Brésil

« Par la voie démocratique, la transformation voulue par le Brésil n’aura pas lieu à la vitesse que nous désirons. »

— Carlos Bolsonaro, l'un des fils du président d’extrême droite du Brésil, a suscité une nouvelle controverse en affirmant sur Twitter qu’une transformation rapide du pays était impossible en respectant la démocratie. (AFP)

Brexit

Boris Johnson en quête d’un accord avec l’UE

Le premier ministre britannique Boris Johnson a affirmé hier vouloir se démener pour trouver un nouvel accord de divorce avec l’Union européenne (UE), après une série de cinglants désaveux à la Chambre des communes qui contrarient sa stratégie d’un Brexit coûte que coûte. Le dirigeant conservateur a déclaré qu’il allait « s’évertuer à obtenir un accord » d’ici au sommet européen les 17 et 18 octobre à Bruxelles, juste après que les députés lui ont refusé tôt hier l’organisation d’élections législatives anticipées. À ceux qui lui reprochent le caractère antidémocratique de la suspension controversée du Parlement pendant cinq semaines, Boris Johnson a répondu – en français – « Donnez-moi un break ! », en marge d’une visite dans une école londonienne. Il a réuni son conseil des ministres dans la matinée pour décider de la marche à suivre après une semaine éprouvante au Parlement, où il a essuyé camouflet sur camouflet et perdu la majorité absolue à la suite de défections et d’expulsions de députés rebelles de son Parti conservateur. 

— Agence France-Presse

Cachemire indien

Craignant un « génocide », le Pakistan veut une enquête de l’ONU

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a demandé hier au Conseil des droits de l’homme de l’ONU d’ouvrir une enquête sur les actions de l’Inde dans le Cachemire indien, craignant qu’un « génocide » s’y produise. « La population du Jammu-et-Cachemire occupé craint le pire […]. Je tremble à l’idée de mentionner le terme de génocide ici, mais tout de même, c’est ce que je dois faire », a déclaré Shah Mehmood Qureshi, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Le Cachemire, divisé entre l’Inde et le Pakistan depuis 1947, est à l’origine de deux conflits majeurs et de heurts innombrables entre ces deux pays. Les tensions se sont ravivées depuis l’annonce, début août, par les autorités indiennes de la révocation du statut spécial du Jammu-et-Cachemire, une décision prise par l’Inde pour libérer du « terrorisme et du séparatisme » ce territoire himalayen à majorité musulmane revendiqué par le Pakistan. — Agence France-Presse

Russie

Un ex-professeur s’immole pour défendre une langue régionale

Un ancien professeur d’université est mort en s’immolant par le feu hier en Russie, en signe de protestation contre la disparition de l’identité et de la langue de sa région natale, ont rapporté les autorités et médias locaux. Albert Razine, 79 ans, sociologue et universitaire à la retraite, était connu pour son combat en faveur de la langue oudmourte, parlée dans une région de l’Oural. Des photos diffusées dans les médias locaux à Ijevsk, capitale de l’Oudmourtie, ont montré un homme se tenant devant le parlement régional avec des pancartes « Ai-je une patrie ? » et « Si mon langage disparaît demain, je suis prêt à mourir aujourd’hui ». Selon l’hôpital local cité par les agences russes, Albert Razine est mort en raison des brûlures sans jamais reprendre connaissance. Le Comité d’enquête russe a de son côté confirmé l’identité du militant et expliqué son geste par sa volonté « de défendre la langue oudmourte », qui appartient à la famille des langues finno-ougriennes parlées en Scandinavie et dans l’Oural. — Agence France-Presse

Nord-ouest de la Syrie

Premiers raids russes depuis l’annonce d’un cessez-le-feu

Des avions russes ont mené hier deux frappes visant des groupes djihadistes dans le nord-ouest de la Syrie, premiers bombardements aériens sur la région depuis l’annonce par Moscou d’un cessez-le-feu il y a 10 jours, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Par ailleurs, un civil a été tué, selon l’OSDH, dans des tirs d’artillerie du régime syrien sur un village du sud de la province d’Idleb, région dominée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche d’Al-Qaïda. Cette province et des secteurs adjacents font l’objet depuis le 31 août d’un fragile cessez-le-feu annoncé par Moscou, après quatre mois de bombardements du régime et de son allié russe qui ont tué plus de 960 civils, d’après l’OSDH. Les frappes aériennes avaient été suspendues depuis, même si, sur le terrain, le cessez-le-feu était régulièrement violé par des tirs d’artillerie. — Agence France-Presse

Irak

Au moins 31 morts dans une bousculade au pèlerinage d’Achoura 

Le pèlerinage chiite d’Achoura à Kerbala, au sud de Bagdad, a été endeuillé hier par une bousculade qui a fait au moins 31 morts et une centaine de blessés, selon les premiers bilans. Cette bousculade est sans précédent à Kerbala, alors que le pèlerinage d’Achoura a déjà été marqué par le passé par des attaques d’extrémistes sunnites. Cette année, près de deux ans après que l’Irak s’est déclaré vainqueur des djihadistes du groupe État islamique (EI), aucun incident n’avait été signalé jusqu’à l’une des toutes dernières étapes de l’Achoura, qui commémore le martyre de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, l’un des événements fondateurs de l’islam chiite. Parmi les blessés, au moins 10 sont dans un état critique, selon le ministère de la Santé. — Agence France-Presse

Israël

Nétanyahou promet d’annexer un pan de la Cisjordanie s’il est réélu

Jérusalem — À une semaine des élections législatives, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a promis, hier, d’annexer un pan stratégique de la Cisjordanie occupée, une promesse destinée à son électorat de droite, mais qui pourrait anéantir « toute chance de paix », selon les Palestiniens.

« Aujourd’hui, j’annonce mon intention d’appliquer, avec un futur gouvernement, la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte », a déclaré M. Nétanyahou lors d’une conférence de presse, précisant que cette mesure serait prise « immédiatement » après une victoire aux législatives du 17 septembre.

La vallée du Jourdain représente environ 30 % de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. M. Nétanyahou a précisé vouloir annexer les colonies juives, qui représentent environ 90 % du territoire de la vallée, mais « pas des villages ou des villes arabes comme Jéricho ».

Ce plan n’affecterait pas « un seul Palestinien », a déclaré M. Nétanyahou, disant vouloir profiter du plan de paix américain sur le Moyen-Orient pour annexer d’autres colonies.

Les États-Unis, qui ont apporté un soutien indéfectible à Israël depuis l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, doivent présenter le détail de leur plan de paix pour le Moyen-Orient après les élections israéliennes.

Ce plan sera « une opportunité historique et unique d’appliquer notre souveraineté sur nos colonies en Judée et Samarie et en d’autres lieux clés pour notre sécurité », a ajouté M. Nétanyahou.

Trois heures à peine après son annonce, M. Nétanyahou a été évacué d’un rassemblement dans la ville d’Ashdod après le retentissement de sirènes annonçant des tirs de roquettes imminents en provenance de la bande de Gaza. L’armée a précisé que deux roquettes tirées de l’enclave palestinienne ont été interceptées par le bouclier antimissile.

Exit la paix ?

Le projet du premier ministre israélien, et chef du parti Likoud, a été reçu comme une nouvelle claque au visage par les Palestiniens.

« C’est une violation flagrante du droit international, c’est du vol de terre flagrant, c’est du nettoyage ethnique. Il détruit non seulement la solution à deux États, mais toute chance de paix. Ça change la donne », a déclaré à l’AFP Hanane Achraoui, une cadre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Nétanyahou est à la recherche de votes d’extrême droite en vendant à son public l’illusion qu’il peut occuper les terres palestiniennes pour toujours », a dit à l’AFP Hazem Qassem, porte-parole du mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza.

La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a averti que cette décision « entraînerait toute la région dans la violence ». La Turquie a, pour sa part, évoqué une promesse « raciste ».

— Agence France-Presse

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