Tourisme

Menace de grève à la SEPAQ

Les vacances de la construction risquent d’avoir une saveur particulière cette année pour les touristes et vacanciers qui prévoient fréquenter les 23 parcs nationaux de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ).

Hier, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a annoncé que 1500 employés de la SEPAQ qu’il représente pourraient déclencher une grève générale le 20 juillet.

Des établissements tels le parc national de la Gaspésie, le parc national des Îles-de-Boucherville, le parc national du Mont-Orford, le parc national d’Oka et le parc national de la Jacques-Cartier seraient alors touchés. Environ 300 autres employés, travaillant au Manoir Montmorency et au centre touristique du Lac-Simon notamment, pourraient aussi débrayer dès le 17 juillet.

C’est l’impasse à la suite notamment des offres salaires patronales qui font plomber la menace d’une grève. « Nous négocions depuis six mois, explique Christian Daigle, président général du SFPQ. Et l’employeur a déposé il y a deux semaines seulement son offre monétaire. C’est inconcevable d’arriver avec une offre aussi famélique, soit une augmentation de moins de 1 % par année. La moyenne des augmentations négociées dans les conventions collectives signées ces 12 derniers mois est de 3,8 %. On veut maintenir le coût de la vie. »

Le SFPQ aimerait que les cordons de la bourse du gouvernement du Québec, de qui relève la SEPAQ, soient aussi déliés pour les employés que pour le réaménagement et l’entretien des parcs.

« Des millions sont dépensés pour des sites comme le mont Mégantic et les chutes Montmorency, mais on n’investit pas dans les plus beaux joyaux, soit les employés. »

— Christian Daigle, président général du SFPQ

Plus de 80 % des travailleurs de la SEPAQ sont saisonniers et sont payés 13 $ ou 14 $ l’heure, selon le SFPQ.

De son côté, la direction de la SEPAQ admet qu’une telle grève toucherait quelques services (« restauration, location d’équipement nautique, plages, activités guidées »). « Une compensation sera appliquée à la facture des usagers advenant que leur séjour soit affecté », lit-on toutefois dans un communiqué. La SEPAQ enverra d’ailleurs une communication aujourd’hui aux clients qui ont réservé des séjours dans un de ses parcs.

La Société a fait savoir à La Presse qu’elle n’accorderait aucune entrevue « pour ne pas nuire aux négociations en cours ». Elle soutient que la totalité des établissements restera ouverte malgré la grève et qu’« elle fera tout en son pouvoir pour conserver l’accessibilité la plus large possible ».

Le SFPQ dit souhaiter ne pas se rendre jusqu’à la grève.

« J’ose faire confiance aux employés et à la direction pour arriver à une entente », dit Francine Patenaude, directrice générale de Tourisme des Cantons-de-l’Est, une région qui accueille 10 millions de touristes par an, dont le tiers en été.

« Les discussions se poursuivent toujours pour en arriver à une entente et les travaux progressent », lit-on encore dans le communiqué de la SEPAQ. 

Les vacances de la construction auront lieu du 21 juillet au 3 août.

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