PORTFOLIO PHILANTHROPIE

Hausse de l’indice québécois de générosité

Les Canadiens donnent deux fois plus d’argent que les Québécois aux œuvres de bienfaisance. Toutefois, la Belle Province est de plus en plus généreuse, comme le relève une récente étude Épisode/Léger. La démographie, l’activité économique et les technologies de l’information expliquent pourquoi la philanthropie est promise à un bel avenir.

Premier constat : l’indice de générosité (IDG) des Québécois est en hausse, pendant qu’il connaît une légère baisse ailleurs au Canada. Selon l’Étude sur les tendances en philanthropie au Québec en 2017, notre IDG est de 0,05 $ par tranche de 100 $ de revenus. C’est peu comparé aux 0,13 $ de l’Alberta, grande championne canadienne. Nos maigres 0,05 $ sont néanmoins une amélioration de 10 % depuis 3 ans, dit Christian Bourque, vice-président et associé de la firme Léger.

Concrètement, le don moyen par individu est passé de 232 à 252 $. « C’est 30 $ par don de plus d’injectés dans le système philanthropique. Ça représente 150 millions de plus par année sur une assiette totale de 2,6 milliards au Québec », explique Daniel Asselin, président d’Épisode et également coauteur de l’étude.

Très bien implantés depuis des lunes dans les communautés anglophones, les dons planifiés ou les legs d’assurances vie à un hôpital ou à un organisme de bienfaisance gagnent du terrain au Québec, ce qui amènera d’autre argent frais, croit M. Asselin.

Autre constat : les personnes matures (âgées de 71 ans et plus en 2015) sont les plus généreuses au Québec.

Or, l’importante cohorte de baby-boomers qui viendra gonfler les rangs des personnes matures au cours de la prochaine décennie laisse présager d’autres sources d’argent, soutient le PDG d’Épisode.

Dans le milieu des affaires, un membre de la génération des matures, Jean-Pierre Léger, 71 ans, prévoit créer une nouvelle fondation. La vente au printemps 2016 du Groupe St-Hubert pour plus de 500 millions de dollars y est pour beaucoup. À 67 ans, un boomer comme Alain Bouchard a déjà commencé à vendre des blocs d’actions de Couche-Tard valant des millions.

De nouvelles fondations

La liste de chefs d’entreprise du Québec qui vendront, céderont ou fusionneront leur PME ira en augmentant au cours de la prochaine décennie, ce qui devrait logiquement se traduire par la création de nouvelles fondations, voire l’émergence d’une nouvelle classe de philanthropes.

« Démographiquement parlant, on a le vent dans le dos, croit Daniel Asselin. C’est paradoxal, mais pendant qu’une couche de la société s’appauvrit, une autre s’enrichit et redonne. Cela dit, dans cette explosion du marché philanthropique, il y a risque de dérapage, entre autres à cause des médias sociaux, où tout va très vite. »

À l’autre bout du spectre, les générations Y et Z (35 ans et moins) sont très au fait de ce qu’est la philanthropie. Ce qui est de bon augure, fait remarquer M. Asselin. « Les Y et Z ont un niveau de confiance très élevé en l’avenir. Ils veulent participer à quelque chose, même s’ils sont collés sur leur téléphone. »

Autre signe encourageant : 71 % des Québécois trouvent important que leur employeur soit une bonne entreprise citoyenne. « Chez les jeunes, ça dépasse les 80 %, indique Christian Bourque, de la firme Léger. C’est une tendance lourde. Les PME auraient avantage à identifier les employés clés capables de mener des projets liés à la philanthropie. »

Cela dit, le Québec est « plus dans une logique de rétention que dans une logique de prospection », rappelle M. Bourque. « Les gens donnent à peu d’organismes, dit-il. Aller chercher de nouveaux donateurs n’est pas évident. La société change. Quels seront les outils et les activités qui vont attirer les gens ? »

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Soupers-bénéfice

Depuis 2011, les Québécois démontrent de moins en moins d’intérêt envers les activités-bénéfice. Toutefois, les soupers-bénéfice demeurent leur activité philanthropique préférée. « Les X, les Y et les Z sont très foodies et ils adorent les activités où ils peuvent avoir une expérience gastronomique, explique Daniel Asselin, coauteur de l’étude sur les tendances en philanthropie au Québec. Sinon, dans l’événementiel, les défis sportifs sont ce qui fonctionne le mieux en ce moment. »

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Sociofinancement

Environ 17 % des Québécois ont fait des dons par sociofinancement, avec un don moyen de 118 $ en 2016. Le sociofinancement gagne-t-il du terrain ? « On n’arrive pas à savoir d’où ça vient, affirme Daniel Asselin. Est-ce que ce sont des dollars neufs ou pas ? Le sociofinancement représente 40 millions au Canada sur une tarte philanthropique de 12 milliards. Bref, ce n’est pas encore significatif, mais ça va augmenter inévitablement. »

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Un produit, une cause

Les Québécois préfèrent faire un don à l’achat d’un produit associé à une cause. Pourquoi ? « Les Québécois en général, mais surtout les X, aiment beaucoup voir l’implication sociale d’une entreprise. Le branding est quelque chose de très fort pour eux. Et on est loin d’une saturation. Les réseaux de franchises et les concessionnaires automobiles font désormais de la philanthropie », constate le PDG de la firme Épisode.

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Question de perception

Tim Hortons est l’entreprise perçue comme étant la plus généreuse au pays. « C’est une perception du grand public, affirme Daniel Asselin. La chaîne a un excellent branding avec son camp de vacances et son implication dans le soccer. Pourtant, la Banque Royale est plus généreuse que Tim Hortons. Mais ça, les gens ne le savent pas. Même chose pour P.K. Subban : la majorité des Québécois croient qu’il est l’individu le plus généreux en termes d’argent versé, ce qui n’est pas le cas. »

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