Crew 0 – Impact 1

Rentrée réussie

Après des semaines sur la route, l’Impact de Montréal retrouvait enfin son stade Saputo... et ses partisans. Les Ultras d’un côté et le 1642 MTL de l’autre se renvoyaient la balle à grand coup de chants et de bannières. Les fervents partisans ont souligné à gros traits une relation qu’ils jugent renouvelée avec leur club, dont Kevin Gilmore est maintenant le président.

La météo était parfaite, le soleil bien haut, pas trop chaud ni trop froid. On a vécu la première de ce rituel d’avant-match au cours duquel les joueurs saluent une haie de partisans en route vers leur vestiaire. L’Impact a même su mettre le point d’exclamation avec la victoire de 1-0 sur le Crew de Columbus, la meilleure équipe dans l’Est.

Bref, une rentrée réussie pour le onze montréalais dans un stade qui n’était pas plein, mais pas loin de l’être non plus (18 634 spectateurs, sur un maximum nouvellement réduit à 19 619).

« C’était un bel après-midi. Les conditions étaient parfaites », a dit Samuel Piette, tout sourire après le match, dans son rôle d’ambassadeur numéro un de l’équipe. « J’aurais presque aimé être dans les estrades avec une petite bière tranquille. Tout le monde avait l’air très à l’aise. »

« C’était bien de retrouver les partisans à Montréal, dans un stade bien garni, et on les a bien sentis, a dit l’entraîneur Rémi Garde. Ils ont bien vu que par moments c’était plus difficile, mais l’atmosphère était très bonne, et on a hâte que la pelouse reverdisse. »

C’est un fait que l’Impact jouait sur un gazon couleur foin, peu propice à la circulation rapide du ballon – le prix à payer pour un printemps qui n’arrivait pas. Ceci dit, les deux équipes vivaient les mêmes conditions.

On dit « rentrée montréalaise », car l’Impact a passé les six premiers matchs de sa saison sur la route, une situation qui n’a bien sûr rien d’évident. Il fallait pour l’Impact se mettre en mode maison, et ça ne se fait pas en un claquement de doigts, pour reprendre les mots exacts de Piette. Même que l’Impact a connu une première mi-temps sans grande réalisation, ce que n’a pas manqué de souligner le pilote dans son bilan.

Puis, à la 55e minute, Harry Novillo a marqué ce qui s’est avéré le seul but du match. Il a profité du zèle de Maximiliano Urruti, qui a provoqué l’erreur défensive de Jonathan Mensah. Urruti a remis vers l’arrière, Novillo a offert une frappe imparable. Belle manière pour le joueur français de se présenter à son nouveau public, qu’il a qualifié de « très chaleureux ».

« De l’extérieur, les gens ne peuvent pas trop comprendre ça, a ajouté Novillo. Dans n’importe quel pays dans le monde, tu dis à une équipe qu’elle va jouer six matchs à l’extérieur en premier, et c’est impensable. On a réussi à le faire, d’une très belle manière. Même si mentalement et physiquement c’est très dur. »

Novillo avait contribué à l’essentiel des belles occasions pendant longtemps, avec Daniel Lovitz et Saphir Taïder du côté gauche. Mais, trop souvent, les joueurs peinaient à se rejoindre. L’absence d’Ignacio Piatti se fait sentir, évidemment direz-vous, et c’était d’ailleurs la première victoire de l’Impact à son quatrième match sans lui (une victoire, une défaite, deux nulles). Garde s’est même permis de dire qu’il s’attendait à plus de son unique buteur.

Mais les fleurs n’ont pas tardé.

« Il y a des matchs dans la saison où il faut savoir gagner, surtout contre des adversaires difficiles à manœuvrer. »

— Rémi Garde

Bush et les jeunes

Deux autres aspects ressortent de cette victoire. D’abord, Evan Bush, magistral, qui offrait un troisième jeu blanc de suite à l’Impact depuis l’indescriptible massacre de 7-1 à Kansas City.

« On a trois jeux blancs, et vous ramenez la défaite de sept buts, a dit Bush comme entrée en matière aux journalistes. Ceci dit, même sept buts accordés en quatre matchs est mauvais. On a bien fait en défense. Je ne crois pas que cette défaite à Kansas City a servi de catalyseur, mais c’était une anomalie sur le radar. Ce n’était pas qui on était. Mais on n’a pas été inquiétés par ce résultat, et les trois autres matchs l’ont prouvé. »

Bush s’est signalé d’un plongeon parfait sur une frappe enroulée de Robinho. Il a aussi stoppé Robinho de l’épaule et le dangereux Federico Higuain, dans les deux cas lors de menaces dans la surface.

« Ces arrêts valent des buts, a jugé Novillo. C’est lui qui nous maintient dans le match après des erreurs personnelles qui nous ont amenés à concéder ces actions-là. Evan a fait ce qu’on connaît de lui. »

Des points au cahier aussi pour deux jeunes Québécois sortis de l’académie de l’Impact, Mathieu Choinière et Clément Bayiha. Par leurs montées en fin de match, ils ont su insuffler une énergie nouvelle à une équipe qui commençait à s’essouffler à garder son avance.

« Je suis super content et fier », a dit Piette, qui était il n’y a pas si longtemps l’un des rares Québécois de l’Impact. « Mathieu et Clément ont eu un impact dans le match. Ce sont des gars à l’aise avec la balle, très technique. C’est comme s’ils avaient joué tout le match. On avait besoin de jambes fraîches, et ils ont bien fait. »

Kevin Gilmore disait avant le match qu’il espérait que les partisans réunis au stade Saputo hier après-midi retiendraient « l’atmosphère unique » de l’endroit. La saison locale n’est vieille que d’un match, mais c’est plutôt réussi jusqu’à présent.

La question des bancs

L’Impact de Montréal a pris un peu tout le monde par surprise vendredi en annonçant, dans sa vague de nouveautés, un changement de configuration du stade Saputo. Concrètement, le stade passe de 20 811 sièges à 19 619. Une chute de 5,7 % du nombre de sièges, ce qui n’est généralement pas le meilleur message. Ces sièges ont été retirés pour créer des démarcations entre les sections avec des rampes. On a aussi créé deux grandes entrées côté sud. Enfin, certains des sièges les plus bas sont maintenant condamnés, la vue y étant mauvaise. Le nouveau président de l’Impact, Kevin Gilmore, a bien voulu revenir sur l’aspect commercial de cette décision. « On a enlevé des rangées pour créer une séparation entre certaines sections. On le voit dans tous les stades. Ça paraît gros, 1000, mais, si on faisait salle comble chaque match, j’aurais demandé “Pourquoi on a fait ça ?”. On ne le faisait pas. Ça augmente la chance d’avoir une salle comble. Une fois qu’on fait salle comble, ça crée un engouement pour les matchs, ça crée une demande plus intense. » Gilmore a par ailleurs confirmé que l’Impact avait vendu 1000 abonnements de saison de plus que l’an dernier, ce qui rapprochait l’équipe des 10 000.

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