ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L'ONU

Obama met en garde contre le populisme et le repli

NEW YORK — Barack Obama a mis en garde hier, lors de son ultime discours à l’ONU, contre la montée en puissance du populisme, appelant à tenir compte des frustrations dont il se nourrit et à ne pas succomber à « un capitalisme sans âme ».

Dans un discours à la tonalité plutôt sombre, le président américain, qui quittera la Maison-Blanche dans quatre mois à l’âge de 55 ans, a dénoncé la tentation du repli et multiplié, sans jamais le citer, les allusions au magnat de l’immobilier Donald Trump, qui espère lui succéder.

« Aujourd’hui, un pays qui serait entouré de murs ne ferait que s’emprisonner lui-même », a-t-il lancé, en référence à celui que le milliardaire a promis, formules tonitruantes à l’appui, de construire le long de l’immense frontière qui sépare les États-Unis et le Mexique.

Très attendu sur le conflit syrien, sur lequel ses atermoiements – voire son manque d’implication directe – font l’objet de vives critiques, le président américain s’est borné à réaffirmer qu’il n’existait pas de solution militaire et a appelé à poursuivre « le difficile travail de la diplomatie ».

« Un quart de siècle après la fin de la guerre froide, le monde est, à de nombreux égards, moins violent et plus prospère que jamais. Et pourtant, nos sociétés sont marquées par l’incertitude, le malaise et les affrontements. »

— Barack Obama, président des États-Unis

Il n’a pas prononcé un mot sur la reprise des combats meurtriers après que le fragile cessez-le-feu laborieusement négocié avec Moscou eut volé en éclats.

Le président américain a réservé une pique à son homologue russe Vladimir Poutine, dénonçant l’attitude d’un pays « qui tente de retrouver sa gloire passée grâce à la force ». « Sur la durée, cela diminuera son rang dans le monde », a-t-il prédit.

« UN POPULISME GROSSIER »

À moins de 50 jours de l’élection qui désignera son successeur à la Maison-Blanche, M. Obama a évoqué la montée en puissance dans le monde d’un « populisme grossier », venu parfois de l’extrême gauche, mais « le plus souvent » de l’extrême droite.

Selon le président américain, cette tendance n’offre pas de solutions satisfaisantes, mais ne doit pas être sous-estimée : trop de frustrations et d’injustices, en particulier économiques, ont trop longtemps été ignorées, a-t-il martelé.

« Un monde dans lequel 1 % de l’humanité concentre autant de richesses que les 99 % restants ne sera jamais stable. »

— Barack Obama

Vantant, comme il l’a fait régulièrement à cette tribune au cours des huit années écoulées, les vertus de la diplomatie – exemples de Cuba et de la Birmanie à l’appui –, il a reconnu que les résultats pouvaient parfois sembler maigres devant les « conflits brutaux » qui jettent des milliers de réfugiés sur les routes.

C’est sur ce thème qu’il s’est montré le plus pugnace, jugeant que de nombreux pays riches n’en faisaient pas assez par rapport à l’ampleur du défi.

« Nous devons aller de l’avant, même quand c’est difficile d’un point de vue politique », a-t-il lancé, évoquant ces hommes et ces femmes jetés sur les routes et contraints d’abandonner tout ce qu’ils connaissent et tout ce qu’ils aiment.

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