résoudre le problème des tarifs de l’acier entre le Canada et son principal partenaire commercial. M. Morneau a indiqué que la dispute représentait pour le gouvernement de « multiples défis ». Cela fait en sorte qu’il est plus difficile, pour Ottawa, d’attirer l’attention de Washington sur les tarifs douaniers qui le concernent. Le ministre a indiqué que son bureau était en contact quotidien avec des responsables américains, mais il n’était pas en mesure de donner un échéancier pour la fin des droits de douane. — La Presse canadienne

Accusations de fraude

Qui est la « princesse de Huawei » ?

Surnommée la princesse de Huawei, la directrice financière du géant chinois des télécoms, arrêtée à Vancouver à la demande des États-Unis, est accusée de fraude par la justice américaine, a-t-on appris hier lors de sa comparution.

Meng Wanzhou est soupçonnée d’avoir menti à plusieurs banques au sujet d’une filiale de Huawei afin de pouvoir accéder au marché iranien en violation des sanctions américaines, selon les documents déposés au tribunal de Vancouver.

Mme Meng aurait personnellement nié auprès de banquiers américains tout lien direct entre Huawei et la société Skycom, alors qu’en fait, « Skycom, c’est Huawei », selon l’avocat du gouvernement américain, qui s’est opposé à sa mise en liberté.

La dirigeante, dont les États-Unis demandent l’extradition, est accusée de « complot d’escroquerie au détriment de plusieurs institutions financières », un chef d’accusation qui peut entraîner plus de 30 ans de prison.

De secrétaire à numéro deux

Elle a commencé comme secrétaire, mais semblait partie pour succéder à son père à la tête de Huawei, numéro deux mondial des téléphones portables. Meng Wanzhou n’avait pas prévu de se retrouver entre-temps dans une prison canadienne, au cœur de la rivalité stratégique Chine–États-Unis.

L’événement ne figurait pas dans le plan de carrière de la directrice financière du géant chinois, qui semblait sur une lancée pour devenir l’une des femmes d’affaires les plus puissantes de la planète le jour où elle succéderait à son père à la tête du groupe établi à Shenzhen.

Ren Zhengfei, ancien ingénieur de l’armée chinoise, a fondé Huawei en 1987 avec un capital initial de quelques milliers de dollars. À 74 ans, il reste président du groupe, désormais à la 72e place du classement des 500 premières entreprises mondiales du magazine Fortune, avec un chiffre d’affaires annuel de près de 121 milliards de dollars.

Le groupe est devenu l’un des premiers fournisseurs mondiaux d’équipements pour réseaux de télécommunications, ce qui suscite les soupçons des États-Unis et d’autres pays qui s’alarment de ses liens éventuels avec Pékin.

De dactylo à numéro 2

À la différence des hommes d’affaires un peu ternes qui peuplent les conseils d’administration des grandes entreprises chinoises, Mme Meng a la réputation d’être souriante et accessible, en dépit de son surnom.

Si elle est la fille du fondateur de Huawei, les dirigeants de Huawei assurent que la promotion interne dépend du mérite. L’intéressée insiste sur ses débuts tout au bas de l’échelle. Selon les médias chinois, elle aurait raconté dans une note interne avoir commencé comme standardiste/dactylo.

Elle a ensuite obtenu un diplôme de gestion en Chine avant de rejoindre les services financiers de Huawei.

Une femme discrète

Toujours selon la presse chinoise, elle faisait à ses débuts preuve d’une grande discrétion, au point que peu de gens savaient qui était son père – ne serait-ce que parce qu’elle porte depuis son plus jeune âge le nom de famille de sa mère.

Ren Zhengfei « est un patron au travail et un père à la maison », a déclaré Mme Meng, en cherchant à démontrer que son ascension n’avait rien à voir avec son état de « fille de ». Dans ses interviews, elle parle du « président Ren », jamais de « mon père ».

Huawei, qui n’est pas coté en Bourse, a attendu 2011 pour dévoiler la liste de ses dirigeants – il a alors révélé que Mme Meng occupait les fonctions de directrice financière.

Le groupe dit lui devoir la réorganisation de ses services informatiques et financiers dès le début des années 2000, afin de répondre à sa croissance rapide à l’étranger.

Elle s’exprimerait facilement en anglais et a pris deux prénoms à consonance occidentale, Cathy et Sabrina. Elle a représenté le groupe à l’étranger, apparaissant en 2014 au côté du président russe Vladimir Poutine lors d’un forum économique à Moscou.

On ignore si la femme âgée d’environ 46 ans est mariée, mais la presse chinoise lui attribue deux enfants.

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