Hausses des taux 

La Banque du Canada fera une pause

La Banque du Canada est toujours résolue à augmenter ses taux d’intérêt jusqu’à atteindre la neutralité, mais elle prendra une route plus longue pour arriver à destination, a fait savoir hier son gouverneur Stephen Poloz.

« Ce n’est pas l’annulation du voyage, c’est un détour », a-t-il illustré hier lors de sa première communication publique de l’année.

Sans surprise, la banque centrale a laissé son taux directeur inchangé, à 1,75 %. Mais le Rapport sur la politique monétaire publié en même temps que la décision sur les taux a un ton nettement moins optimiste que le précédent.

La Banque du Canada prévoit maintenant que la croissance du dernier trimestre de 2018 ne sera que de 1,3 %, soit un point de pourcentage de moins que son estimation précédente. Pour le premier trimestre de 2019, elle prévoit un maigre 0,8 % de croissance ; pour l’année complète, elle ramène sa prévision de 2,1 % à 1,7 %.

La prudence de la Banque centrale s’explique par la baisse du prix du pétrole, qui a perdu 25 % de sa valeur depuis le mois d’octobre, par les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, qui commencent à avoir un impact sur l’économie mondiale, et par l’ajustement plus long que prévu du marché de l’habitation à un environnement de taux d’intérêt plus élevés.

bâtons dans les roues

La chute du prix du pétrole, en plus d’être un signe du ralentissement de l’économie mondiale, retranchera 0,5 % à la croissance canadienne en 2019 et 2020, prévoit Stephen Poloz.

En 2015, la chute du prix du pétrole avait mis des bâtons dans les roues de la Banque du Canada, qui avait commencé à relever ses taux et qui avait dû faire volte-face.

Cette fois, l’impact sur l’économie sera seulement le quart de ce qu’il a été en 2015, selon le gouverneur. « L’effet sur l’économie canadienne ne sera pas aussi important que lors de la baisse du prix du pétrole de 2014-2015, parce que la baisse [actuelle] est plus faible, que le secteur de la production pétrolière est moins important et que les producteurs canadiens sont plus efficaces », a-t-il expliqué.

La banque centrale prévoyait en octobre une baisse de 1,5 % des investissements dans le secteur canadien du pétrole. Le recul prévu est maintenant de 12 %.

Hausses reportées

À 1,75 %, le taux directeur de la Banque du Canada reste très bas, et encore négatif en termes réels, puisque le taux d’inflation est plus près de 2 %.

M. Poloz a réitéré hier l’intention de la banque centrale de ramener « avec le temps » ses taux en territoire neutre. Ce taux cible, estimé entre 2,5 % et 3,5 %, serait celui qui n’aurait aucun effet de stimulation ou de ralentissement de l’économie.

Selon lui, la banque reste délibérément vague sur le rythme des augmentations à venir, qui dépendent des statistiques. « Parce qu’on ne sait pas quels seront les autres ingrédients qui nous donneront la confiance que l’économie est prête pour les autres hausses de taux », a-t-il précisé.

Il faudra encore du temps, de quatre à cinq mois, avant d’y voir plus clair, selon le gouverneur.

Pour la plupart des observateurs de la politique monétaire, ces propos signifient que la prochaine hausse de taux est reportée pour une période indéfinie.

La banque centrale a augmenté cinq fois son taux cible depuis 2017. La prochaine décision sur les taux est prévue le 6 mars.

Une cible potentielle dans l’Ouest pour Couche-Tard

Une éventuelle sortie de la vente au détail de carburant envisagée par Husky Energy pourrait amener Alimentation Couche-Tard à étendre son empreinte dans l’Ouest canadien, estiment deux analystes.

Cette entreprise établie à Calgary procède à un examen stratégique qui pourrait se traduire par la vente de ses activités liées à la vente au détail ainsi que d’une petite raffinerie de Prince George, en Colombie-Britannique.

Husky Energy exploite plus de 500 sites, dont de nombreuses stations-service ainsi que des centres de distribution en vrac en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick. Son programme de fidélisation myHusky Rewards compte environ 1,6 million de membres.

La société, qui vend du carburant aux consommateurs depuis 1938, veut se concentrer sur ses activités de production d’énergie dans le nord-est de l’Alberta, les provinces maritimes ainsi qu’en Asie-Pacifique. Husky a également lancé une offre d’achat hostile – qui expire la semaine prochaine – dans le but d’acquérir la société pétrolière MEG Energy.

acquéreur potentiel

Selon Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, ainsi que Keith Howlett, de Desjardins Marchés des capitaux, le nom de Couche-Tard pourrait bien se retrouver sur la liste des acquéreurs potentiels pour certains actifs.

« Les sites appartenant à Husky dans l’Ouest peuvent représenter une avenue de croissance intéressante dans cette région », a estimé l’analyste du mouvement coopératif, hier, dans un rapport envoyé par courriel.

Selon M. Howlett, l’exploitant québécois de dépanneurs et de stations-service pourrait lorgner jusqu’à 402 sites, dont 306 se trouvent dans l’Ouest canadien – où la société compte environ 300 points de vente – et 96 autres en Ontario.

À l’échelle canadienne, la multinationale établie à Laval exploite un réseau de 2183 magasins.

« Une transaction potentielle concernant certains actifs de Husky cadrerait dans le plan quinquennal de Couche-Tard visant à doubler sa taille par l’entremise d’une combinaison d’acquisitions et de solides performances », a estimé Mme Nattel.

Hier après-midi, l’entreprise québécoise n’avait pas commenté les hypothèses avancées par les deux analystes.

Autres importantes acquisitions

Au cours des dernières années, Couche-Tard a réalisé d’importantes acquisitions afin d’accroître sa présence sur le sol canadien, notamment par l’entremise de transactions réalisées avec Esso et dans le cadre de l’acquisition de l’américaine CST Brands, qui exploitait des sites sous l’enseigne Ultramar au Canada.

Toutefois, Couche-Tard risque de ne pas être seule sur les rangs, croit M. Howlett, qui a évoqué Parkland, Brookfield, Shell Canada ainsi que d’autres acteurs régionaux comme acheteurs potentiellement intéressés.

De son côté, l’analyste de RBC Marchés des capitaux a estimé que la valeur du réseau entourant la vente de carburant pourrait osciller entre 650 et 750 millions.

Le couple le plus riche du monde divorce

Le milliardaire américain Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, consacré l’homme le plus riche du monde par le magazine Forbes, divorce de sa femme après 25 ans de mariage. « Nous avons décidé de divorcer et de poursuivre nos vies comme amis », ont déclaré M. Bezos, 54 ans, et sa femme Mackenzie, 48 ans. MacKenzie Bezos est une romancière. Elle a été parmi les premiers salariés d’Amazon et a fondé en 2014 la plateforme contre le harcèlement, ByStander Revolution. Le couple a quatre enfants.

— Agence France-Presse

Harley prend le virage électrique

Harley-Davidson a dévoilé hier sa première moto électrique, la LiveWire, dont les livraisons dans 20 concessionnaires au Canada débuteront à l’automne. Son prix de base est de 37 250 $ et elle a une autonomie de 177 km en ville. 

— d’après La Presse canadienne

Plainte contre Tesla après un accident mortel

Un cabinet d’avocats de Chicago a déposé une plainte contre Tesla. Il affirme que la batterie d’une voiture s’étant embrasée en mai après un accident qui a coûté la vie à deux passagers était défectueuse. Le 8 mai 2018, une Tesla Model S de 2014 conduite par Barrett Riley, 18 ans, et ayant sur le siège passager Edgar Monserrat Martinez, a heurté un mur à Fort Lauderdale avant de prendre feu, tuant les deux jeunes hommes et blessant un autre passager, affirme le cabinet dans la plainte déposée devant un tribunal de Floride mardi.

— Agence France-Presse

L’immobilier de luxe perd de son lustre

Les ventes de propriétés de luxe ont fortement diminué dans trois des plus grandes villes du Canada l’an dernier, car les acheteurs potentiels ont été rebutés par le durcissement des directives en matière de prêt hypothécaire et la hausse des taux d’intérêt.

Un rapport publié hier révèle que les ventes des propriétés haut de gamme ont fortement reculé à Vancouver, Toronto et Calgary en 2018 ; les marchés ont fait face à un certain nombre de difficultés, notamment un resserrement de l’offre, une hausse des taxes pour les acheteurs étrangers et une conjoncture économique tendue en raison de la chute des cours du pétrole.

Selon Sotheby’s International Realty Canada, le nombre de maisons de 1 million de dollars et plus vendues l’an dernier a baissé de 26 % à Vancouver, tandis que les ventes de résidences de 4 millions et plus ont reculé de 49 % par rapport à l’année précédente.

Dans la grande région de Toronto, les ventes de maisons d’une valeur de 1 million et plus ont baissé de 31 %, tandis que celles de 4 millions et plus ont reculé de 40 %.

Les ventes de maisons de 1 million et plus ont augmenté de 20 % par rapport à l’année précédente à Montréal, tandis que celles des maisons vendues 4 millions et plus ont diminué de 8 %.

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