OPINIONS

Courrier

« Trudeau et les bonbons empoisonnés », éditorial d’Alexandre Sirois, publié hier

Craindre la peur 

La peur elle-même, voilà ce qu’il faut craindre.

L’éditorial d’Alexandre Sirois m’incite à relire le discours inaugural de Franklin D. Roosevelt prononcé le 4 mars 1933, au cœur des sombres années de la Grande Dépression. « La seule chose dont nous devons avoir peur est la peur elle-même – l’indéfinissable, la déraisonnable, l’injustifiable terreur qui paralyse les efforts nécessaires pour convertir la déroute en marche en avant. » En traitant du marasme économique affligeant l’Amérique, FDR n’a pas accablé ses concitoyens. Il les a encouragés à se serrer les coudes.

En 2016, l’économie aux États-Unis se porte plutôt bien avec un taux de chômage enviable, mais au lieu de brosser un tableau optimiste, Trump érode le moral de ses auditeurs en privilégiant le défaitisme. Et en matière de terrorisme, lui seul (au monde !) peut jurer que le risque zéro existera.

Ce qui fait peur, c’est la peur, au potentiel radioactif, que Trump exacerbe à outrance. Quel désenchantement guette ses partisans s’il est élu, quel affolement voire quelle rage s’emparera d’eux s’il ne l’est pas ? Quant au défi que pose aujourd’hui l’immigration et le sort de milliers de réfugiés, le 8 novembre, les Américains feront un choix existentiel : être des citoyens contribuant volontiers à amenuiser la souffrance universelle ou préférant lui tourner le dos par peur d’être « contaminés ».

– Carol Patch-Neveu, Montréal

« Et si on faisait fausse route ? », texte d’André Archambault, publié hier

D'une gaffe à l'autre

Projetons-nous en 2040 pour un instant. Disons qu’il y a au Québec environ 3 millions de véhicules en circulation quotidiennement sur nos routes et qu’elles sont toutes électriques (chiffre purement imaginaire). Si chaque jour 20 % de celles-ci ont besoin d’une recharge, quelle serait la demande sur notre réseau d’électricité ? Et si cela survient lors des journées les plus froides de l’hiver où on nous demande de limiter notre consommation d’électricité ? Multipliez maintenant par deux. Quel serait le résultat ? En passant, selon Statistique Canada, en 2015 il y avait 5 459 650 véhicules automobiles immatriculés au Québec. L’être humain passe toujours d’une gaffe monumentale à une autre car il croit toujours pouvoir déjouer l’impact des conséquences à long terme… quand il les connaît.

– André Harvey

Un virage naturel

On ne peut prédire l’avenir, mais une chose est sûre, il faut changer notre manière de se transporter. Les solutions sont multiples, autos électriques individuelles, plus d’autopartage, SLR, véhicules lourds à biocarburant/biogaz. Le Québec possède de vastes ressources hydroélectriques reconnues comme étant la méthode la moins dommageable pour l’environnement pour produire de l’énergie électrique. Le virage électrique en transport est tout naturel, le réseau électrique est déjà à nos portes pour recharger les accumulateurs.

L’hydrogène requiert une source d’énergie pour sa production. En admettant que la source d’énergie soit verte, il doit être compressé – dépense énergétique – puis transporté vers les postes de distribution, lesquels coûteront une fortune à implanter. Finalement, l’hydrogène n’est pas une filière si prometteuse qu’il n’y paraît.

Les fruits de la recherche sur la fusion nucléaire n’aboutiront pas avant 40 à 50 ans. De toute manière, la fusion servirait à recharger nos véhicules électriques, je ne pense pas que chaque véhicule fonctionne avec son petit réacteur à fusion nucléaire !

On ferait fausse route de ne rien changer et attendre que les solutions proviennent de l’étranger.

– Luc LeBel, ing., Laval

Garder nos dollars

Le côté positif demeure que nos dollars resteront dans la province quand nous auront tous une auto électrique qui aura environ 400 km d’autonomie et que nous n’enverrons plus nos dollars à l’étranger.

– Yves Foisy

« 3 milliards plus tard, beaucoup reste à faire », texte de Michel Archambault, publié hier

Une catastrophe irrémédiable

Pour moi, l’aéroport Trudeau est et restera toujours une catastrophe. Même avec tous les milliards engloutis, il ne sera jamais efficace.

La fermeture de Mirabel (et sa démolition) a été la plus grave erreur ; à l’époque de sa construction, on avait prévu un service de transport sur rail. Les quais à même l’aéroport ont attendu, pendant qu’Ottawa « niaisait avec le puck » sur le réseau qui l’aurait amené à la gare Centrale en passant par Dorval… Même chose pour la complétion de l’autoroute 13.

Quand on veut favoriser Toronto comme porte d’entrée du Canada, on empêche la petite nouvelle d’être complétée de peur qu’elle prenne le dessus par sa possible efficacité… Et enfin, pour s’assurer qu’elle ne prenne vie après l’avoir mis sur respirateur artificiel on l’ampute d’un espace vital qui aurait été son futur agrandissement en l’accordant à Bombardier. Ce fut le clou dans le cercueil !

Ensuite on est surpris des ratés de Dorval ? Il me semble que c’était prévisible… Jusqu’à l’espace qui fait défaut à cet endroit.

– Richard Léveillé, Montréal

Imaginons...

Imaginez si on avait investi ces 3 milliards pour Mirabel, nous aurions déjà notre train rapide et il serait payé. Les gens de l’Ouest pourraient dormir en paix et nous aurions probablement économisé quelques centaines de millions. Donc pour satisfaire une poignée d’hommes d’affaires, c’est la population qui paie encore.

– René Des Roches

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