investiture du pq dans pointe-aux-trembles

L’heure de vérité

C’est aujourd’hui que les membres du Parti québécois (PQ) de Pointe-aux-Trembles éliront le candidat qui défendra cette forteresse péquiste aux prochaines élections générales du 1er octobre. Les militants feront leur choix entre l’ex-député Jean-Martin Aussant et le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte.

Cette course à l’investiture qui oppose deux adversaires de taille a été particulièrement suivie après que Jean-Martin Aussant, qui avait claqué la porte du Parti québécois pour fonder Option nationale en 2011, eut confirmé en février qu’il briguerait l’investiture dans Pointe-aux-Trembles, où Maxime Laporte faisait campagne depuis l’annonce du départ de Nicole Léger en janvier.

À la veille de l’investiture, les deux candidats traçaient un bilan positif de cet « exercice intensif » et se disaient très satisfaits de l’accueil réservé par les militants sur le terrain. « On est très confiants et fébriles à la fois parce que ce sont les membres qui ont le dernier mot », a affirmé le candidat Aussant, lors d’une entrevue téléphonique.

« Les gens me connaissent assez bien, j’ai quand même beaucoup d’assises locales », a pour sa part déclaré Maxime Laporte, rencontré à Pointe-aux-Trembles. « Ça fait des années que je m’investis corps et âme pour faire avancer les dossiers qui nous sont chers comme la langue française, l’indépendance et les intérêts du Québec », a-t-il énuméré.

Pas une course

Le fait que M. Aussant jette son dévolu sur Pointe-aux-Trembles, où s’activait déjà M. Laporte, avait été critiqué en début de campagne par certains militants. L’ancien premier ministre Bernard Landry et l’ex-président du parti Raymond Archambault avaient même demandé à M. Aussant de renoncer à Pointe-aux-Trembles pour éviter un affrontement. Ces deux poids lourds du PQ se sont ensuite rangés derrière Maxime Laporte.

Quand on lui a demandé s’il avait entendu ce genre de critique sur le terrain, M. Aussant a tenu à rappeler qu’« une investiture, c’est surtout pas “premier arrivé, premier servi” ». Celui qui compte notamment sur l’appui de la députée sortante Nicole Léger et d’autres députés du parti, dont la vice-cheffe, Véronique Hivon, explique plutôt qu’il a pris le temps de « bien faire les choses ».

M. Aussant va jusqu’à affirmer que son adversaire connaissait ses intentions avant même que ce dernier ne se lance dans la course en janvier, soulignant que sa candidature était « un peu un secret de Polichinelle ».

« Il savait très bien que je m’en venais et il y est allé quand même, ce qui est son droit le plus total. […] Alors, décider qui était le premier, qui était le deuxième, ça devient un peu futile. »

— Jean-Martin Aussant

Pour sa part, Maxime Laporte soutient que le choix de M. Aussant « était très nébuleux » et assure avoir appris la teneur de sa décision définitive lors de la conférence de presse confirmant ses visées, en février. « Je l’avais sondé parce qu’il y avait de la spéculation médiatique, mais il n’y avait rien de concret », a-t-il dit.

Le choix aux militants

Cela dit, les deux candidats saluent la tenue d’une investiture, un exercice qui est « loin d’une chicane », assure M. Aussant. « C’est un exercice où tout le monde se parle. Il faut aller voir tous les membres, un à un, et ça, ça peut créer des liens qui peuvent durer jusqu’à la campagne. C’est un travail de terrain accéléré, mais nécessaire », a-t-il expliqué.

Comme son adversaire, M. Laporte estime que les militants « sont choyés parce que d’un point de vue démocratique, ils ont un choix à faire et parce que ce choix leur revient », dit-il. Les quelque 500 membres du Parti québécois dans Pointe-aux-Trembles doivent voter cet après-midi dans la circonscription de l’est de Montréal.

Jean-Martin Aussant et Maxime Laporte disent pour l’heure ne pas avoir de « plan B » en cas de défaite aujourd’hui. Les deux candidats promettent cependant de continuer de s’impliquer au sein du parti jusqu’aux prochaines élections.

Dure bataille à venir

Quel que soit le candidat choisi, il aura une dure bataille devant lui en vue des élections générales, car la Coalition avenir Québec (CAQ) a mis toute la gomme pour faire sa percée dans l’île de Montréal, en passant par cette circonscription. Le parti de François Legault n’a pour l’instant aucun député dans l’île de Montréal. Pour tenter de remédier à cette situation, le parti a recruté la mairesse de l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau. Cette membre de l’équipe de l’ancien maire de Montréal Denis Coderre avait résisté en novembre dernier à la vague qui a porté Projet Montréal, parti de la mairesse actuelle de la métropole, Valérie Plante. Jean-Martin Aussant reconnaît que la bataille pourrait être serrée, « comme dans toutes les régions du Québec », mais il croit que le PQ pourra garder son bastion. « Moi, j’ai bien l’intention de leur bloquer le chemin. Pointe-aux-Trembles a toujours été progressiste et souverainiste depuis les années 1970 et j’ai bien l’intention de faire en sorte que ça se poursuive  », a-t-il déclaré.

— La Presse canadienne

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