Jean-Philippe Wauthier

Faire le grand écart entre deux dix-roues

« Sentir ses seins rebondir en voiture » et se faire dire en ondes « t’as épaissi » par Christiane Charrette sont deux des facteurs qui ont poussé Jean-Philippe Wauthier à se remettre en forme. L’animateur a décidé de présenter son expérience au public dans une série de baladodiffusion de huit épisodes appelée Grand écart.

Vous qui avez longtemps été un sportif très assidu, est-ce que votre état physique était devenu si alarmant ?

Non, je ne crois pas que ça soit si pire, mais c’est juste que quand tu as déjà été en forme, tu sais c’est quoi, alors tu l’envies. J’ai déjà été vraiment en forme, à un point tel que j’ai eu une « écœurantite » de l’entraînement. Je me suis vraiment rendu au bout de ça et du désir que j’avais de m’entraîner. Et la coupure a été vraiment sèche, je ne pensais pas que ça allait être si drastique que ça. Trois ans et deux enfants plus tard, non seulement je ne m’entraîne plus, mais je me rends compte que je me suis vraiment laissé aller.

Qu’est-ce qui a causé cet abandon, un changement de priorités ou un manque de temps ?

J’ai changé de priorités, c’est certain. On ne manque jamais de temps pour s’entraîner, ce n’est pas vrai, ça. Dans le deuxième épisode, je m’assois avec Hubert Lacroix. C’est le président-directeur général de Radio-Canada, il n’a pas une petite job ! En plus, il a un certain âge et de jeunes enfants… Eh bien, il court des marathons ! À 5 h 30, il est debout et à 6 h 15, il est sur la montagne. Tout se fait dans la vie. Donc, je pense que c’est un manque de volonté, d’envie, de désir, mais aussi un oubli. Je pense qu’on oublie à quel point c’est cool d’être en forme. Je pense justement que ces discussions sont bénéfiques, parce qu’elles t’allument sur des concepts que tu avais peut-être oubliés.

Comment est née l’idée de ce projet de baladodiffusion ?

Les balados, on en voit de plus en plus, alors c’est un projet qui me traînait en tête depuis un certain temps. Puis, ça me tentait de faire ça, tout d’abord parce que ça m’obligerait à m’y remettre, mais en plus, parce qu’entre personnes qui s’entraînent, on a toujours des discussions hyper poussées sur le sujet. Alors, ça me tentait de les expliquer aux gens pour leur permettre de décortiquer tout ce qui se passe derrière l’entraînement. Et ces discussions-là, tout le monde les a. Quand je m’assois avec des amis qui m’ont initié là-dedans, il y a plusieurs années, c’est encore un bon sujet. Il y en a qui ont des enfants et qui ont abandonné l’entraînement, d’autres ont continué même avec des enfants, puis d’autres n’ont pas d’enfants et leur vie tourne autour de ça. Donc je me rends compte que ça touche vraiment tout le monde.

Vous avez donc récemment repris l’entraînement. Que faites-vous et comment cela se passe-t-il ?

Les premières semaines sont difficiles, c’est certain. J’ai rappelé l’entraîneur que j’avais avant, qui me faisait des plans d’entraînement. De toute évidence, ils ne sont plus du tout à mon niveau, alors il m’en a fait un nouveau assez complexe de six jours par semaine, sauf que c’est d’environ 30 à 45 minutes, sinon une heure par jour. Donc, finalement, ça s’emboîte assez facilement dans mon horaire. L’idée, c’est d’adapter son plan à sa vie, pour augmenter ses chances de réussite. J’ai un vélo stationnaire en bas chez moi, donc sur mon plan, il y a du vélo. J’ai quelques poids libres aussi, alors j’en fais chez moi et au gym. Il faut vraiment que ça soit facile avec ce que tu fais, comme ça, l’intégration se fait toute seule. Mais c’est certain que ça implique une discipline, et c’est ça, en fait, la difficulté. C’est la discipline, beaucoup plus que les priorités.

Quel est votre objectif ultime ?

Je suis inscrit au marathon de Chicago en octobre prochain. Je l’ai fait il y a cinq ans, avec un temps de 3 heures 28 minutes. Mon but, à l’époque, c’était de faire un marathon en moins de trois heures. J’ai bien compris que ça n’arriverait pas cette année, mais disons que 3 h 25 min, je serais content. Hubert Lacroix m’a donné comme judicieux conseil d’adapter mes objectifs. Alors, je vais observer mes premiers mois d’entraînement pour voir comment ça va, et j’adapterai au besoin. Cela dit, je pense que 3 h 25 min, avec l’entraînement que j’ai, c’est faisable.

D’où vient le titre du balado, Grand écart ?

J’ai retenu ça en faisant référence à l’image de Jean-Claude Van Damme qui fait le grand écart entre deux dix-roues. C’est une image qui me fait vraiment rire. Et je me disais qu’entre ne pas être en forme et l’être, il y a un grand écart. Et ce n’est même pas un jeu de mots en soi, il faut vraiment faire un grand écart pour réussir à se rendre là. Ça me semblait tout à fait conséquent avec notre projet et l’aspect de performance qui y est rattaché, mais tout ça en souriant et en riant.

Le premier épisode est déjà en ligne sur le web et l’application mobile d’ICI Radio-Canada Première. Un nouvel épisode s’y ajoutera chaque jeudi.

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