Banc d’essai/GMC Sierra Denali

Consolider plutôt que conquérir

Fantasme de tout constructeur, les camionnettes ? Et comment ! Quelque 2 millions de consommateurs s’en sont procuré une l’année dernière sur les marchés canadien et états-unien. Pour faire encore tinter son tiroir-caisse, GMC donne naissance à une camionnette Sierra entièrement révisée. Celle-ci est plus susceptible de défendre sa place sur l’échiquier que de conquérir de nouveaux adeptes.

La Sierra change et, pour une rare fois, se démarque de manière plus convaincante du Silverado de Chevrolet (également renouvelé cette année), duquel il dérive très étroitement. Au-delà du prix, des déclinaisons et des petites touches de style, la Sierra prend ses distances du modèle de Chevrolet en proposant des caractéristiques – pour le moment inédites – et des déclinaisons qui le sont tout autant. Cela suffira peut-être à convaincre certains consommateurs qui considèrent la Sierra comme une version ennoblie du Silverado. La version Denali, dont le prix de détail peut aisément atteindre les 80 000 $, en est un bon exemple. Sa présence au catalogue reflète le fabuleux engouement des Américains pour ce genre de véhicule, surtout les plus grands, les plus chers et les plus luxueux.

On aura compris que la benne de cette Sierra Denali ne sera probablement jamais (ou très rarement) affectée au transport de madriers, de bottes de foin ou encore de boîtes à outils. À quoi, alors ? Peut-être au transport des meubles que vous vous êtes procurés à une boutique d’antiquités la semaine dernière ou encore à celui de votre motocyclette le printemps prochain ? Cela dit, selon la plus récente étude américaine disponible, 80 % des propriétaires de camionnette accordent peu ou pas d’importance à la benne (aussi affectueusement appelée la « boîte »). Autre statistique intéressante, à peine 5 % d’entre eux, selon cette même étude, conduisent leur camionnette hors des routes asphaltées.

Il faut chercher ailleurs, donc pas seulement sur les chantiers de construction et dans les régions rurales, le pouvoir de séduction d’une camionnette. Et plus particulièrement de cette version Denali.

En tenant compte de ces deux paramètres (l’usage minimal de la benne et le terrain sur lequel la camionnette va évoluer), auxquels s’ajoute notre désir de se faire dorloter, on comprend alors mieux la raison d’être de cette déclinaison.

Uniquement offerte en version cabine double (quatre portes et banquette à l’arrière) et benne ordinaire, cette GMC propose, comme les autres Sierra, une liste d’accessoires et de configurations qui doit bien faire un kilomètre de long. À cet égard, pas moins de 10 modèles de marchepieds sont proposés…

Esthétiquement, la Denali se reconnaît – et se démarque du Silverado – notamment à sa calandre atypique dégoulinante de chrome, à ses jantes pouvant atteindre 22 po et à la possibilité d’accrocher une benne taillée dans la fibre de carbone à son dos. Une extravagance ? Loin de là ! Ce matériau composite souvent associé à des voitures sportives a permis de réduire de 28 kg le poids de cette pièce normalement taillée dans l’acier. Et tout aussi intéressant encore, elle résiste admirablement bien aux éraflures, aux déformations et à la corrosion. En outre, elle avance de nouvelles fonctionnalités comme un double hayon, un sabot de retenue ou encore une ouverture télécommandée. Des éléments ingénieux, mais est-ce bien cela qui séduira l’amateur ? D’autant plus qu’on se demande comment certaines trouvailles résisteront à l’épreuve du temps (le double battant, par exemple).

Confortable intérieur

Les portières s’ouvrent sur un environnement qui promet d’être douillet. L’épaisseur de la moquette donne envie de se déchausser alors que baquets et banquette se tapissent d’un cuir chaleureux. À l’avant, on peut même se faire chauffer là où le dos perd son nom. Pour ajouter au plaisir de la vie à bord : colonne de direction inclinable, glaces et verrouillage électriques, rétroviseur électrochimique, système OnStar, internet, ordinateur de bord (autonomie, consommation d’essence, etc.)… jettent beaucoup de poudre aux yeux. Mais contrairement aux produits les plus élitistes proposés par Ford ou RAM, cette Denali manque un peu de saveur.

Le tableau de bord, moderne, héberge une instrumentation complète et assez lisible. Les prises d’alimentation foisonnent pour brancher tous les appareils nécessaires à la vie moderne. En raison de la position dominante qu’elle occupe sur la route, la Sierra offre une excellente visibilité.

Beaucoup de dégagement à l’intérieur pour prendre nos aises, quoique le dossier de la banquette arrière offre trop peu de support pour rendre la randonnée totalement confortable sur une longue distance. Autre reproche : certaines commandes s’avèrent inutilement compliquées, comme la configuration du bloc d’instrumentation ou encore le sélecteur manuel de la boîte automatique incrusté à même le levier monté sur la colonne.

De l’agrément pour un camion

Avant de prendre la route au volant d’une Sierra Denali, mieux vaut laisser ses préjugés au vestiaire. Contrairement à certaines autres camionnettes, celle-ci a été développée de manière à procurer ce qu’il est convenu d’appeler un soupçon d’agrément de conduite. Suspension sautillante, perte de motricité, tenue de cap aléatoire, bref, le comportement caractéristique d’une camionnette, ont été en grande partie gommés. La suspension arrière se déhanche un peu, surtout en appui sur une mauvaise route, mais la direction est précise et offre un ressenti très correct du travail des roues directrices.

Cette camionnette vire plat et ne donne pas l’impression d’être juchée aussi haut dans les airs. Une sensation qui contribue généralement à nous faire douter de l’équilibre du véhicule dans les virages négociés rapidement. Attention cependant, il ne s’agit pas d’une bête de course, et considérant son centre de gravité élevé, prière de ne pas transgresser les lois élémentaires de la physique.

Maintenant la pièce de résistance, le moteur. Un énorme V8 de 6,2 L. Impressionnant, par sa taille et ses performances. Mais il y a un prix à payer pour s’offrir ces plaisirs : ce moteur avale plus de 13 L d’essence aux 100 km, en dépit de plusieurs améliorations apportées pour réduire la consommation (injection directe, désactivation des cylindres). Pour relayer la puissance aux roues motrices, la Sierra étrenne une transmission automatique à 10 rapports au rendement étonnamment lisse. GMC propose d’autres mécaniques, dont une particulièrement intéressante : un 3 L turbo-diesel. Cette dernière sera commercialisée au cours de la prochaine année et GMC n’a toujours pas communiqué le prix de ce moteur ni ses principales caractéristiques.

Même si sa diffusion sera discrète, la Sierra Denali prouve de belle manière qu’une camionnette peut non seulement être pratique, mais être aussi confortable, aussi luxueuse et presque aussi agréable à vivre au quotidien qu’une auto. Qui aurait pensé cela il y a 10 ans ?

Banc d’essai/GMC Sierra Denali

Le pouvoir de séduction d’une camionnette

La Sierra change et, pour une rare fois, se démarque de manière plus convaincante du Silverado de Chevrolet (également renouvelé cette année), duquel elle dérive très étroitement. Au-delà du prix, des déclinaisons et des petites touches de style, la Sierra prend ses distances du modèle de Chevrolet en proposant des caractéristiques – pour le moment inédites – et des déclinaisons qui le sont tout autant. Cela suffira peut-être à convaincre certains consommateurs qui considèrent la Sierra comme une version ennoblie du Silverado. La version Denali, dont le prix de détail peut aisément atteindre les 80 000 $, en est un bon exemple. Sa présence au catalogue reflète le fabuleux engouement des Américains pour ce genre de véhicule, surtout les plus grands, les plus chers et les plus luxueux.

On aura compris que la benne de cette Sierra Denali ne sera probablement jamais (ou très rarement) affectée au transport de madriers, de bottes de foin ou encore de boîtes à outils.

À quoi, alors ? Peut-être au transport des meubles que vous vous êtes procurés à une boutique d’antiquités la semaine dernière ou encore à celui de votre motocyclette le printemps prochain ? Cela dit, selon la plus récente étude américaine disponible, 80 % des propriétaires de camionnette accordent peu ou pas d’importance à la benne (aussi affectueusement appelée la « boîte »). Autre statistique intéressante, à peine 5 % d’entre eux, selon cette même étude, conduisent leur camionnette hors des routes asphaltées.

Il faut chercher ailleurs, donc pas seulement sur les chantiers de construction et dans les régions rurales, le pouvoir de séduction d’une camionnette. Et plus particulièrement de cette version Denali.

En tenant compte de ces deux paramètres (l’usage minimal de la benne et le terrain sur lequel la camionnette va évoluer), auxquels s’ajoute notre désir de se faire dorloter, on comprend alors mieux la raison d’être de cette déclinaison.

Uniquement offerte en version cabine double (quatre portes et banquette à l’arrière) et benne ordinaire, cette GMC propose, comme les autres Sierra, une liste d’accessoires et de configurations qui doit bien faire un kilomètre de long. À cet égard, pas moins de 10 modèles de marchepied sont proposés…

Esthétiquement, la Denali se reconnaît – et se démarque du Silverado – notamment à sa calandre atypique dégoulinante de chrome, à ses jantes pouvant atteindre 22 po et à la possibilité d’accrocher une benne taillée dans la fibre de carbone à son dos. Une extravagance ? Loin de là ! Ce matériau composite souvent associé à des voitures sportives a permis de réduire de 28 kg le poids de cette pièce normalement taillée dans l’acier. Et tout aussi intéressant encore, elle résiste admirablement bien aux éraflures, aux déformations et à la corrosion. En outre, elle avance de nouvelles fonctionnalités comme un double hayon, un sabot de retenue ou encore une ouverture télécommandée. Des éléments ingénieux, mais est-ce bien cela qui séduira l’amateur ? D’autant plus qu’on se demande comment certaines trouvailles résisteront à l’épreuve du temps (le double battant, par exemple).

intérieur Confortable

Les portières s’ouvrent sur un environnement qui promet d’être douillet. L’épaisseur de la moquette donne envie de se déchausser alors que baquets et banquette sont tapissés d’un cuir chaleureux. À l’avant, on peut même se faire chauffer là où le dos perd son nom. Pour ajouter au plaisir de la vie à bord : colonne de direction inclinable, glaces et verrouillage électriques, rétroviseur électrochimique, système OnStar, internet, ordinateur de bord (autonomie, consommation d’essence, etc.)… jettent beaucoup de poudre aux yeux. Mais contrairement aux produits les plus élitistes proposés par Ford ou RAM, cette Denali manque un peu de saveur.

Le tableau de bord, moderne, héberge une instrumentation complète et assez lisible. Les prises d’alimentation foisonnent pour brancher tous les appareils nécessaires à la vie moderne. En raison de la position dominante qu’elle occupe sur la route, la Sierra offre une excellente visibilité.

Beaucoup de dégagement à l’intérieur pour prendre nos aises, quoique le dossier de la banquette arrière offre trop peu de support pour rendre la randonnée totalement confortable sur une longue distance. Autre reproche : certaines commandes s’avèrent inutilement compliquées, comme la configuration du bloc d’instrumentation ou encore le sélecteur manuel de la boîte automatique incrusté à même le levier monté sur la colonne.

De l’agrément pour un camion

Avant de prendre la route au volant d’une Sierra Denali, mieux vaut laisser ses préjugés au vestiaire. Contrairement à certaines autres camionnettes, celle-ci a été développée de manière à procurer ce qu’il est convenu d’appeler un soupçon d’agrément de conduite. Suspension sautillante, perte de motricité, tenue de cap aléatoire, bref, le comportement caractéristique d’une camionnette, ont été en grande partie gommés. La suspension arrière se déhanche un peu, surtout en appui sur une mauvaise route, mais la direction est précise et offre un ressenti très correct du travail des roues directrices.

Cette camionnette vire plat et ne donne pas l’impression d’être juchée aussi haut dans les airs.

Une sensation qui contribue généralement à nous faire douter de l’équilibre du véhicule dans les virages négociés rapidement. Attention cependant, il ne s’agit pas d’une bête de course, et considérant son centre de gravité élevé, prière de ne pas transgresser les lois élémentaires de la physique.

Maintenant la pièce de résistance, le moteur. Un énorme V8 de 6,2 L. Impressionnant, par sa taille et ses performances. Mais il y a un prix à payer pour s’offrir ces plaisirs : ce moteur avale plus de 13 L d’essence aux 100 km, en dépit de plusieurs améliorations apportées pour réduire la consommation (injection directe, désactivation des cylindres). Pour relayer la puissance aux roues motrices, la Sierra étrenne une transmission automatique à 10 rapports au rendement étonnamment lisse. GMC propose d’autres mécaniques, dont une particulièrement intéressante : un 3 L turbo-diesel. Ce dernier sera commercialisé au cours de la prochaine année et GMC n’a toujours pas communiqué le prix de ce moteur ni ses principales caractéristiques.

Même si sa diffusion sera discrète, la Sierra Denali prouve de belle manière qu’une camionnette peut non seulement être pratique, mais être aussi confortable, aussi luxueuse et presque aussi agréable à vivre au quotidien qu’une auto. Qui aurait pensé cela il y a 10 ans ?

Banc d'essai  GMC Sierra Denali

Fiche technique

L'ESSENTIEL

Marque/Modèle : GMC Sierra 

Fourchette de prix : de 36 550 $ à 68 200 $ 

Frais de transport : 1795 $ 

Garantie de base : 36 mois/60 000 km 

Consommation réelle : 13,2 L/100 km 

Chez les concessionnaires : Maintenant 

Rivales à surveiller : Ford F-150, Ram 1500, Toyota Tundra 

Pour en savoir plus : fr.gmccanada.ca

Sierra Denali 6,2 litres

Moteur essence : V8 ACC 6,2 litres atmosphérique 

Puissance : 420 ch. à 5600 tr/min 

Couple : 460 lb-pi. à 4100 tr/min 

Poids : 2469 kg (benne 5,8 pi) 

Rapport poids/puissance : 5,87 kg/ch 

Mode : 4 x 4 

Transmission de série : Automatique 10 rapports 

Transmission optionnelle : Aucune 

Diamètre de braquage : nd 

Freins (av.-arr.) : Disque-disque 

Pneus (av.-arr.) : 275/60R20 (série) 

Capacité du réservoir : 91 litres

Essence recommandée : Ordinaire 

Capacité de remorquage maximale (6,2 litres) : 4127 kg 

On aime

Benne débordante d'astuces

Tenue de route impressionnante

Démarcation plus nette avec le Silverado

On aime moins

Présentation terne (Denali)

Suspension sautillante

Beaucoup d'accessoires et beaucoup d'options

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