Coronavirus

La Chine débloque 43 milliards pour les entreprises luttant contre le coronavirus

La Banque centrale chinoise a annoncé dimanche qu’elle allait débloquer 300 milliards de yuans (43 milliards de dollars) la semaine prochaine pour aider les entreprises impliquées dans la lutte contre l’épidémie de pneumonie virale qui frappe la Chine et a déjà contaminé des dizaines de milliers d’individus. La Banque de Chine (PBOC) proposera lundi la première tranche de fonds spéciaux qui, selon elle, aidera les institutions financières à accorder des prêts aux entreprises clés impliquées dans la prévention et le contrôle de l’épidémie. Cité sur le site internet de la banque dimanche, le vice-gouverneur de la PBOC, Liu Guoqiang, a précisé que neuf grandes banques nationales, ainsi que des banques locales dans dix provinces et villes, remplissaient les conditions pour bénéficier de ces fonds. Ce coup de pouce financier vise à aider les entreprises tant sur le plan national que local, explique M. Liu, qui souligne que « les institutions financières doivent examiner et accorder des prêts rapidement » afin de mettre des fonds à disposition dans les deux jours.

— Agence France-Presse

Cannabis

D’importants réalignements à prévoir dans l’industrie

Les experts de l’industrie du cannabis estiment que la vague de mises à pied et de départs de dirigeants qui s’est amorcée ces dernières semaines devrait se poursuivre.

Ils s’attendent à une année difficile pour l’industrie et prévoient que les mois à venir verront des réductions d’effectifs plus importantes et des changements à la direction des petites et grandes entreprises de cannabis.

Ces sociétés se sont récemment engagées dans le déploiement de produits comestibles et ont des antécédents de dépenses excessives. En outre, la plupart d’entre elles n’arrivent toujours pas à dégager de profits.

Le producteur Aurora Cannabis a indiqué jeudi qu’il supprimerait 500 emplois et inscrirait des dépréciations d’amortissement de près de 800 millions, en plus d’annoncer le départ de son chef de la direction, Terry Booth.

Quelques jours plus tôt, Tilray avait annoncé la mise à pied de 10 % de son effectif dans le but de réduire ses coûts, tandis que la semaine précédente avait vu Sundial Growers supprimer une partie de sa main-d’œuvre.

Même de plus petites entreprises ont connu des moments difficiles. Zenabis Global a supprimé le poste d’une quarantaine d’employés, principalement au siège social à Vancouver, au début de janvier. TerrAscend et la Supreme Cannabis Company ont également vu des dirigeants partir.

« Tout est très tumultueux », a observé Akwasi Owusu-Bempah, professeur agrégé de sociologie à l’Université de Toronto, qui s’intéresse à l’industrie du cannabis.

« Je m’attends à ce que des entreprises sombrent complètement. Je ne pense pas que ce sera juste une question de mises à pied. Au cours de la prochaine année, et même des cinq prochaines années, je pense que de petites entreprises feront faillite ou pourraient être achetées par de plus grandes. »

— Akwasi Owusu-Bempah

Les problèmes de l’industrie ne l’ont pas étonné. Il s’y attendait depuis longtemps puisque, selon lui, la naissance de toute industrie nouvellement réglementée s’accompagne de « plusieurs données inconnues ».

Les producteurs de cannabis autorisés, dit-il, n’ont toujours pas terminé d’évaluer la taille du marché de détail avec précision, la façon dont les systèmes réglementaires devront fonctionner et à quoi ressemblera la scène internationale et nationale de la marijuana au fur et à mesure de son évolution.

« Une partie de ce que nous observons ici est liée au fait qu’il y avait beaucoup de battage médiatique autour de cette industrie, a fait valoir M. Owusu-Bempah. Les entreprises elles-mêmes voulaient faire mousser la taille de l’industrie et la taille des revenus pour attirer les investisseurs, ce qui a conduit à une croissance démesurée et peut-être injustifiée. »

Pertes d’emplois bien rémunérés

Selon la chef de la direction de la société de vente et de commercialisation de cannabis Mercari Agency, Lisa Campbell, ces réductions étaient inévitables puisque maintes entreprises se sont surévaluées depuis la légalisation du cannabis récréatif, en plus de s’engager dans une course pour se tailler une place parmi les plus gros acteurs du secteur.

« Beaucoup d’argent a été dépensé, et l’accent n’a pas été mis sur la qualité ou l’exécution, car l’accent a été mis sur qui pourrait envoyer le plus de communiqués de presse et acquérir le plus d’entreprises », a-t-elle expliqué.

« Nous savions tous, en quelque sorte, que c’était écrit dans le ciel et que de nombreuses entreprises manqueraient d’argent. Un remaniement était inévitable. Ce n’était qu’une question de temps. »

— Lisa Campbell

Le moral de l’industrie est bas, a-t-elle remarqué, en particulier à cause des départs d’un grand nombre de dirigeants ayant guidé les entreprises au début de la légalisation et ayant façonné l’industrie dans sa forme actuelle.

De son côté, Omar Khan, responsable national du secteur du cannabis pour la firme Hill+Knowlton Strategies, croit que les gouvernements devraient s’intéresser à la situation actuelle.

« Les gouvernements doivent prendre note des récentes pertes d’emplois dans l’industrie et ils ne peuvent pas ignorer que des emplois bien rémunérés sont perdus », a-t-il expliqué dans un courriel à La Presse canadienne.

« L’industrie du cannabis a presque à elle seule sauvé plusieurs petites villes canadiennes qui souffraient de plusieurs années de déclin en raison de la perte d’emplois manufacturiers. »

Selon lui, le gouvernement devrait commencer à nommer des personnes pour coordonner les stratégies économiques à long terme de l’industrie et chercher des moyens de monétiser le potentiel d’exportation, d’attirer des essais cliniques, de gérer les investissements en recherche et développement, et de réduire le fardeau réglementaire global, afin que l’industrie légale du cannabis puisse mieux concurrencer le marché illicite.

Rectificatif

Alain Bellemare

Dans le portrait d’Alain Bellemare publié dans notre édition de samedi, il aurait fallu lire que M. Bellemare a deux enfants, et non trois. Nos excuses.

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