INDUSTRIE DE LA LANGUE

Où travaillent les interprètes ?

Au Québec, les passionnés des langues qui veulent devenir interprètes ont accès à seulement quelques cours d’introduction à l’Université de Montréal. Des formations plus complètes sont offertes à l’Université d’Ottawa, au Collège Glendon de Toronto ou dans plusieurs institutions en Europe. Pourtant, de nombreuses sphères professionnelles ont recours aux interprètes un peu partout au pays.

INTERPRÈTES DE CONFÉRENCE

Afin de permettre aux gens de s’exprimer librement dans leur langue maternelle, quantité d’organisations font appel aux « simultanéistes », des interprètes qui traduisent en direct. « Au Canada, on est appelé à travailler durant des réunions d’affaires, des conférences téléphoniques, des conseils d’administration, des assemblées annuelles d’entreprises ou des rencontres interprovinciales », explique Louis Casgrain, interprète chez Alpha traduction et interprétation. La plupart du temps, on se trouve sur les lieux ou on se rend dans un centre de téléconférence, alors que la réunion se déroule à l’extérieur. On a un moniteur pour voir et entendre ce qu’on doit traduire. »

À L’ÉTRANGER

Les interprètes interviennent aussi dans les conférences internationales bilingues ou multilingues comme celles de l’ONU. Ils traduisent les interventions des participants, ainsi que les questions et réponses du public. « Ce sont de grandes équipes où l’on retrouve souvent le français, l’anglais, l’espagnol ou l’allemand, précise Georges Bastin, professeur titulaire au département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal. Généralement, les interprètes travaillent en équipe de deux dans une cabine et ils se relaient aux 20 minutes. »

Ce type de contrat les amène à voyager beaucoup. « Pour des raisons économiques, on privilégie les interprètes locaux d’abord, mais les interprètes de conférence peuvent voyager partout dans le monde, dit-il. C’est un métier compétitif et très bien rémunéré. »

INTERPRÈTES PARLEMENTAIRES

Le Parlement canadien compte 58 interprètes permanents. « Quand les besoins sont plus grands, le gouvernement fait appel à des interprètes indépendants, indique Nicole Gagnon, elle-même pigiste. On traduit en direct tout ce qui se déroule à l’Assemblée législative ou durant les conférences organisées par différents ministères. »

Les interprètes parlementaires sont également engagés par les assemblées législatives du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et du Grand Nord, afin de traduire les différentes langues autochtones. Ils peuvent également accompagner les chefs d’État en déplacement.

INTERPRÈTES JUDICIAIRES

Lors d’un procès, ils se rendent dans les tribunaux du pays pour interpréter les propos des différentes parties (juges, témoins, avocats, accusés) de l’anglais vers le français ou vers la langue d’un accusé d’origine étrangère.

Accrédités par le Procureur général, ils font partie d’une banque d’interprètes appelés à la demande. « Ils sont souvent convoqués dans un très court délai et sont parachutés dans un procès sans toujours savoir de quoi il s’agit », affirme M. Bastin.

Pourtant, ils doivent être très à l’aise dans l’univers juridique. Pour travailler au palais de justice de Montréal, les interprètes doivent passer un test de connaissances générales en milieu judiciaire et des tests de reformulation et de synthèse orale.

INTERPRÈTES COMMUNAUTAIRES

L’interprétation en milieu social peut être requise dans les hôpitaux, aux postes de frontières, dans les services de police, dans différents ministères ou dans un contexte d’immigration. « Depuis l’arrivée des réfugiés syriens, on observe une très forte demande d’interprétation en arabe. Il y a quelques décennies, c’était le vietnamien. La demande est ponctuelle », révèle Nicole Gagnon.

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