Recyclage du plastique

Polystyvert reçoit un coup de pouce de Lino Saputo Jr.

La marche vers le recyclage des plastiques « numéro 6 » vient de franchir une nouvelle étape pour l’entreprise montréalaise Polystyvert, qui vient de recevoir un investissement de 11 millions de dollars regroupant, entre autres, Lino Saputo Jr. et un premier investisseur américain.

Polystyvert a conçu un procédé de recyclage du polystyrène, qu’il soit expansé (styromousse) ou sous d’autres formes qui, regroupées, sont catégorisées comme étant des plastiques « numéro 6 » et à peu près impossible à recycler.

L’entreprise a récemment lancé les opérations de son usine de démonstration, à Anjou. Celle-ci vise à faire la démonstration que son procédé peut être mis à l’échelle pour traiter de grands volumes. C’est principalement ce à quoi seront consacrés les nouveaux dollars recueillis, a indiqué hier à La Presse la fondatrice et chef de la direction de l’entreprise, Solenne Brouard Gaillot.

Celle-ci se réjouit de l’arrivée dans son capital d’Investissements Quadriam, le fonds d’investissement privé de Lino Saputo Jr.

« Les fabricants de fromage sont souvent les mêmes qui font du yogourt, qui est parfois vendu dans des pots en polystyrène, fait valoir Mme Brouard Gaillot. M. Saputo pourra nous introduire auprès de ces gens-là, nous faire connaître leur positionnement. »

Le fonds américain Energy Foundry, installé à Chicago et spécialisé dans les énergies propres, permettra aussi à Polystyvert « d’avoir un pied dans le marché américain », selon Mme Brouard Gaillot.

Transition énergétique Québec est aussi un nouvel investisseur. Anges Québec, Anges Québec Capital et Cycle Capital Management, déjà actionnaires, ont renouvelé leur appui.

Le « saint Graal »

Polystyvert implante chez des clients – fabricants ou détaillants de meubles, distributeurs de poissons, entreprises pharmaceutiques, etc. – des concentrateurs contenant une huile essentielle. Ceux-ci n’ont qu’à y déposer leur polystyrène à recycler pour qu’il soit rapidement dissous. Il n’a pas à être nettoyé des résidus alimentaires ou de ses étiquettes autocollantes, par exemple.

La méthode réduit considérablement le volume du polystyrène à ramener à l’usine de Polystyvert, ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre dues au transport.

Une fois à l’usine, un procédé breveté permet d’abord d’isoler les résidus, puis de séparer le polystyrène sous forme liquide de l’huile essentielle. L’huile est reversée dans des concentrateurs, tandis que le polystyrène est converti en granule pour être revendu à des fabricants d’emballages. Ses propriétés sont les mêmes que le polystyrène vierge.

C’est donc dire que le polystyrène peut être réutilisé pour fabriquer exactement le même produit duquel il provient.

« On veut faire l’économie circulaire du polystyrène, pas s’en servir pour faire d’autres objets comme des tables à pique-nique, indique Mme Brouard Gaillot. L’économie circulaire, c’est le saint Graal de l’environnement. »

Pour l’instant, l’usine de Polystyvert ne recycle que le polystyrène sous forme de styromousse. L’entreprise travaille toutefois à étendre ses capacités, notamment grâce à un partenariat récent avec Total Polymères, une filiale du géant français Total. Celle-ci est notamment celle qui fournit des pots de yogourt en polystyrène utilisés par Danone.

Mme Brouard Gaillot souhaite aussi convaincre des centres de tri d’accepter et de trier les plastiques numéro 6, ce qui permettrait aux citoyens de les placer au recyclage plutôt qu’à la poubelle.

REM

Bien des questions sans réponse de la part de la CDPQ

Le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, aime bien dire que le Réseau express métropolitain (REM) est un partenariat public-public. Si le partenariat est public, des modalités financières le sont moins. Il s’agit d’un projet de 6 milliards sur lequel bien des questions se posent encore, mais plusieurs informations demeurent confidentielles, a répondu la Caisse de dépôt à de récentes demandes d’accès à l’information.

Entente entre Québec et Ottawa

À la question posée par un tiers le 24 avril : « Existe-il une entente entre la Caisse, le gouvernement fédéral canadien et/ou le gouvernement québécois pour la création d’une entité où les actions de participation au projet seraient regroupées ainsi que les attentes d’une telle entité ? », la Caisse répond qu’elle détient un autre document outre la convention de gestion disponible sur le site internet de CDPQ Infra.

« Toutefois, nous sommes d’avis que le contenu de ce document comprend des informations confidentielles et stratégiques », indique la Caisse. Cette réponse est diffusée sur le site internet du gestionnaire d’actifs des caisses de retraite et régimes d’assurance publics. En complément d’information, le porte-parole de la Caisse Maxime Chagnon indique que l’entente concerne Québec et Ottawa. La Caisse n’étant pas signataire, ce n’est pas à elle de rendre public le document, selon M. Chagnon.

Gare Centrale : quoi et combien ?

Toujours le même demandeur qui souhaite obtenir des précisions sur le prix payé et les portions exactes de ses acquisitions à la Gare Centrale. La Caisse a indiqué en début d’année avoir acheté les infrastructures ferroviaires. « Nous vous informons que ces documents ne peuvent vous être transmis puisque ceux-ci contiennent des informations confidentielles, stratégiques et commerciales. » D’après M. Chagnon, le fait que la transaction soit faite avec un tiers du secteur privé explique la confidentialité entourant ces informations.

Des états financiers « stratégiques »

Le 23 avril, La Presse a demandé en vertu d’une demande d’accès à l’information copie des états financiers de sa filiale à 100 % CDPQ Infra. La loi couvre les sociétés d’État et leurs filiales détenues à 100 %. La Caisse a refusé de divulguer le document demandé. Il s’agit de documents comprenant des informations « confidentielles et stratégiques », a soutenu l’institution dans sa réponse. Elle s’est contentée de nous renvoyer au rapport annuel de la société mère.

« On y trouve des éléments de nature commerciale à protéger ; des chiffres qui n’ont pas été communiqués au marché ; des informations qu’on préserve pour protéger le modèle de CDPQ Infra, les intérêts du projet et ceux de nos déposants, les Québécois », d’expliquer Maxime Chagnon.

Prolifération de filiales

Le REM fait des petits. La Caisse a créé une kyrielle de filiales : CDPQ INFRA INC., InfraMTL inc, Réseau express métropolitain, Projet REM SEC, REM Commandité inc. Qui fait quoi ? Le même tiers demandeur que précédemment a demandé copie d’un organigramme de la structure avec une définition du rôle de l’ensemble de ces filiales. La Caisse s’est contentée de renvoyer le demandeur au site internet de CDPQ Infra. Avec l’aide de M. Chagnon, La Presse a mis la main sur un organigramme à la page 24 du document Projet REM – CDPQ Infra inc. ; Revue diligente du modèle financier, rédigé par Deloitte et disponible sur le site de CDPQ Infra. On y apprend que InfraMtl a été créée pour accueillir des infrastructures à usage partagé comme les installations ferroviaires de la Gare Centrale, le tunnel Mont-Royal et le viaduc du Sud. Ce sont des investissements indépendants du REM à partir desquelles la Caisse espère tirer un rendement commercial stable pour les déposants.

Sous le regard de la VG

Les contribuables en sauront peut-être davantage sur la quantité d’argent public qui servira directement ou indirectement à la construction du REM. Le 9 mai dernier, la vérificatrice générale (VG) a confirmé qu’elle se penchera sur le REM dans son prochain rapport, attendu en juin.

La VG donne ainsi suite à la motion adoptée le 11 avril 2017 : que l’Assemblée nationale donne le mandat au Vérificateur général du Québec de faire une vérification du montage financier du projet de Réseau électrique métropolitain quant au respect des règles comptables.

Vente au détail

Souris Mini change de propriétaire à minuit moins une

Abandonnés par BDC Capital et le Fonds de solidarité FTQ, les cofondateurs de Souris Mini ont réussi de justesse à éviter la fermeture de leur chaîne de magasins en convainquant deux hommes d’affaires de Québec d’acheter les actifs.

Le couple formé d’Annie Bellavance et de Steeve Beaudet a dû se résoudre à vendre les deux tiers de l’entreprise qu’il a fondée en 1989 et qui s’est placée à l’abri de ses créanciers en décembre. Ses dettes totalisaient alors 17,8 millions de dollars.

Michel Cadrin (Financière Micadco) et Denis Dussault (Gestion Natand) ont accepté d’acheter chacun le tiers de Souris Mini. Les fondateurs demeurent propriétaires du reste.

Quels arguments les ont convaincus ? « On est une entreprise de Québec et on est des entrepreneurs de Québec. Ils ont eu des enfants et ils nous connaissent bien », a répondu Annie Bellavance, jointe par téléphone.

En voyage à l’étranger pour quelques semaines, Michel Cadrin n’a pu être joint. Mais son adjointe administrative nous a dit que son patron avait investi dans Souris Mini « parce qu’il a confiance en Madame Bellavance ».

De son côté, Denis Dussault, n’a pas voulu nous parler de ses motivations à acquérir une entreprise dans le secteur de la vente au détail.

« Je n’ai pas de commentaires dans ce dossier-là. Madame Bellavance a toutes les compétences. […] Je ne suis pas une personnalité publique, je suis une personne honnête qui s’associe à des personnes honnêtes. » L’homme d’affaires possède quelques entreprises, dont Revêtements de la Capitale qui se spécialise dans le recouvrement extérieur d’édifices commerciaux.

Confiance et croissance

Annie Bellavance voit du positif dans la tournure des événements. « Ce sont des gens d’affaires qui ont beaucoup de contacts et qui vont nous aider. On forme une nouvelle équipe. Je trouve ça l’fun. On n’a pas fini notre chemin, il nous reste de belles étapes. »

Elle croit que Souris Mini peut encore croître, être rentable et avoir du succès auprès des consommateurs. « Le ménage a été fait pour le Québec. Et tous [les magasins] qui restent ont une rentabilité parfaite », assure-t-elle.

Pour séduire les clients, un nouveau concept de magasin plus petit dans lequel la marchandise change plus souvent est sur la planche à dessin. Une ouverture est prévue à Montréal au début de 2019. Le reste du Canada est également dans la ligne de mire. Le web prendra plus d’importance. « On ne peut pas forcer les gens à venir dans les magasins », réalise Mme Bellavance.

L’ADN de la marque, lui, ne changera pas. « On offre un produit de qualité, différent, un produit de niche. Je ne vois pas pourquoi on baisserait nos prix. On va rester comme on est. Souris Mini, c’est du créatif, fantastique et coloré. »

À un cheveu de la faillite

La lecture des documents préparés par le syndic, Richter, permet de réaliser à quel point Souris Mini est passée à un cheveu de la faillite ces dernières semaines.

Une entente de recapitalisation avait été négociée avec BDC Capital et le Fonds de solidarité FTQ, mais celle-ci était assortie de certaines conditions, dont la rédaction d’un rapport par un conseiller « retenu à l’instance de BDC Capital […] confirmant le potentiel de redressement [de Souris Mini] », lit-on dans un document rédigé par Richter.

Ce rapport concluait qu’il n’était pas possible « d’infirmer ou de confirmer le potentiel de redressement de Souris Mini “uniquement” sur la base des injections de fonds prévues ». Il proposait aussi l’embauche d’un nouveau président, des diminutions de salaire pour les fondateurs et un déménagement du siège social.

Mme Bellavance n’a pas voulu commenter le rapport commandé par BDC Capital, se limitant à dire qu’elle était d’accord avec certains points, mais pas tous.

Ce rapport a fait capoter l’entente de financement. Les finances étaient alors si précaires que « Souris Mini n’avait plus les liquidités nécessaires afin de maintenir les opérations », précise le rapport de Richter. La seule autre option était alors la faillite. C’était à la fin mai.

« Dans un dernier effort », les fondateurs ont cherché de nouveaux investisseurs et de toute évidence, leurs arguments ont séduit Michel Cadrin et Denis Dussault.

Voitures électriques

Tesla supprime 9 % de ses effectifs

Tesla prévoit supprimer 9 % de ses effectifs, soit environ 4100 employés, a annoncé le constructeur de voitures électriques américain hier dans un courriel adressé à ses employés et consulté par l’AFP. Ces licenciements n’auront pas d’impact sur la montée en cadence de la production du Model 3, voiture censée faire de Tesla un groupe automobile de masse, a assuré l’entreprise qui avait annoncé en mai envisager un plan de restructuration sans en donner les grandes lignes. — Agence France-Presse

États-Unis

L’inflation à un sommet depuis 2012

Les prix ont poursuivi leur progression aux États-Unis en mai faisant grimper l’inflation annuelle à 2,8 % sur un an, au plus haut depuis 2012, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié hier par le département du Travail. L’indice CPI a avancé de 0,2 % en mai en données corrigées des variations saisonnières par rapport à avril alors que les analystes s’attendaient à une progression de 0,3 %. Sans les prix alimentaires et de l’énergie, la hausse mensuelle est aussi de 0,2 %, comme le prévoyaient les analystes. Les prix de l’essence qui ont augmenté de 1,7 % en mai ont tiré l’indice à la hausse. Sur un an, l’inflation sous-jacente, hors prix alimentaires et énergétiques, se situe à 2,2 %. Sur 12 mois, les prix alimentaires ont avancé de 1,2 % et les prix énergétiques ont flambé de 11,7 %. — Agence France-Presse

Chine

25 millions

Oublié dans un grenier pendant plusieurs décennies, un vase chinois en porcelaine exceptionnel créé pour l’empereur Qianlong (1735-1796) a atteint 16,2 millions d’euros (environ 25 millions CAN) hier lors d’une vente aux enchères chez Sotheby’s à Paris. Le vase Qianlong, acheté par un jeune enchérisseur chinois présent en salle et qui faisait lui-même ses enchères devient « le record absolu pour une œuvre vendue chez Sotheby’s Paris depuis l’ouverture du marché aux maisons de vente étrangères et le record pour une porcelaine vendue en France », selon la maison de vente. Le vase est en parfait état de conservation et présente des décors polychromes dans lesquels dominent les tons roses. Il est décoré d’un remarquable paysage peuplé de daims et de grues entourés de pins tordus et de pics couverts de brume. Sous sa base figure une « marque de règne » à six caractères. — Agence France-Presse

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