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Avec ou sans Huawei, BCE avance vers le 5G

Toronto — Le patron du plus grand groupe de télécommunications et de médias au Canada a estimé hier qu’une interdiction gouvernementale sur les équipements de réseau de Huawei ne retarderait pas les projets de la société pour le déploiement de services sans fil de cinquième génération.

Lors d’une conférence téléphonique, le chef de la direction de BCE, George Cope, a indiqué aux analystes que la société « reconnaissait clairement les problèmes en jeu » au sujet de Huawei Technologies et qu’elle était prête à gérer la situation à mesure qu’elle se déroulerait.

Certains accusent Huawei, équipementier mondial du secteur des télécommunications établi à Shenzhen, en Chine, de représenter un risque potentiel pour la sécurité nationale en raison d’une loi chinoise obligeant les entreprises à coopérer à la collecte de renseignements, si cela lui est demandé.

Huawei a répondu que la Chine ne lui avait jamais demandé de compromettre la sécurité de l’équipement fourni à ses clients, ajoutant qu’elle ne se conformerait pas à de telles demandes, s’il y avait lieu, puisque cela représenterait une trahison de ses clients qui pourrait détruire l’entreprise.

Le gouvernement canadien continue de réfléchir à une éventuelle interdiction des équipements de Huawei sur les réseaux canadiens de cinquième génération, qui posent des risques de sécurité différents de ceux des réseaux 4G et 3G.

M. Cope, qui est chef de la direction de BCE et de Bell Canada, a indiqué aux analystes lors de la conférence téléphonique que la société était « assez confortable » à l’idée de gérer tous les développements potentiels.

Il a ajouté que le résultat de la décision n’aurait « aucune incidence sur notre calendrier pour le marché du 5G ».

Bell, Telus, Rogers et Shaw – ainsi que des réseaux partout dans le monde – ont investi des milliards de dollars pour faire passer leurs réseaux sans fil à la cinquième génération, qui devrait transformer l’industrie au cours des dix prochaines années.

Bell et Telus utilisent certains équipements de Huawei dans le cadre de leurs essais sur des réseaux 5G, mais d’autres fournisseurs offrent des équipements similaires. Par exemple, Rogers fait affaire avec Ericsson et Shaw, avec Nokia.

Revenus en hausse

Par ailleurs, BCE a publié hier ses plus récents résultats, qui ont fait état de l’ajout net de 143 000 abonnés au quatrième trimestre, dont 21 000 au service prépayé de Lucky Mobile, lancé à la fin de 2017.

Ces ajouts étaient inférieurs aux attentes des analystes, qui prévoyaient en moyenne 160 000 ajouts nets d’abonnés aux services mobiles, soit 136 000 aux services postpayés et 24 000 aux services prépayés.

Cependant, le directeur financier de BCE, Glen LeBlanc, a indiqué aux analystes que le secteur des services sans fil avait offert une bonne performance au chapitre de la rentabilité des abonnés et de la génération de flux de trésorerie.

Les revenus des services sans fil ont progressé de 4,6 % par rapport à l’année dernière, sous l’effet de l’augmentation du nombre d’abonnés, de la proportion de clients choisissant des forfaits de données plus importants et de l’augmentation des ventes de téléphones intelligents plus coûteux, a précisé M. LeBlanc.

Le chiffre d’affaires d’ensemble de la société montréalaise a augmenté de 3 %, à 6,22 milliards, contre 6,04 milliards un an plus tôt. Les analystes visaient en moyenne des revenus de 6,17 milliards selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Le bénéfice net de BCE a diminué de 8 % par rapport au quatrième trimestre 2017, en raison de plus fortes dépenses qui sont exclues du résultat ajusté.

Ces dépenses comprennent une charge de dépréciation d’actifs hors trésorerie de 190 millions liée principalement aux propriétés de télévision spécialisée de langue française de Bell Média, qui ont connu une diminution du nombre d’abonnés.

BCE a également annoncé une augmentation de 5 % de son dividende sur les actions ordinaires, qui passera à 3,17 $ par an, ou 79,25 cents par trimestre.

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— La Presse canadienne

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