The Lion King

Entre innovation et tradition

Depuis le début de l’année, Disney a lancé de nouvelles versions de ses films d’animation Dumbo et Aladdin en prise de vues réelles. C’est au tour de The Lion King, lancé il y a 25 ans, de profiter des avancées technologiques. La Presse a assisté à une conférence de presse de ses artisans à Los Angeles.

Los Angeles — Sitôt après avoir refait The Jungle Book en 2016, le réalisateur Jon Favreau entrevoyait qu’il pouvait aller encore plus loin techniquement. « Nous avons travaillé pendant trois ans sur The Jungle Book, a-t-il expliqué mercredi lors d’une conférence de presse dans un grand hôtel de Beverly Hills. Au début, nous utilisions la même technologie de capture de mouvements que dans le film Avatar, 10 ans plus tôt. Vers la fin, nous avons commencé à expérimenter et nous avons constaté que nous pouvions utiliser la technologie propre aux jeux vidéo en réalité virtuelle pour filmer de manière très cool. […] L’idée est née de nous servir de ce que nous avions appris pour refaire un film comme The Lion King, dont la musique, l’histoire et les personnages sont excellents. »

Le réalisateur des deux premiers Iron Man s’est donc attelé à la tâche. « Nous avons conservé la même façon de faire des films avec des caméras et des prises de vues sur grue, tout en intégrant la réalité virtuelle, a-t-il précisé. Même si les performances, une fois filmées, relèvent entièrement de l’animation, l’équipe de tournage a pu travailler comme elle en a l’habitude. On a atteint un équilibre entre l’innovation et la tradition. »

Royauté afro-américaine

Le cinéaste a fait appel à plusieurs vedettes du cinéma, de la télé, du théâtre et de la musique pour donner vie aux animaux au cœur de The Lion King. Donald Glover (créateur de la série Atlanta et interprète de Lando Calrissian dans Solo : A Star Wars Story, qui mène aussi une carrière musicale sous le nom d’artiste Childish Gambino) et la chanteuse Beyoncé (Dreamgirls) interprètent respectivement les lions Simba et Nala devenus adultes. James Earl Jones (la voix de Mufasa dans la version originale de The Lion King) reprend le rôle du valeureux lion qui règne sur le royaume et tente de préparer son fils Simba à ses responsabilités futures.

C’est à Chiwetel Ejiofor qu’incombe le rôle du cruel oncle Scar, prêt à tout pour devenir roi. L’acteur de 12 Years a Slave a été impressionné lorsqu’il a vu le film, mardi soir, lors de la première à Los Angeles.

« C’est la prochaine génération de l’expérience visuelle, a-t-il indiqué en entrevue. C’est un pas en avant en ce qui concerne notre vision du cinéma et de ce qu’il peut faire. En même temps, le film est très fort en émotions et dans sa capacité d’établir une connexion avec le spectateur. L’histoire est la même que dans le film original, mais j’ai été frappé par la profondeur du récit, des personnages et des interactions entre eux. »

Celui qui a été fait commandant de l’Ordre de l’Empire britannique en 2015 éprouve beaucoup de respect pour la performance de Jeremy Irons, qui interprétait Scar dans la version de 1994. « C’était excitant d’avoir l’occasion de s’approprier le rôle », a-t-il souligné. A-t-il reconnu certains de ses traits dans ceux du lion obsédé par le pouvoir ? « À l’occasion, a-t-il souligné. La ressemblance physique était plus apparente dans d’autres cas. J’aime mieux cela ainsi. »

L’action étant basée en Afrique, la diversité culturelle de la distribution va de soi, estime l’acteur anglo-nigérian.

« Il faut continuer d’obtenir une bonne représentation [de la diversité] dans l’industrie pour que tous puissent s’exprimer et atteindre leur plein potentiel. »

— Chiwetel Ejiofor

Alfre Woodard, qui prête sa voix à la reine Sarabi, mère de Simba, a trouvé le film excitant. « Il reflète la réalité de la vie, a-t-elle indiqué en entrevue. Certaines choses semblent sombres, mais le film fait ressortir que tout n’est jamais perdu. Les enfants savent que les animaux en mangent d’autres dans la chaîne alimentaire. J’ai expliqué aux miens, quand ils étaient petits et que le film original est sorti, que Mufasa allait se faire écraser, mais qu’il ne pouvait pas mourir. Vous allez être tristes, mais tout va s’arranger. »

Jon Favreau a donné un réalisme accru au film en accordant une plus grande place aux lionnes. « Ce sont vraiment celles qui inspirent la crainte et mènent, dans la savane », a précisé Alfre Woodard.

Une seule tribu

Multipliant les rôles au petit et au grand écran depuis 40 ans, cette finaliste aux Oscars (pour son rôle de soutien dans Cross Creek, en 1984) a entre autres cofondé l’organisme Artists for a New South Africa. Elle est fière de faire partie de quelque chose qui, croit-elle, créera une convergence harmonieuse dans le monde.

« En tant que défenseurs des droits de la personne, on essaie de faire comprendre aux gens que lorsque des droits sont bafoués ailleurs dans le monde, les nôtres le sont aussi, explique l’actrice américaine. L’autre n’existe pas quand il est question d’êtres humains. De l’autre côté de la colline, les gens aiment leurs enfants autant qu’on aime les nôtres. Nous sommes une seule tribu. Les humains font tous partie d’une même famille, avec des émotions qui les unissent. »

Les lions aussi !

The Lion King sort vendredi prochain.

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