OPINION

Des délais à rendre fou !

Ma femme est handicapée (hémiplégie droite post-AVC) depuis 2007, et depuis 2011, nous avons dû faire adapter notre véhicule pour lui donner accès au siège passager.

À l’époque, mon véhicule était trop vieux pour être admissible au programme gouvernemental. Je n’ai pas eu droit à l’aide financière du gouvernement, et, conseillé par l’ergothérapeute du CLSC qui nous soutient en maintien à domicile, j’ai payé la transformation de ma poche (une base de siège pivotante usagée).

Mon véhicule vieux de 10 ans a eu des problèmes au cours de l’été, et je dois le changer.

LES DÉLAIS

Mon nouveau véhicule est admissible au programme gouvernemental, mais la Société d’assurance automobile (SAAQ), qui gère le Programme d’adaptation d’un véhicule (PAV) du ministère des Transports, m’informe que le délai pour obtenir une aide financière pour l’adaptation d’un véhicule est d’au moins 8 à 12 mois.

Je m’inscris donc au programme géré par la SAAQ, j’achète mon nouveau véhicule et je fais faire la transformation afin que ma femme puisse avoir accès au véhicule pour, entre autres, aller à ses rendez-vous périodiques chez ses médecins.

Tel que demandé par la SAAQ, je fais faire deux évaluations par des entreprises spécialisées dans la transformation de véhicule afin de faire installer une base de siège pivotante comme dans mon ancien véhicule.

Je dois aussi avoir un rapport d’un ergothérapeute qui recommande cette transformation. À la SAAQ, on me dit que n’importe quel ergothérapeute peut me faire cette évaluation, ce qui est faux. Le CLSC m’informe que dans la région de Québec, seul l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) peut la faire.

Après quatre jours d’appels téléphoniques à l’IRPDQ, je réussis à parler à un interlocuteur du Programme d’entraînement et d’évaluation de conduite automobile (PEECA) qui me dit qu’il prend note de ma demande et qu’on va me confirmer par écrit que je serai appelé d’ici août 2017.

Un autre employé de l’IRDPQ me confirme que le délai pour voir un ergothérapeute du programme PEECA est d’au moins un an. Il me conseille fortement de porter plainte et me donne les coordonnées du Commissaire aux plaintes.

Sur le site internet de Services Québec, il est mentionné que, lorsque tous les documents requis sont transmis à la SAAQ, le délai de traitement de la demande est de six mois.

Si je récapitule, nous avons au moins un délai d’un an et demi avant de pouvoir commencer à faire les travaux pour adapter un véhicule pour une personne handicapée.

Je ne tiens pas compte ici du temps pour demander et recevoir par la poste le formulaire de la SAAQ, du temps que prendra l’ergothérapeute pour rédiger son rapport ni du temps que prendra le garagiste pour faire la transformation.

Je suis aidant naturel et je m’occupe de ma femme depuis 10 ans avec l’aide du CLSC de la Jacques-Cartier. Je trouve inconcevable qu’il n’y ait aucune procédure spéciale dans le cas d’une personne handicapée et en maintien à domicile.

Ma femme a un dossier ouvert et actif au CLSC et elle a reçu depuis toutes ces années maintes fois l’aide des physiothérapeutes et ergothérapeutes du CLSC. Sa condition physique est connue et documentée au CLSC et cet organisme de première ligne devrait être le premier interlocuteur pour traiter rapidement ce genre de demande auprès des autres organismes et ministères.

LA PLAINTE

Cela fait maintenant près d’une journée que j’écris mes lettres ou que j’essaie de naviguer sur internet afin de trouver où et à qui envoyer ma plainte. Même les sites internet ressemblent à l’organigramme du ministère de la Santé et se renvoient la balle. Je ne peux plus me plaindre à l’IRPDQ ou à mon CLSC puisque leur site internet me renvoie au site du CIUSSS de la capitale nationale. J’abdique…

À quand de vraies responsabilités pour les CLSC et le maintien à domicile ?

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