crise du recyclage

Des tonnes de matières recyclables au dépotoir

Le centre de tri de Cowansville illustre à lui seul l’ampleur de la crise du recyclage. L’entreprise propriétaire a fait faillite en août, laissant derrière elle des milliers de tonnes de matières recyclables non triées, qui s’en iront tout droit au dépotoir. Le cas de Cowansville est le plus criant, mais d’autres demeurent problématiques. Pourtant, la majorité des centres de tri québécois s’en sont bien tirés. Quelle est la recette de leur succès ?

Un dossier de Katia Gagnon et de Martin Tremblay

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« Un désastre environnemental »

À l’arrière du centre de tri de Cowansville, les montagnes de matières recyclables non triées sont aussi hautes que les immenses bancs de neige qu’on voit à la fin de l’hiver dans les dépôts des municipalités.

Ces collines artificielles sont formées de débris de construction, mais aussi de centaines de milliers d’articles de recyclage qui proviennent de 11 municipalités des environs. Au total, il y a là des milliers de tonnes de matières recyclables, qui s’en iront… au dépotoir.

Ces immenses amas de matières recyclables non triées sont là depuis plusieurs mois, voire des années. À preuve, les plants de tomates et de courges qui ont poussé au beau milieu des bouteilles d’eau et des boîtes de conserve rouillées. C’est que le papier et le carton sont en voie de décomposition si avancée qu’ils sont devenus du compost. Des images satellites sur Google Earth montrent que cette importante accumulation de débris a commencé en 2009 et est devenue vraiment imposante en 2015.

« On n’a pas fait d’étude précise, mais cela nous semble irrécupérable sur le plan du recyclage », dit Robert Desmarais, directeur général de la MRC Brome-Missisiquoi, qui a évalué l’idée d’acheter le centre de tri pour y poursuivre les activités. Tout cela s’en va donc à l’enfouissement ? « Je pense bien que oui », répond M. Desmarais.

« C’est dommage, car ces matières auraient pu être recyclées. Mais là, elles sont totalement contaminées. »

— Robert Desmarais, directeur général de la MRC Brome-Missisquoi

15 000 tonnes de débris

Une autre source a fait évaluer précisément la teneur de ces montagnes par une entreprise spécialisée. Bilan chiffré : il y a là, au bas mot, 15 000 tonnes de débris – matériaux de construction, pneus, ferraille, y compris des milliers de tonnes de matières recyclables – qui semblent baigner dans le lixiviat, liquide qui s’échappe des déchets dans un dépotoir. Au total, il y a là de quoi remplir 900 camions qui iront déposer le tout dans un site d’enfouissement. Coût de l’opération : au moins 2 millions de dollars.

Et il n’y a pas d’autre destination pour ces milliers de tonnes de matières recyclables que le dépotoir, estime notre source. « Tout cela s’en va à l’enfouissement. Ces matières ont perdu toute leur valeur, c’est impossible à trier. C’est un désastre environnemental », a-t-il dit, en nous demandant de ne pas révéler son nom pour des raisons d’affaires. Cette source a notamment eu recours aux services d’un spécialiste, qui a confirmé que ces accumulations de matières étaient là depuis belle lurette. « Si des légumes poussent dedans, il estime que ça fait plusieurs saisons que c’est là. »

L’entreprise qui possédait le centre de tri, Récupération 2000, a fait faillite en août dernier. L’entreprise traitait de 5000 à 6000 tonnes de matières par an. Dès le mois de juin, l’entreprise a donné les premiers signes d’importantes difficultés financières : elle indiquait perdre 80 000 $ par mois. En bonne partie à cause de la décision des marchés asiatiques, la Chine en tête, de fermer leurs frontières aux importations de ballots de matières recyclables de qualité médiocre, comme celles que produisait le centre de tri de Cowansville.

Nous avons tenté à plusieurs reprises de joindre le directeur général de Récupération 2000, Nicolas Therrien. Il n’a jamais répondu à nos demandes d’entrevue. Le syndic de faillite refuse de commenter la situation, qui est actuellement devant les tribunaux.

Placée face à une petite catastrophe dans sa propre cour, la municipalité de Cowansville a déposé une plainte en bonne et due forme au ministère de l’Environnement contre Récupération 2000 le 27 septembre dernier.

« On a été voir le site, on a constaté qu’il y avait des amas de matières recyclables. Disons qu’on n’était pas enchantés de ça. »

— Sylvie Beauregard, mairesse de Cowansville

« On a averti le ministère de l’Environnement qu’il y avait une problématique avec le site. Et on a aussi dit au syndic de faillite qu’il devait agir. Nous, comme municipalité, on a fait nos devoirs. »

La mairesse espère qu’il est encore possible de recycler les matières laissées sur le site de Cowansville. Pour elle, l’enfouissement est impensable. « On est copropriétaires du site d’enfouissement. Il y a des limites en termes de tonnage qu’on peut accepter, dit-elle. Il y a des firmes qui pourraient être intéressées par ces matières, mais je n’ai pas la compétence pour évaluer cela. » Désormais, les matières recyclables récoltées auprès des citoyens autrefois desservis par Récupération 2000 sont envoyées au centre de tri de Granby, géré par l’entreprise Sani-Eco.

Une inspection et 2500 $ d’amende

Au ministère de l’Environnement, on indique qu’une inspectrice a été envoyée sur le site il y a deux semaines. Une amende de 2500 $ a déjà été imposée au propriétaire.

« Le Ministère a réalisé une inspection sur le site et a constaté une quantité importante de matières triées et non triées exposées aux intempéries. Toutefois, aucune contamination apparente de l’environnement n’a été constatée. Le Ministère analyse actuellement les constats qui ont été faits lors de l’inspection dans le but de déterminer si un manquement à la Loi sur la qualité de l’environnement a été commis et ainsi évaluer les suites qui seront données à ce dossier », écrit Daniel Messier, porte-parole du Ministère pour la région de l’Estrie.

Les matières recyclables peuvent-elles aller ailleurs qu’au dépotoir ? « Tout ce qui peut être valorisé le sera, mais c’est sûr qu’à la fin, il est possible qu’il n’y ait rien à faire avec certaines matières », répond M. Messier.

« C’est un cas exceptionnel, qui ne résulte pas seulement de la crise, parce que l’entreprise était en difficulté avant la fermeture de la Chine », dit Sophie Langlois-Blouin, vice-présidente chez Recyc-Québec. Pourquoi n’a-t-on pas agi ? « Ni Recyc-Québec ni le ministère de l’Environnement n’ont le pouvoir d’obliger un centre de tri à produire plus de qualité. »

« C’est un centre qui n’avait vraiment pas une bonne performance de tri. On a manqué dans le contrôle et l’encadrement de cet endroit-là. »

— Robert Desmarais, directeur général de la MRC Brome-Missisiquoi

En effet, les équipements dataient sérieusement. « C’était pas mal rafistolé. Ça ne pouvait pas être repris dans l’état. Ça aurait coûté une fortune pour tout refaire », poursuit-il.

Comment le centre de tri a-t-il pu fonctionner pendant des années en produisant une qualité de ballots aussi pauvre ? Une seule raison : parce que la Chine les achetait, répond Yves Noël, qui a été courtier en recyclage pendant 30 ans. Avant la crise, au Québec, 60 % des ballots qui sortaient des centres de tri étaient dirigés vers l’Asie. « L’industrie n’avait pas les bons réflexes. Notre expertise, elle s’arrêtait au conteneur qui partait pour l’Asie. Tant que c’était payant, on faisait des ballots. Les Chinois achetaient tout ! Ils venaient s’approvisionner directement dans les centres de tri. »

En haussant les normes de qualité des ballots de matières recyclables qu’elle juge désormais acceptables, la Chine a déstabilisé le système de récupération qui s’était installé dans les pays occidentaux, qui reposait sur la certitude que l’Asie achèterait nos matières récupérées. Par la suite, d’autres pays asiatiques ont emboîté le pas au géant chinois (voir autre texte). Et c’est le monde occidental qui s’est retrouvé face à une crise du recyclage.

crise du recyclage

D’énormes accumulations de matières recyclables

Parce qu’il est devenu de plus en plus difficile de trouver des acheteurs, certains centres de tri du Québec se sont retrouvés avec d’immenses accumulations de matières recyclables, dont on nous assure partout qu’elles ne finiront pas à l’enfouissement. Tour d’horizon de trois centres de tri de la région de Montréal, tous gérés par l’entreprise Rebuts solides canadiens (RSC), dont l’actionnaire principal est la société française Groupe TIRU.

CHÂTEAUGUAY

Près de 2000 ballots non triés

Vous habitez Beauharnois, Châteauguay, Candiac ou Salaberry-de-Valleyfield ? Vous placez religieusement les matières recyclables dans votre bac vert ? Sachez que depuis un mois, le contenu de votre bac n’est plus trié pour être envoyé à des recycleurs au centre de tri de Châteauguay. Il est simplement rassemblé en vrac en ballots, qui sont empilés dans la cour.

Quelque 1700 ballots s’entassent actuellement dans la cour du centre. Et ils y passeront probablement tout l’hiver. Comment expliquer cette situation ?

C’est le résultat d’un litige financier entre Rebuts solides canadiens (RSC) et deux MRC, celles de Beauharnois-Salaberry et du Roussillon. À l’automne dernier, l’entreprise a été frappée de plein fouet par la décision de la Chine de ne plus prendre les matières recyclables qu’elle produisait. De novembre à janvier, les matières se sont accumulées dans la cour de tous les centres de tri.

Au printemps, RSC a renégocié plusieurs des contrats qu’elle détenait pour y inclure une clause de partage des pertes. Longueuil a allongé plus de 4 millions, et Montréal, 29 millions sur deux ans. « J’ai réglé à Montréal, j’ai réglé à Longueuil. J’ai réglé avec beaucoup de MRC, sauf deux », explique Gilbert Durocher, PDG de RSC.

Les MRC de Beauharnois-Salaberry et de Roussillon ont en effet refusé d’allonger des sommes supplémentaires. Il faut dire que les montants réclamés étaient importants. « On serait passé de 45 $ la tonne à 70 $ la tonne. C’est une hausse considérable », observe Pascal Lemieux, coordonnateur à l’environnement et aux matières résiduelles de la MRC Beauharnois-Salaberry. 

« C’était une augmentation considérable pour les contribuables. C’était inacceptable. L’entente a été signée de bonne foi. Oui, la conjoncture est difficile, mais comment se fait-il que cette entreprise ne soit pas capable de faire face aux soubresauts du marché ? », se demande le directeur général de la MRC Roussillon, Gilles Marcoux.

Après ce refus, M. Durocher a d’abord carrément fermé le centre de tri de Châteauguay. Cependant, l’entreprise qui assurait la collecte dans les municipalités, dont RSC était le sous-traitant, a obtenu une injonction pour le faire rouvrir. Face à cette situation, Gilbert Durocher a scruté son contrat à la loupe et réalisé qu’aucun délai n’y figurait pour le tri des matières reçues. « Donc on ne trie plus. On fait des ballots de matières mélangées. Et on va trier tout ça quand le marché va être meilleur, lance Gilbert Durocher. Parce qu’à chaque tonne qui passe sur ma ligne de tri, je perds de l’argent ! »

En ce moment, 1700 ballots de matières non triées s’accumulent donc dans la cour du centre de tri. Est-il possible qu’à l’issue des mois d’hiver, ces ballots se retrouvent au dépotoir ? Gilbert Durocher affirme que non. « On leur a garanti que cette matière ne s’en irait pas à l’enfouissement. »

Josée Bachand, responsable du centre de tri, souligne cependant que « casser » les ballots compactés depuis des mois pour les repasser sur le convoyeur de tri sera loin d’être chose aisée. « Il faudra probablement trouver un client qui les achète tels quels », dit-elle.

Les responsables des MRC trouvent la situation déplorable. « Ce n’est pas très confortable de savoir que nos matières ne sont pas triées, dit Pascal Lemieux. Ce n’est pas rassurant, mais on ne parle pas d’enfouissement. On parle d’entreposage temporaire. » Gilles Marcoux renchérit : « L’entrepreneur a la responsabilité de traiter notre matière, sinon, il y aura des conséquences. » La MRC du Roussillon a d’ailleurs demandé un rapport régulier sur les entrées et sorties de matières qui proviennent de ses citoyens.

MONTRÉAL

Des ballots VENDUs en Inde

Dans la cour du centre de tri de Montréal, la situation a failli devenir critique, convient Gilbert Durocher. De novembre à janvier, pas moins de 7000 ballots se sont accumulés sur le terrain du centre de tri, ainsi que sur le terrain voisin, loué au Cirque du Soleil. Après des mois passés à l’extérieur, ces ballots ont fini par prendre la direction de l’Inde, de l’Indonésie et du Viêtnam, précise M. Durocher.

La quasi-totalité des ballots de papier ont été écoulés en ayant recours aux services de courtiers spécialisés. Ces ballots de matière putrescible étaient-ils encore vendables ? Oui, répond Gilbert Durocher, les ballots de papier peuvent sans peine survivre à quelques mois à l’extérieur. « C’est un produit de qualité parce qu’on a réussi à le vendre. Est-ce que c’est de l’extrême qualité ? Non. » En Inde, ce papier sera vraisemblablement retrié à la main par une main-d’œuvre bon marché, puis transféré à des papetières du pays qui le transformeront en pâte de papier pour produire diverses formes de carton ou de papier de basse qualité.

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L’Asie presque totalement fermée

La Chine a donné le ton il y a un an : elle n’accepterait plus les ballots de matières recyclées qui contiendraient plus de 1 % de contaminants. Or, dans certains centres de tri québécois, les contaminants – du verre, des plastiques mélangés au papier et au carton – peuvent grimper jusqu’à 10 %. Rapidement, le tsunami de matières récupérées que tout l’Occident envoyait en Chine s’est distribué dans d’autres pays d’Asie. La plupart d’entre eux, inondés, ont été contraints de resserrer considérablement leurs critères pour accepter des ballots de l’étranger.

Chine :  pratiquement fermée en septembre 2017

Taïwan :  pratiquement fermé en septembre 2017

Thaïlande :  accès resserré en avril 2018

Viêtnam :  accès resserré en avril 2018

Malaisie :  accès resserré en septembre 2018

Inde :  toujours ouverte

Indonésie :  toujours ouverte

PRIX D’UN BALLOT DE PAPIER EN JUIN 2018

- 23 $ la tonne

Il fallait payer les acheteurs pour qu’ils prennent les ballots.

PRIX D’UN BALLOT DE PAPIER EN NOVEMBRE 2018

20 $ la tonne

PRIX MAXIMAL ATTEINT PAR LE BALLOT DE PAPIER ACHETÉ PAR LA CHINE

140 $ la tonne

PRIX DE L’ENFOUISSEMENT AU QUÉBEC

70 $ la tonne

Source : Rebuts solides canadiens

Crise du recyclage

La recette du succès

Tout n’est pas noir dans le monde du recyclage au Québec, au contraire. La plupart des centres de tri du Québec ont très bien réussi à passer au travers de la crise. « Pour plusieurs, la crise n’en est plus une parce que la majorité fait une maudite bonne job ! », lance Réjean Pion, directeur général de la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains. Voici deux exemples de ce qui se fait de mieux au Québec.

Tricentris

Quand la crise a frappé, la société Tricentris était prête. L’organisme sans but lucratif rassemblant 44 municipalités, qui gère trois centres de tri à Lachute, Gatineau et Terrebonne, avait mis pas moins de 8 millions de côté au fil des ans pour parer à une éventuelle chute des prix.

« On a mis de l’argent de côté quand ça allait bien. On le sait qu’il y a des crises, que c’est cyclique, ça survient à peu près aux sept ans », explique Frédéric Potvin, directeur général de Tricentris. L’entreprise a puisé 2 millions dans ce fonds de réserve, et 2 millions dans ses liquidités pour éponger des pertes totales de 4 millions.

Des investissements d’importance ont été réalisés dans les trois centres de tri, afin d’augmenter la qualité de la production. Avec des lecteurs optiques, qui « éjectent » les contaminants sur les lignes de papier, on a diminué de façon considérable le taux de contaminants dans les ballots.

« Au départ, on était à 7 ou 8 % de contaminants. Avec les lecteurs optiques, on est passés à 1 % pour Terrebonne et Gatineau et à 4 % à Lachute », explique M. Potvin.

Tricentris ne se repose pas pour autant entièrement sur un marché local. Environ la moitié de ce qui sort des centres de tri est exportée, au Viêtnam, en Indonésie et en Inde.

« C’est bien certain que quand je peux vendre localement, je le fais. Mais le papier ne trouve pas preneur au Québec. » Les trois centres traitent annuellement plus de 300 000 tonnes de matières.

Société Via

Tous les centres de tri du Québec ne se sont pas retrouvés dans le même cul-de-sac lorsque l’Asie a fermé ses ports à l’importation de matières recyclables provenant du Québec. La Société Via, qui gère trois centres de tri à Québec, Lévis et Rivière-du-Loup, était l’une de ces entreprises. Pourquoi ? Parce qu’il y a un an, elle ne vendait absolument rien aux Chinois.

C’est que la Société Via, une entreprise d’économie sociale dont 60 % des employés ont une limitation fonctionnelle, a depuis bien longtemps pris le pari de la qualité. « Il n’y a pas de recette miracle ici. Crise ou pas, on a toujours misé sur une qualité supérieure, et ce, depuis 25 ans », explique Jean-Sébastien Daigle, directeur général de la Société Via.

Et avec ce produit de qualité, l’entreprise a pu aller chercher de nouveaux acheteurs… souvent situés au Québec. « On a toujours cherché à développer un marché local », dit M. Daigle. Les plastiques, le métal et le carton qui sortent des trois centres de tri sont ainsi tous écoulés au Québec, et une partie du papier journal est vendue à Cascades.

Comme l’entreprise est une société à but non lucratif, les profits sont automatiquement réinvestis dans les opérations. Dans les cinq dernières années, 10 millions ont été réinvestis. Une somme équivalente viendra s’ajouter en 2019. Oui, les équipements sont à la fine pointe. Le tri manuel est combiné à des faisceaux optiques et à des jets d’air comprimé, qui peuvent trier jusqu’à 600 articles à la minute.

Mais l’ajustement de ces équipements est également capital. « On a une personne par usine qui joue le rôle d’ajusteur. Elle se promène avec une tablette qui contrôle la vitesse et l’angle des convoyeurs. Parce qu’au Québec, avec les intempéries, la matière varie beaucoup. Elle ne se comporte pas de la même façon. Il faut s’ajuster quotidiennement. » Les trois centres traitent annuellement 120 000 tonnes de matières.

14 millions de Québec

Depuis janvier, Québec a investi près de 14 millions pour soutenir la vingtaine de centres de tri sur son territoire. « On a craint la faillite des centres de tri », explique Louise Hénault, de la fondation David-Suzuki, vice-présidente du comité formé en urgence par le gouvernement du Québec pour trouver des solutions. « On leur a donné des sommes pour qu’ils sortent la tête hors de l’eau parce que le recyclage, c’est l’action-phare pour la population. Si ça s’effondre, c’est tous les enjeux environnementaux qui sont mis en cause. » En échange de ces sommes, les centres se sont cependant engagés à rendre des comptes à Recyc-Québec, l’organisme chargé de superviser le traitement des matières recyclables au Québec. Ils ont dû ouvrir leurs livres, afin que le gouvernement sache exactement où vont les ballots de matières recyclables. De plus, ils ont dû accepter d’effectuer une « caractérisation » de leurs ballots, en d’autres termes, une évaluation de la qualité. « On ne voulait pas donner un chèque en blanc à des entreprises qui n’ont pas vu venir la crise et n’ont pas investi pour se moderniser », dit Mme Hénault.

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